Être un sauveteur sur le bord d’une piscine ou d’une plage représente le summum de l’emploi étudiant quand on aime l’eau, le soleil et l’air frais.

Emploi étudiant de rêve

CHRONIQUE / « Manque de personnel. Soyez indulgent. »

Les mots ne sont pas exacts. Néanmoins, l’essence du message reste le même.

Voilà ce que j’ai lu, dans un marché d’alimentation de Saguenay, alors que je patientais pour les frites nécessaires au souper familial.

Deux choses m’ont frappée. D’abord, qui s’emporte devant les mets cuisinés ? Si vous correspondez à cette catégorie d’humain, de grâce, enlignez vos chakras.

Mais surtout, où sont les jeunes ?

Ma collègue de chronique m’a fait réfléchir à mon premier emploi et mes boulots étudiants des années suivantes.

Travailler dans un supermarché en a fait partie. J’y obtenais davantage d’heures en période estivale, et ce, à mon plus grand bonheur et celui des employés occupant un poste à temps plein qui attendaient impatiemment leurs vacances.

J’ai également travaillé dans un relais de motoneige et comme serveuse dans un bar. Et vous dire à quel point j’ai oeuvré dans plusieurs domaines, je me suis même retrouvée dans une tourbière pendant quelques étés.

Peu importe le travail que j’avais à faire, il s’inscrivait dans la pause estivale. Il s’agit, selon moi, des plus belles années de notre vie. De plus en plus adultes, nous commençons à gagner notre propre argent, en plus de gagner de plus en plus d’indépendance. La jeunesse nous permet de travailler et de festoyer sans même porter les marques de la fatigue ; le rêve !

Certains de mes amis étaient sauveteurs de piscine extérieure. Le summum de l’emploi étudiant quand on aime l’eau, le soleil et l’air frais. Ce boulot semble encore plus alléchant aujourd’hui.

Le Centre plein air du Portage à Laterrière peine à combler un poste de sauveteur. Un texte de mon collègue Stéphane Bouchard dévoilait que le taux horaire a été augmenté à 25 $ dans « une ultime offensive afin de trouver un sauveteur pour sa plage publique sur le lac Kénogami ». La solution s’avère justifiée alors que le centre n’a reçu aucune candidature.

L’an dernier, la piscine de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix vivait la même situation. Faute de sauveteur, les activités ont été annulées pour la saison, une première depuis 1976.

Dans un article daté du 23 juin 2018, ma collègue Myriam Arsenault rapportait les propos du directeur général de Sauvetage Québec, Raynald Hawkins. Celui-ci évoquait que le nombre de sauveteurs de plages apte à l’emploi, soit 136, était semblable aux années précédentes. M. Hawkins soulignait que les jeunes n’étaient pas toujours intéressés par l’ouverture tardive des piscines ainsi que par les horaires obligeant le travail de soir et de fin de semaine, préférant la stabilité.

Je relance cette question : où sont les jeunes ?

La réponse est bien simple. Dans un contexte de rareté de la main-d’oeuvre, ils occupent un emploi qui se rapproche des conditions optimales et de salaires avantageux.

Le service à la clientèle, les quarts de travail de soir et de fin de semaine et les horaires atypiques ne font pas partie de leurs idéaux.

Loin de moi l’envie de casser du sucre sur le dos des jeunes, ils ne sont pas les seuls responsables de l’état de l’actuel marché de l’emploi. Gardons en tête que, d’ici quelques années, ces jeunes devenus adultes occuperont des emplois, et ce, dans un contexte à temps plein.

Imaginez leurs demandes et leurs attentes alors qu’ils auront eu la possibilité de magasiner leur emploi depuis l’âge de 16 ans.

Futur patron, j’ai une pensée pour vous!