Fléau vestimentaire

CHRONIQUE / Un fléau a refait surface cet été. Je ne parle pas de la sécheresse, des épidémies de sauterelles ou des frasques de Donald de Trump.

Le soulier-sandale semble faire un retour en force chez les hommes. Bon, O.K., il y a pire que ça, même en matière vestimentaire. Mais je ne compte plus les personnes que j’ai rencontrées dans les dernières semaines, chaussant cette chose qui avait fait un tabac dans les années 80 et 90. À cette époque, ce type de soulier-sandale était mieux, souvent en cuir, brun et agencé avec des shorts en lin.

Aujourd’hui, elles sont affreuses, entre sport et chic. Un mélange de Crocs avec des Merrell. Ouache !

Il y a quelques années, j’ai écrit sur un autre fléau vestimentaire masculin. Les pantacourts. Entre le short et les pantalons, ce vêtement ne fait aucune faveur à l’homme. Il lui donne des airs de Hobbit.

Mais bon, personne ne me lit ou, du moins, ne prend mes conseils au sérieux. Parce que ces foutus pantacourts font encore fureur. Pire encore. Les hommes les agencent avec des souliers-sandales.

Des sandales style babouche, c’est tellement plus simple et plus beau. Si les hommes cherchent à être un peu plus chic avec leur look estival ou cacher leurs orteils, ils peuvent facilement mettre des souliers style matelot ou des flâneurs. Même des petites espadrilles en toile, ça fait le travail. Et des souliers, ça fait souvent le look.

Je rêve d’ailleurs, en secret – bon, plus maintenant –, car je lui ai dit plusieurs fois, de faire une métamorphose à un collègue. Bel homme quand même – il ne faut surtout pas lui donner trop de fleurs parce qu’il ne passera plus dans la porte –, il s’habille comme la chienne à Jacques. Littéralement. Il est le genre à mettre des sandales-souliers avec des pantacourts et un chandail avec l’inscription « Je pète le feu », et à trouver ça beau. En fait, il ignore ce qui est beau. Et sa conjointe a décidément jeté l’éponge. Elle lui donne toute la liberté du monde pour s’habiller, et ça paraît, malheureusement. Ne vous inquiétez pas, il ne m’en voudra pas en lisant mes mots. On est très franc l’un envers l’autre. Je ne me gêne pas de critiquer en personne ses vêtements. Et lui aussi, il le fait. Il ne trouve pas que je m’habille bien tous les jours. Parce que tous les goûts sont dans la nature, comme on dit.

En effet, si je déteste les sandales-souliers, la plupart des gens à qui j’ai fait part de mon dégoût semblaient plus ouverts envers cette tendance. Même ma mère, ma partenaire de moqueries vestimentaires, m’a dit que ce n’était pas si pire.

Est-ce que c’est moi qui suis dans le champ ? C’est maintenant moi, la personne sans goût ? On ne le sait jamais vraiment. Qui a raison ? J’espère que c’est moi.

Et que voulez-vous, j’aime moins les entre-deux, comme les pantacourts et les sandales-souliers. D’où vient d’ailleurs cette tendance vestimentaire à ne pas se brancher ? Pantalon ou short ? Pantacourt ! Sandale ou soulier ? Pourquoi pas des souliers avec des trous !

Comme si l’homme avait peur de se tromper de vêtement. Notre climat instable a sans doute inspiré ces tendances. Au Québec, la météo change continuellement. On a souvent peur d’avoir trop chaud ou trop froid.

Mais cette année, sérieux, vous auriez pu ranger vos souliers-sandales. Même en babouches, on était loin d’avoir froid au pied.