D'une région à l'autre

CHRONIQUE / Je vous en parlais la semaine dernière. Je me préparais alors à vivre mon premier «vrai» jour de l'An, avec les oncles, les tantes, les cousins, les cousines, leur chum, leur blonde, leurs enfants, alouette!
J'ai défoncé l'année dans le Bas-Saint-Laurent, en compagnie d'une soixantaine de membres d'une même famille, réunis dans une petite salle du charmant village de Kamouraska. Je dois avouer que je suis rapidement tombée amoureuse de cette région que je ne connais que depuis peu. À vrai dire, ça ressemble un peu au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ça parle de ski-doo autant qu'ici, ça, je peux vous le confirmer. Et, là-bas aussi, on a droit aux traditionnels voeux de bonne année avec les poignées de main et les becs sur les joues. Imaginez, j'ai dû embrasser 60 personnes que je ne connaissais, pour la plupart, que depuis quelques heures... Mais bon, où il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir, comme on dit.
Si, règle générale, les jours de l'An du bas du fleuve ressemblent à ceux du Saguenay-Lac-Saint-Jean, il y a ces petites différences qui font le charme de chacune des régions du Québec.
Évidemment, ce soir-là, je me suis fait taquiner avec les légendaires «là là» du Saguenay. On m'a parlé du Déluge et on m'a fait manger de la tourtière qui n'en était pas. Je n'ai pas osé corriger mes hôtes, puisqu'ils savaient très bien que ce qu'ils me servaient était en réalité du pâté à la viande...
J'ignore si c'est parce que c'était le temps des Fêtes, mais on m'a énormément parlé de la fameuse tourtière du Lac. «Désolé, ça ne doit pas goûter comme celle que vous mangez chez vous!», m'a dit celui qui avait concocté le souper du 1er janvier.
Je trouve ça étonnant de constater à quel point la tourtière, la vraie, nous définit. Presque autant que le bleuet.
En parlant de petits fruits, dans le Bas-Saint-Laurent, le matin du 1er janvier, on nous invite à avaler un raisin au réveil. Curieuse, j'ai demandé pour quelle raison nous devions tous manger un petit raisin avant de déjeuner. Selon la tradition, il paraît qu'avaler un raisin le 1er de l'an amènerait l'abondance tout au long de l'année. Je n'avais jamais entendu parler de cette superstition et aucun des Saguenéens interrogés par la suite ne la connaissait. J'ignore d'où vient cette tradition, mais ce n'est certainement pas du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Quoi qu'il en soit, j'ai mangé mon raisin. Reste à savoir si l'abondance suivra...