Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local

Dépasser les limites de la télévision

CHRONIQUE / Je ne suis pas une grande passionnée de télévision. Pour vous dire, il n’y a pas beaucoup de personnes ou d’intrigues qui arrivent à me coller sur le sofa pendant de longues heures. À l’exception de la grande messe québécoise de District 31, des bulletins d’informations régionaux et de deux séries américaines, il est bien rare que j’ouvre cet appareil électronique.

C’est encore pire lorsque le petit mari est dans le Grand Nord, le téléviseur devient un bibelot. Le pauvre, je passe devant sans m’en soucier. Les seules fois où je le touche, c’est pour l’épousseter. Mes excuses aux artisans de la télévision.

Il y a quelques semaines, un extrait d’une émission a attiré mon attention via le réseau social Facebook. Il s’agissait de quelques minutes de la série De garde 24/7 et plus précisément de l’épisode consacré à l’aide médicale à mourir. J’ai littéralement été hameçonnée par ce segment et je me suis dirigée vers le site de Télé-Québec. La bonne nouvelle, c’est que la série complète De garde 24/7 est accessible!

Je me suis toujours tenue loin du débat sur l’aide médicale à mourir, encore plus sur les réseaux sociaux. C’est un sujet tellement sensible que je me retrouve franchement mal à l’aise face aux commentaires polarisés qui manquent grandement d’empathie, de nuance et tout simplement de respect.

Avouons qu’on ne peut réellement en saisir tous les éléments sans avoir accompagné un proche dans la démarche ou avoir espéré qu’un être qui nous est cher puisse en bénéficier.

Je le dis depuis des semaines, cet épisode de la docusérie, qui en est à sa cinquième saison, est tout simplement magistral. J’y ai pleuré toutes les larmes inimaginables face à ces familles qui ont accepté de partager ces moments si personnels.

Nous avons un accès sans filtre aux patients, à leurs familles et au corps médical impliqué dans le processus de l’aide médicale à mourir. L’instant de quelques minutes, les formulaires et les arguments rationnels sont mis de côté pour faire place aux humains concernés.

J’ai été grandement émue face au respect qui prime dans ce segment. Jamais trop loin, jamais la limite n’est franchie.

Cet épisode est certainement le meilleur de la série complète. C’est probablement ce qu’il s’est fait de mieux en termes de télévisions québécoises, depuis un bon moment.

Nous avons accès à tellement de contenu de faible qualité et d’émissions insipides, autant souligner et mettre en lumière ce qui se fait de bien. C’est le cas de l’épisode dédié à l’aide médicale à mourir de De garde 24/7.

J’ai la ferme conviction que cette émission dépasse les limites de la télévision. Elle revêt un caractère éducatif et pourrait même être à l’origine de certaines discussions avec nos proches.

Dans ce cas, tant mieux si la télé fait jaser!