Patricia Rainville

Du quatre jours SVP!

CHRONIQUE / La pandémie de COVID-19 a chamboulé la vie de pratiquement tous les habitants de la Terre. Au Québec, rares sont ceux qui n’ont pas vécu de changement dans leur vie de tous les jours, que ce soit à grande ou à petite échelle. Professionnellement, bien des salariés ont adopté le télétravail et plusieurs d’entre eux ont revu leur façon de travailler. Certains ont même remis en question toute leur carrière, estimant que cet arrêt forcé avait fait naître en eux une réflexion, jusque là freinée par la stabilité. La COVID-19 aura eu comme symptôme d’ébranler cette stabilité.

Personnellement, je vous avouerai que le télétravail, que je n’aimais pas du tout au mois de mars, a su me séduire au fil des semaines. Bon, je n’ai pas d’enfants qui courent autour de moi et qui me posent 100 questions à l’heure, mais j’ai un chum, ce qui revient parfois au même. Je blague. Un peu.

Mais ce qui m’a le plus marquée de la pandémie, professionnellement parlant, ce sont les fameuses semaines de quatre jours. Déjà que je suis une militante des journées de travail plus longues, mais moins nombreuses, je dois admettre que j’ai bien de difficulté à me remettre au cinq jours depuis que le déconfinement s’est amorcé.

La pandémie m’a fait annuler mes vacances du mois d’avril, puisque, de toute façon, j’étais coincée à la maison. J’ai donc décidé de prendre tous mes vendredis durant deux mois pour écouler ma banque de vacances.

Bon Dieu que c’est long, des semaines de cinq jours quand on goûte aux semaines de quatre. Et seigneur que c’est court, deux jours de congé quand on a goûté à trois jours...

Et ce n’est pas en ajoutant deux heures de travail par jour qu’on arrive au week-end complètement épuisés, du moins, pour ma part. Et, entre vous et moi, les deux heures de plus, je les fais souvent déjà, de toute façon.

Je lèverais même ma main si mon boss me demandait de travailler trois journées de 12 heures par semaine pour avoir un week-end de quatre jours. Une fille peut bien rêver.

Tout de même, la période post-COVID forcera sans doute les employeurs à se réajuster, puisque les employés auront goûté à une nouvelle façon de travailler. Que ce soit par des semaines de travail plus courtes ou par la possibilité de travailler de la maison quelques jours par semaine, les patrons devront probablement faire preuve de souplesse et d’imagination pour combler les besoins de leurs employés qui sont apparus durant cette pandémie, qui aura secoué la planète entière.

Et tout le monde s’entend là-dessus : un employé heureux est un employé beaucoup plus motivé et efficace.