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Entre elle et lui: les vacances
Entre elle et lui
Entre elle et lui: les vacances
Nos journalistes Patricia Rainville et Stéphane Bouchard vous offrent leurs états d'âme sur les vacances estivales.
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Stéphane Bouchard
Le Quotidien
Stéphane Bouchard
La roulette russe des vacances

Entre elle et lui

La roulette russe des vacances

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CHRONIQUE / L’an dernier, au moment de partir en vacances, j’avais un peu l’impression de jouer à la roulette russe.

La progression de la COVID-19 avait ralenti dans la plupart des villes du Québec. Le nombre de nouveaux cas quotidiens permettait la réouverture des commerces et la circulation entre les régions pouvait recommencer.

Après quelques mois où nous y avions goûté collectivement, il était possible de respirer un peu.

Ma petite famille et moi avons visité Tadoussac et ses baleines pendant les premiers jours de juillet.

Les restaurants et les lieux d’hébergement du village venaient à peine de rouvrir. Ils avaient été privés du Festival de la chanson, qui marque habituellement le début de l’été et de la saison touristique.

C’était bien sûr fort amusant de décrocher du travail et de la routine. Les visiteurs étaient contents d’être là; les locaux, bien heureux de les accueillir.

Il y avait cependant une ambiance de suspicion qui touchait tout le monde dans ce magnifique endroit. Je percevais une distance physique et psychologique entre nous.

« Cette personne que je croise dans la rue est-elle porteuse de la COVID-19 et va-t-elle contaminer toute notre famille ? »

« Comment ce touriste avec un accent européen a-t-il fait pour venir au Canada pendant la pandémie ? »

Pour la première fois, j’avais été obligé de porter le masque dans une attraction touristique, avant qu’il ne fasse partie de notre quotidien et devienne obligatoire.

Dans les lieux publics, il y avait une étrange danse entre les gens qui se croisaient et qui tentaient tant bien que mal de rester à deux mètres de distance. Même croiser quelqu’un sur le trottoir apparaissait potentiellement risqué.

Toutes ces questions me semblent aujourd’hui bien irrationnelles. Elles nous traversaient l’esprit alors que nous apprenions à vivre avec le virus.

Ce petit voyage rapide avait ressemblé à un jeu de hasard.

Nous n’étions pas certains sur quoi nous allions tomber, mais nous jouions le jeu quand même, sans trop penser aux conséquences possibles.

Tout ça pour dire que cette année, le départ en vacances se fera davantage dans l’insouciance.

Quand vous lirez ces lignes, j’aurai reçu mes deux doses de vaccin.

Je sentirai moins le danger qui pourrait toucher les gens qui m’entourent.

Après 18 mois à vivre divers niveaux de confinement, l’envie de sortir de chez soi est forte et frappe tout le monde, dirait-on.

Entre le désir de goûter à la normalité, les capacités souvent encore limitées des établissements du Québec et ma procrastination, trouver des plans de voyage a été un peu plus ardu que d’habitude.

Ce n’est pas vraiment grave. La destination demeure plutôt secondaire, cet été. L’important est de sortir du quotidien qui a été le nôtre depuis mars 2020 en songeant le moins possible aux risques de la COVID-19.

Nous n’irons pas bien loin pendant nos vacances estivales, mais nous y irons cette fois le coeur léger.

Patricia Rainville
Le Quotidien
Patricia Rainville
Mettez votre flotte si vous perdez vos fonds

Entre elle et lui

Mettez votre flotte si vous perdez vos fonds

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CHRONIQUE / Ça y est. L’heure des vacances a sonné. Enfin.

Peut-être que je vieillis, ou que l’année a été particulièrement éprouvante, mais je n’avais jamais eu autant hâte aux vacances que cette année.

Disons que ça n’a pas été de tout repos pour personne. Je n’ose pas imaginer comment François Legault doit avoir hâte aux siennes…

Je ferme donc l’ordi pour trois semaines. En planifiant mes activités, je pense que j’en aurais eu besoin de quatre ou cinq, mais bon, j’imagine que c’est toujours ça. Et je ne pense pas que mon boss serait vraiment content de m’en ajouter une ou deux.

Je ne serai pas très originale cette année. Je vais rester au Québec et je vais faire du plein air. Comme pas mal tous les Québécois. Mais ça ne me dérange pas, puisque c’est sans doute ce que je ferais, pandémie ou non.

Et question d’être encore plus originale, je vais naviguer en paddleboard, ou en planche à pagaie, en français. Eh oui, je me suis laissée entraîner par cette vague, moi aussi.

Mon adorable chum m’en a offert un la semaine dernière – merci encore, Charlot! – et je suis rendue une vraie obsédée des vents et des marées.

Ne vous inquiétez pas, je me suis bien équipée pour naviguer en toute sécurité. Sifflet, petit flotteur à porte-clés, corde et, bien sûr, ma flotte.

Oui, oui, dans mon vocabulaire, une veste de flottaison ou une ceinture de sauvetage, ça se dit « flotte ».

Je suis Saguenéenne, vous l’aurez deviné.

J’ai toujours dit « flotte » et je le dirai sans doute jusqu’à la fin de mes jours. Je trouve ça beau. Mon chum, un Bas-Laurentien, rit souvent de moi avec mes expressions typiquement saguenéennes.

La première fois qu’il m’a entendue lui dire « J’ai perdu mes fonds. Donne-moi une flotte », il n’a tout simplement rien compris. À ses oreilles, je parlais un dialecte inconnu.

« Ça veut dire quoi, avoir ses fonds ? », qu’il m’avait demandé.

« Ben, ça veut dire que je ne touche pas au fond ! Tu dis quoi, toi ? », avais-je rétorqué.

« Je dis que je ne touche pas au fond. »

Pas mal moins poétique, vous en conviendrez.

Même chose pour une flotte. Me semble que ça veut tout dire, une flotte. Eh bien non ! Ne dites pas cela à n’importe quel Québécois: il ne comprendra pas. Après un petit sondage non exhaustif auprès de mes amis et collègues venant d’autres régions, j’ai su que les gens de la Côte-Nord utilisent aussi le terme « flotte ». Des vrais, comme on dit.

J’essaie de propager ce dialecte à mes amis du Bas-Saint-Laurent, mais impossible, tout le monde s’entête à dire « ceinture de sauvetage ».

Comble de malheur, dans le monde du plein air, certains disent VFI pour désigner une flotte. Ça signifie « veste de flottaison individuelle ».

Eh bien, je n’ai jamais vu de veste de flottaison à deux ou à plusieurs.

Une autre bonne raison de continuer à dire « flotte » fièrement.

Parce qu’une flotte, c’est essentiel lorsqu’on n’a pas nos fonds.

Sur ce, bonnes vacances !