Être payé à ne pas aimer

CHRONIQUE / J’ai toujours eu la chance d’aimer mon boulot, que ce soit lorsque j’étais étudiante ou lors de ma courte expérience comme professionnelle. Les rares fois où je ne me suis pas complètement sentie sur mon X, j’ai pris mes jambes à mon coup, avec le plus grand des plaisirs.

Voyez-vous, à 20 ans, j’ai entamé ma carrière en animant à la radio. C’était presque un rêve de me retrouver dans cet univers intriguant où se côtoient la passion et les nombreux défis. Assez pour nous faire oublier les minces salaires du début, les nombreux déménagements et les fins de contrats qui arrivent trop rapidement et souvent...

Après ma formation collégiale et quelques années passées sur le marché du travail, j’ai fait des études universitaires en gestion des ressources humaines et en communication organisationnelle. J’ai ainsi pu alimenter mon fort intérêt pour tout ce qui concerne notre rapport contemporain face à l’emploi.

Ma personnalité, mon bagage personnel et mes apprentissages font que j’ai une idée bien arrêtée de l’impact du travail sur nos vies.

Traitez-moi de précieuse, mais je vaux plus que le malheur en emploi. Je m’aime assez pour me choisir non pas 16 heures par jour, mais bien 24 heures par jour.

Comment dire, je suis allergique au fait de ne pas aimer son boulot. Je suis encore moins tolérante à ceux qui ne font rien pour évacuer cet irritant de leur vie.

C’est en papotant avec ma cousine de coeur qui est, à mes yeux, mille et une petites choses – dont professeure en adaptation scolaire et sociale – que j’ai réalisé à quel point nous sommes passionnées au plan professionnel. Et que ce n’était malheureusement pas le cas pour tous.

Dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre, j’ai bien de la difficulté à concevoir qu’autant de personnes n’aiment pas leur gagne-pain. Désolée pour vous chers employeurs, mais je leur souhaite de se dénicher un autre milieu professionnel.

J’en conviens, c’est un sujet difficile qui s’accroche dans une zone tout en nuance. Chaque personne a sa propre histoire, et ainsi, ses propres raisons de bouger professionnellement ou pas.

Qu’est-ce qui nous accroche à rester dans un milieu qui nous fait tout sauf du bien?

L’argent, la stabilité, le « parce que c’est comme ça la vie et c’est tout ».

Pensez-y deux minutes! Que valent nos belles armoires de cuisine, les deux véhicules stationnés devant la maison et cette grosse maison quand chaque matin, c’est de reculons que vous entrez au bureau ou à l’usine?

Quelqu’un me disait récemment, « je n’aime pas tant l’emploi, mais il offre tellement en avantages sociaux ». Cette logique en amène plusieurs à effectuer le même travail pendant 40 ans sans trop apprécier la chose pour, au final, bénéficier d’une retraite abondante. Je vous souhaite de vivre jusqu’à 120 ans pour avoir le temps amplement de savourer cette retraite amèrement amassée.

Les semaines de vacances supplémentaires que votre emploi vous offre ne valent bien peu face aux quarante quelques autres semaines passées dans un emploi qui vous donne la nausée.

Il y a d’autres raisons pour y rester, c’est bien évident. La peur, le doute, le stress... Assez ironique qu’on déteste notre emploi avec notre coeur, mais qu’on y reste en raison de notre tête. Après tout, l’homme a peur du changement. C’est vrai qu’elle est confortable cette zone de confort!

Pour les plus chanceux, le changement d’emploi passera par un billet de Gagnant à vie! Faudra être béni puisque les chances de gagner sont évaluées à 1 sur 6 000 000.