Comme dans La Course au jouet

CHRONIQUE / Noël après Noël, c’est toujours la même chose. Je me retrouve habitée de deux sentiments contradictoires. D’un côté, il y a ce plaisir fou à emballer les cadeaux achetés avec soin pour tous et qui envahissent la moitié du salon, alors que de l’autre, je me questionne toujours sur le besoin d’en faire autant et du réel sens de tout ça.

Qu’est-ce qui nous motive autant à s’aventurer dans la jungle des centres commerciaux ? Avouons-le, ça relève presque du supplice. Faut d’abord se trouver un espace de stationnement dans ce qui s’apparente à une chasse au trésor. Un espace ici, trop étroit parce que le voisin n’a pas daigné se stationner convenablement. Un autre ici ! Impossible, on lancerait une troisième rangée de véhicules et on terminerait certainement en photo sur une quelconque page Spotted.

Finalement, on se retrouve si loin des boutiques que notre activité physique quotidienne est assurée. Il y a, au moins, ça de positif.

C’est habituellement à ce moment que certaines personnes laissent la courtoisie, la patience et une partie de leur sourire dans le coffre arrière de la voiture. Après tout, il faut bien avoir les mains vides avant de se lancer dans l’épreuve magasinage.

Comme si ce n’était pas suffisant, on se retrouve tous dans le même bateau à quelques jours de Noël, et même, pour certains téméraires, à quelques heures de Noël. On se croirait dans le film La course au jouet alors que le père de famille interprété par Arnold Schwarzenegger tentait de mettre la main sur le jouet Turbo Man que son fils désirait tant.

Nullement envie de vous décourager, mais nous ne sommes qu’à mi-chemin dans le marathon. Faudra ensuite faire les courses pour recevoir. Après tout, tout ce beau monde a si faim et si soif. D’ailleurs, lundi, j’avais l’impression de sortir d’un film apocalyptique tellement les étalages de la SAQ étaient dégarnis.

Cette année, nous avons tenté d’amincir notre liste d’emplettes en s’en tenant, entre adultes, à une pige cadeaux. Les enfants, eux, recevront des tonnes et des tonnes de cadeaux du père Noël et de toute la famille.

Plutôt que de faire des cadeaux au père, à la mère, au frère, à la soeur, aux beaux-frères et aux belles-soeurs et alouette, on s’en tient à une somme plus élevée pour un seul et unique cadeau de pige.

C’est un pas vers la bonne voie. On limite la consommation d’items qui ne sont pas utiles et on réduit notre liste de magasinage de plusieurs items. Moins d’argent dépensé et plus de temps pour nous. Personne ne peut réellement s’opposer à cela.

Plusieurs me diront que tous ces cadeaux sont achetés dans le but de faire plaisir à nos proches. À cela je vous répondrai que je préfère faire plaisir autrement qu’en malmenant mon relevé de carte de crédit. annie-claude brisson