Deux jours, ce n’est pas assez

CHRONIQUE / Les week-ends de trois jours, c’est la vie.

Plus je vieillis et plus je me rends compte que le temps file à une vitesse folle. J’ai passé ma vingtaine à ne penser qu’à travailler. Je suis passée à côté de bien des événements, des activités, des réunions familiales, des voyages, sous prétexte que le boulot passait avant tout. Et je le pensais. Ma priorité a longtemps été le travail. Je me disais que, de toute façon, j’aurais toute la vie pour les loisirs et le plaisir. Et pourtant. La vingtaine n’est-elle pas la décennie parfaite pour s’amuser? N’est-elle pas la décennie idéale pour voyager, apprendre et découvrir?

Lorsque je regarde dans mon rétroviseur, je n’ai pas fait grand-chose de ces belles années de jeunesse, mis à part travailler. J’ai sûrement été au boulot toutes les fins de semaine de ma vingtaine. Heureusement que je m’en balançais un peu de ne pas participer à telle ou telle activité, puisque j’ai toujours adoré mon travail.

Je suis que très rarement rentrée à la job à reculons.

Ouf, sinon, ma vingtaine aurait été absolument l’enfer.

Bien que j’aime mon travail presque autant que j’aime mon chum, j’ai appris, au cours des trois dernières années, à décrocher et à accorder une plus grande place à ma vie personnelle et à ce qui me fait grandir et à ce qui me fait plaisir.

J’arrive aisément à «tirer la plug» lorsque je quitte, le vendredi. Je suis chanceuse, après 10 ans de dur labeur, j’ai maintenant un horaire de «personne normale», du lundi au vendredi.

Bon, je dois admettre que ces jours-ci, décrocher les week-ends est un peu moins aisé, puisqu’on me questionne à gauche et à droite sur l’avenir de mon journal. Mais ça, c’est une autre histoire.

Cette fin de semaine, nous avons eu le droit à un beau week-end de trois jours. C’est dans ce temps-là qu’on se rend compte que deux jours de congé, ce n’est pas assez. Faites votre épicerie, votre ménage, tondez votre pelouse, préparez vos lunchs pour la semaine suivante, faites votre lavage et hop, on est déjà rendu au dimanche soir. Si vous avez été capables d’insérer une activité amusante pour vous détendre, je vous dis bravo.

Et imaginez, je n’ai même pas encore d’enfants! Mais j’ai des poules et des légumes, ce qui m’ajoute un peu de boulot, surtout en cette période de récolte.

Mardi, je suis rentrée au travail avec le sentiment du devoir accompli, puisque nous avons réalisé toutes les tâches qui figuraient sur notre liste, de la tondeuse aux conserves, en passant par le ménage.

Je suis également rentrée au boulot avec le sentiment d’en avoir profité et de m’être reposée, puisque nous avons passé deux belles journées à l’extérieur de la région, à faire de la randonnée, à manger avec nos proches et à participer à une grande réunion familiale.

Je suis surtout rentrée motivée, puisque de toute façon, il ne me restait que quatre jours à passer au bureau.

Je suis convaincue que les employeurs y gagneraient si leurs employés faisaient quelques heures de plus par jour, mais termineraient leur semaine de travail en quatre jours. Je lance ça comme ça, mais je sais pertinemment que je ne suis pas tellement en position de négocier mes conditions de travail...

Une fille s’essaye.