Il y a cinq ans, on m'avait envoyé faire un reportage sur le domaine de la foresterie. Je ne m'étais pas fait prier pour manoeuvrer de la machinerie forestière.

Forces et faiblesses

C'était notre journée cette semaine. La Journée des femmes ou la Journée du droit des femmes, appelez-la comme vous voulez, était célébrée le 8 mars.
Une station de radio de la région m'a lâché un coup de fil, cette journée-là, afin de me demander si je voulais participer à une émission spéciale. «En tant que chroniqueuse, tu dois être victime de remarques sexistes?», qu'on m'a demandé. «Eh bien, je ne pense pas», ai-je répondu, en refusant poliment l'invitation, puisque je n'aurais pas vraiment eu quelque chose à dire sur le sujet. 
J'ai toutefois réfléchi sur le sujet. Ai-je déjà été victime de propos misogynes ou sexistes depuis que je signe des textes dans le journal? Honnêtement, ça ne me vient pas. Évidemment, j'ai été victime de propos négatifs, parfois méchants, d'autres fois insultants. Mais il me semble que ça n'a jamais eu à voir avec mon sexe. Ou sinon, je ne m'en suis peut-être pas rendu compte. 
Il faut dire que des remarques sexistes ou des blagues niaiseuses à propos des femmes, j'en entends tous les jours. 
«C'est le fun qu'il se soit fait une blonde, elle va pouvoir faire le ménage», a lancé un collègue au sujet d'un autre cette semaine. 
«T'es donc ben niaiseux», que je lui ai lancé, à l'autre bout de la salle de rédaction. 
Ça vient peut-être de mon éducation, mais je n'ai jamais cru que quelqu'un pouvait penser ce genre de chose sérieusement. À mes yeux, il s'agit juste d'une joke plate de mononcle. Une joke pour choquer les collègues féminines. Je refuse simplement de croire que quelqu'un pourrait penser ce genre de chose pour vrai. Il faut dire que je ne me gêne pas pour les remettre à leur place, ces hommes qui se trouvent bien drôles avec leurs jokes plates. Ça ne vient pas ébranler mon identité de femme, mais si j'entends des remarques épaisses au sujet des dames, je me donnerai le droit de répliquer. Si tu penses que les femmes sont simplement bonnes dans une cuisine, tant pis pour toi. Et si tu le dis haut et fort, attends-toi à te faire traiter de niaiseux. Voilà tout.
Physique, forces et faiblesses
J'ai poussé ma réflexion un peu plus loin, cette semaine, en me demandant si j'avais déjà été victime de remarques sur mon physique de madame. Souvent. Des hommes que j'interrogeais pour un reportage m'ont parfois fait rougir. Des compliments, c'est bien le fun, mais ce l'est moins lorsque ça devient un peu trop insistant. Mais bon, l'art du compliment n'est pas donné à tout le monde. Et s'il est déplacé, encore une fois, je n'hésiterai pas à le dire. Mais un petit compliment par-ci par-là, ça n'a jamais fait de mal à personne. 
En y pensant bien, je n'ai jamais eu le sentiment que j'étais moins bonne qu'un homme parce que je suis une femme. Ni professionnellement ni personnellement. Chaque sexe a ses forces, ses faiblesses et ses propres goûts. Ça se peut très bien que je préfère travailler sur un sujet jugé plus féminin que sur le hockey. Est-ce que je suis sexiste? Je ne pense pas. Mais ne venez pas me dire que je ne suis pas capable de travailler sur un sujet comme la construction, l'industriel ou la crise du bois d'oeuvre parce que je suis une femme. Parce que là, ça va barder!