Des principes pas payants

CHRONIQUE / Tout le monde cherche le modèle d’affaires viable pour les médias écrits. Je l’ai trouvé.

Pour éviter les critiques, je mets même l’identité du journaliste. Je ne voudrais quand même pas me faire taxer de ne pas citer mes sources.

Chaque jour, j’offre une foule de nouveau contenu et, quand j’ai un peu de temps, je travaille sur des enquêtes plus poussées. Ça me prend un peu de sous pour démarrer mon site ou mon application et j’embauche deux personnes à plein temps pour vendre de la publicité.

Ça, c’est viable ! 

Devinez ! Ça existe déjà ! 

Alors que nos patrons payent une petite fortune pour faire travailler quelques dizaines de journalistes, d’autres sites reprennent sans scrupules les textes des médias traditionnels. Ben oui, on vit dans une ère de plateformes collaboratives et de partage des connaissances.

Je l’admets. Ça fait un velours de voir nos articles sur d’autres plateformes. Mes textes sur la motoneige ou les drones sont diffusés sur des sites spécialisés. 

Ça flatte mon ego.

Mais si j’étais le patron, celui qui met son argent dans l’entreprise, je serais en beau fusil. Les génies derrière certaines plateformes se frottent les mains. Plein de nouvelles à diffuser et même pas besoin de payer de journaliste. Un fou dans une poche !

Pour éviter les critiques, je mets même l’identité du journaliste. Je ne voudrais quand même pas me faire taxer de ne pas citer mes sources.

Chaque jour, j’offre une foule de nouveau contenu et, quand j’ai un peu de temps, je travaille sur des enquêtes plus poussées. Ça me prend un peu de sous pour démarrer mon site ou mon application et j’embauche deux personnes à plein temps pour vendre de la publicité.

Ça, c’est viable ! 

Devinez ! Ça existe déjà ! 

Alors que nos patrons payent une petite fortune pour faire travailler quelques dizaines de journalistes, d’autres sites reprennent sans scrupules les textes des médias traditionnels. Ben oui, on vit dans une ère de plateformes collaboratives et de partage des connaissances.

Je l’admets. Ça fait un velours de voir nos articles sur d’autres plateformes. Mes textes sur la motoneige ou les drones sont diffusés sur des sites spécialisés. 

Ça flatte mon ego.

Mais si j’étais le patron, celui qui met son argent dans l’entreprise, je serais en beau fusil. Les génies derrière certaines plateformes se frottent les mains. Plein de nouvelles à diffuser et même pas besoin de payer de journaliste. Un fou dans une poche !

Droit d’auteur bafoué

C’est comme ça dans les médias. On ne respecte pas vraiment le droit d’auteur sur les nouvelles. L’information appartient à tous. Ça sert l’intérêt public. Le hic, c’est que de beaux principes, ça ne paye pas les employés.

Pour se démarquer encore plus, les médias ont misé sur la nouvelle exclusive. Mais encore là, aussitôt qu’elle est publiée, n’importe qui peut la reprendre. Les gens n’ont pas besoin de payer un journal pour lire la nouvelle.

Alors qu’est-ce qu’on fait ? On ferme ? Il y a des régions qui n’ont pas de journaux qui rapportent quotidiennement de l’information. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean survivrait sans doute. Et comme plusieurs l’ont pensé cette semaine, lors de l’annonce d’un prêt de 10 millions $ à Groupe Capitales Médias, une industrie qui n’est pas capable de vivre d’elle-même ne mérite pas d’être sauvée.

C’est peut-être ça le problème. Voir l’information comme une industrie alors que c’est un secteur d’activités nécessaire au bon fonctionnement de la société. 

Peut-être que nos patrons devraient se diversifier. 

Les groupes médiatiques comme Bell ou Québecor peuvent compter sur la prospérité de leurs autres entreprises pour pallier aux temps difficiles. Des entreprises qui, ai-je besoin de le rappeler, ont déjà reçu de l’aide de l’État. 

Si j’étais Groupe Capitales Médias, j’investirais dans une firme de vérification. C’est payant par les temps qui courent...

Certains ont aussi laissé entendre que les journalistes de notre groupe seraient incapables de critiquer le gouvernement Couillard. Mes collègues seraient moins sévères envers les libéraux qui ont accepté de prêter de l’argent à nos patrons.

On ne peut pas empêcher les gens de penser, mais c’est mal connaître les journalistes. 

Plusieurs se nourrissent du malheur des politiciens. Si le premier ministre voulait éviter les critiques, il n’avait qu’à ne rien faire et espérer que Le Quotidien ferme avant le début de la prochaine campagne électorale. Parce que, pour la prochaine année, la région pourra compter sur une vingtaine de journalistes de plus pour remettre en doute et questionner les propositions et le bilan de Philippe Couillard. 

Parce que, même si les libéraux donnaient un million de dollars à chaque Québécois, les journalistes tenteraient quand même de les coincer en mêlée de presse. J’exagère à peine.