Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local

En congé des vacances

CHRONIQUE / Les souvenirs que nous offre le réseau social Facebook sont à la fois doux et cruels. La fonction me partageait, au cours des derniers jours, certains moments des dernières années. Par le plus grand des hasards ou de la torture, l’outil de Mark Zuckerberg semblait s’obstiner à fouiller dans la filière des vacances. Les souvenirs Facebook me rappelaient les 3000 kilomètres que j’avais roulés avec mon mari à travers les États-Unis il y a près d’une dizaine d’années, un retour à la maison après un mémorable séjour en Équateur et une visite en Louisiane en pleine tempête tropicale.

Voyez-vous, j’ai cette incapacité à rester à la maison pendant les quelques semaines de vacances. On passe près de 50 semaines par année à travailler et à vivre à pleine vitesse. Puis-je profiter grandement des trois semaines de congé annuelles ? Probablement qu’un jour, j’apprendrai à ne rien faire. Pour l’instant, je ne suis vraiment pas là.

C’est la satanée COVID-19 qui m’oblige à rester à la maison et, comme dit mon mari, à prendre ça « relax ». Cette année, mes projets de vacances ne risquent pas de passer à l’histoire. Je vous garantis que Facebook ne me rappellera pas grand-chose de juin 2020.

Mon mari était le plus grand des sceptiques en me voyant rester à la maison pendant autant de journées. Il se demandait bien ce que sa tornade d’épouse aurait comme idées et projets.

Je vais être honnête avec vous : j’étais, moi aussi, pas mal perplexe quant à l’idée de passer deux semaines à la maison sans trop de plans. Disons que ce n’est pas tellement mon genre. Je dois vous avouer qu’au final, j’ai apprécié cette pause sans pression.

Habituellement, les vacances n’ont rien de reposant. Les quelques jours qui précèdent les congés sont une réelle course contre la montre. On termine le travail, on s’occupe de tout planifier pendant notre absence, on boucle les valises et on se dépêche... pour aller mieux se reposer.

On brûle le peu d’énergie qui nous reste pour aller se reposer.

Assez ironique, j’en conviens.

En congé, on ne veut rien manquer, alors on s’impose un agenda de président. Et on retourne au travail fatigués, en comptant presque les semaines avant les prochains congés.

Avouez que cette obligation de performer en pleines vacances a quelque chose qui n’est pas très reposant !

C’était donc agréable de n’avoir aucun stress de préparation de vacances et de bagages. Et de littéralement rien faire. J’ai profité du bon vin avec les amis et la famille, tout en respectant la distanciation physique. J’ai jardiné et profité du soleil sans me poser de questions sur mon horaire quotidien. J’ai même, à un certain moment, oublié quel jour nous étions.

Je crois bien avoir réussi à décrocher.

Même si j’ai apprécié ces quelques jours passés à la maison, je demeure impatiente de découvrir des coins de notre belle province et, lorsque ce sera possible, du reste de la planète.

Honnêtement, c’est le temps de retourner au boulot. Comme un enfant en congé estival, je commence à dire que « c’est plate et qu’il n’y a rien à faire ».