Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local

Courbatures de congé

CHRONIQUE / J’ai traîné pendant la grande majorité de la dernière semaine de vilaines douleurs au dos, à une épaule et aux bras. À un tel point que je me suis sérieusement questionnée quant à ce qui pouvait bien se passer avec ma carcasse.

Est-ce un faux mouvement que j’ai fait au cours des derniers jours? Est-ce de vieux relents de mon accident de la route pendant des vacances aux États-Unis? Pourtant, ça remonte déjà à plusieurs années. Est-ce une condition médicale qui sera impossible de diagnostiquer rapidement en raison des mesures mises en place pour faire face à la pandémie? Je ne crois pas.

Cette sensation de chaleur, ces inconforts et cette mobilité plus restreinte qu’à l’habitude n’étaient, en fait, qu’attribuables à mon exagération.

Voyez-vous, j’ai profité au maximum de plusieurs jours de congé la semaine dernière. Pour être franche, «congé» est un bien mauvais mot parce que j’ai à peu près tout fait sauf chômer.

Depuis le début de cette crise sanitaire, on est devenus, en quelque sorte, des journalistes de bureau. On ne sort presque plus, accumulant les heures de travail dans des positions pas toujours exemplaires, derrière l’ordinateur. C’est avec un grand soulagement que loin de ce travail de bureau pendant cinq jours, je me suis lancée dans le travail physique.

L’encabanement des dernières semaines, voire des derniers mois, conjugué aux premières belles journées du printemps, est à l’origine de ce besoin. Après autant de journées passées à l’intérieur, je désirais, même si c’était irréaliste, tout faire en seulement quelques jours. J’y suis presque parvenue, au grand désarroi de mon pauvre petit mari.

Je me disais que deux couches de peinture au salon ne feraient pas de tort. Après tout, le dernier changement de couleur remontait à cinq ans. Et tant qu’à tout nettoyer, autant peindre.

Il y avait ce coin de la cour arrière qui me chicotait. Rien de majeur, mais à mes yeux, ça pouvait être amélioré. Rien là; il ne manque que quelques sacs de pierres décoratives. Finalement, c’est une vingtaine de sacs d’environ 40 livres que j’ai ajoutés aux pieds de la haie, et il en manque encore. Disons qu’à cette étape, j’ai réalisé l’équivalent d’un colossal entraînement avec poids libres.

Autre belle journée de soleil, autre belle journée pour effectuer quelques travaux. Pandémie oblige, on risque de rester à la maison encore quelques semaines. Il fallait donc faire des réserves de bois pour le foyer extérieur. C’est probablement le pire des exercices. On se penche pour ramasser les bûches, on force et on se tortille pour les placer sur la pile.

Disons que j’ai poussé un peu trop la machine et que celle-ci me l’a rappelé tout au long de la semaine. C’était en quelque sorte mon pied de nez à la pandémie. L’instant de quelques jours, j’ai pris une pause des consignes et des mesures mises en place, en me concentrant plutôt sur ma trop longue liste de tâches.

Il n’y a rien de dramatique dans le fait de vivre avec quelques jours de courbatures. Après tout, le contexte actuel nous permet de relaxer sans gêne...