Une mère a reçu un constat d'infraction pour avoir laissé son bébé de quelques mois seul dans la voiture.

Des bébés dans la voiture

CHRONIQUE / Lundi soir.
Je rentre au bureau et on me demande de vérifier auprès des policiers une information qui a été entendue sur le scanneur de police. Apparemment, un bébé aurait été laissé seul dans une voiture, sur le stationnement du IGA de Chicoutimi.
Je discute donc avec le lieutenant de la Sécurité publique de Saguenay, qui me raconte qu'une femme a bel et bien laissé son bébé dans l'auto, car elle avait un urgent besoin d'aller à la toilette. J'écris donc un texte, qui fait la Une du Quotidien. Évidemment, c'était le sujet de conversation le lendemain. Un bébé laissé dans une auto, ça soulève toujours l'indignation populaire. Et c'est compréhensible.
Le lendemain, on a appris que la dame qui a appelé les policiers avait été apostrophée par la mère du poupon, affirmant que « tout le monde faisait ça ». Eh bien ! on en apprend tous les jours.
Ça m'a fait penser à une péripétie qui est arrivée à mon collègue Julien Renaud il y a environ deux semaines.
Ce soir-là, Julien arrive au journal quelque peu déboussolé. « J'ai quelque chose à vous raconter ! », qu'il nous lance, encore sous le choc. Et il débute son récit.
Un peu plus tôt, sur le stationnement d'un commerce de Chicoutimi, Julien aperçoit deux enfants dans un véhicule stationné. Il n'y a pas d'adulte dans les parages. Les deux jeunes enfants hurlent à l'intérieur de la voiture. Et ils ne hurlent pas vraiment de plaisir, selon mon collègue.
Inquiet, Julien regarde autour de lui, dans l'espoir de voir les parents se pointer. Il n'ose pas quitter les lieux. Après quelques minutes, il décide de rentrer dans le commerce, afin de chercher l'adulte qui accompagne les petits, âgés de quelques années à peine.
Il tombe finalement sur la mère.
« Vos deux enfants hurlent dans la voiture. Ce n'est peut-être pas super responsable de les laisser seuls, comme ça », qu'il dit à la femme. Elle aurait pu se sentir mal, s'excuser et retourner auprès de ses enfants. Eh bien non ! Elle a pogné les nerfs, insultant mon gentil collègue Julien.
« Tu ne sais pas c'est quoi, élever deux enfants lorsqu'on est monoparentale. Tu n'as pas d'enfants certain, tu n'as pas de leçon à me faire, alors mêle-toi de tes affaires et retourne fou... ta femme », font partie des phrases très intelligentes que cette charmante mère a crachées au visage de Julien.
Surpris et presque apeuré, il a quitté le commerce. Elle l'a pourchassé jusque dans le stationnement, continuant à l'engueuler comme du poisson pourri, lui ordonnant de se mêler de ses affaires.
« Tu es juste un jeune qui veut faire de la marde », a-t-elle ajouté.
Ma chère, vous êtes bien chanceuse d'être tombée sur Julien ce jour-là. Vous êtes chanceuse de ne pas être tombée sur quelqu'un d'un peu moins empathique, qui aurait tout simplement pris son téléphone et qui aurait appelé la police plutôt que de vous chercher. Vous êtes chanceuse de vivre dans un monde où la plupart des personnes s'inquiètent encore de voir deux bambins seuls dans une voiture.
La prochaine fois, soyez un peu plus polie, puisqu'on ne sait jamais lorsque nos agissements finissent dans le journal...