Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Avant la traversée, à Saint-Siméon.
Avant la traversée, à Saint-Siméon.

En vacances... ici !

CHRONIQUE / Ce n’est pas une brillante campagne publicitaire ni le flash du siècle d’un stratège en publicité qui aura amené les Québécois à découvrir les charmes de leur province, mais plutôt une pandémie. Dire que c’est le coronavirus qui nous aura fait rester, ici, pendant les vacances estivales. Il paraît que chaque crise contient une opportunité. Dans ce cas, c’est tant mieux.

Les vacances d’été rimaient, pour nous, avec escapades américaines. La magnifique route qui traverse Vermont, les fruits de mer du Maine et une visite éclair dans une ville d’envergure résumaient notre pause du train-train quotidien.

Le paysage rocheux de Gros-Morne.

On remplissait l’auto de matériel de camping et on se laissait guider par le rythme des vacances. Dormir à l’hôtel ou sous la tente, manger dans un beau restaurant ou sur le pouce: rien n’était dicté à l’avance.

La passion pour le baseball de mon mari nous amenait également à traverser de l’autre côté de la frontière l’instant de quelques journées. Faut dire que j’y trouvais également mon compte. Les équipes de la Ligue majeure de baseball s’établissent rarement dans des petits bleds américains. La journée dédiée au sport était bonifiée par quelques visites touristiques et des moments passés dans les musées.

Percé

Vous comprendrez que rien de tout ça n’est envisageable à court terme. Et je dois dire que c’est bien tant mieux.

J’ai réalisé, cet été, que je visitais bien peu de choses de ma région. Je connais les attraits incontournables, mais sans plus. Et je suis convaincue de ne pas être la seule dans cette situation.

Percé

Je suis habitée par des souvenirs amassés aux quatre coins de la planète, alors que j’aurais pu faire le plein, ici, à deux pas de la maison. C’est presque honteux.

J’ai longtemps associé les vacances à l’éloignement physique. Je me répétais que je devais être loin de la maison pour arriver à décrocher.

Percé

Comme les trois quarts des Québécois – j’exagère à peine –, nous avons mis le cap sur la Gaspésie au cours des dernières semaines. C’était avant toute cette histoire de sites laissés en mauvais état après le passage de touristes effrontés. J’étais bien contente de revoir les charmes et l’immensité des paysages de ce coin du Québec. Ma dernière visite remontait à près de 25 ans.

La pandémie m’aura, au moins, fait comprendre que je peux retrouver une sensation de dépaysement au Saguenay–Lac-Saint-Jean et ailleurs au Québec.

Sainte-Anne-des-Monts

Comme vous, je souhaite que la pandémie soit, dans un avenir rapproché, chose du passé. Toutefois, j’espère que nous conserverons nos bonnes habitudes locales, dont celle d’être touristes chez nous.

Bien désolée pour ma voisine de page: elle devra s’habituer à nous voir traîner, comme elle, un peu partout en province.

Cap-au-Renard
Rocher Percé