Coach de vie, mais pas de la mienne...

CHRONIQUE / Coach, motivateur, sauveur ou capitaine ! Peu importe l’appellation que vous leur attribuez, ils sont partout. Ils pullulent sur le Web.

À l’instar de bien des métiers, certains réussissent très bien ; d’autres un peu moins. Après tout, il n’y a pas que des rois de la plomberie, du service à la clientèle ou du transport. Il en va de même pour les emplois non traditionnels qui gravitent à travers Internet.

J’ai, par le passé, dans le cadre de mon travail, souligné des exemples de personnes ayant tracé leur voie à travers le marketing de réseau. Et croyez-moi, je n’ai aucun problème avec ce qu’ils font. D’ailleurs, je suis témoin de quelques exemples de réussite du genre à travers mes connaissances.

Mon problème n’est pas tant ce qu’ils font ou ce qu’ils promeuvent. Après tout, on ne peut être contre la vertu. Tant mieux si ces personnes arrivent à permettre à d’autres de retrouver la santé et leur forme d’antan.

À mes yeux, ça accroche davantage au niveau de l’approche.

Je ne comprends pas comment des personnes que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam peuvent m’aborder via ma messagerie privée de Facebook ou encore celle d’Instagram.

Comment osez-vous cliquer sur ma photo de profil pour m’offrir de perdre 10 livres ?

J’ose imaginer que mes rondes joues sont à la fois invitantes et gages d’une personne ô combien sympathique. Vous me demandez si je vais bien. Pour être honnête, je me portais bien mieux avant cette approche plutôt invasive.

Désolée, mais si votre profil Facebook fait référence à une entreprise du genre, il y a de fortes chances, voire 100 % des chances, que je décline l’invitation.

J’ai aussi beaucoup de difficulté avec ce que vous faites miroiter. Les centaines et milliers de dollars rapidement obtenus, les voyages et l’indépendance d’horaire et financière.

Corrigez-moi, mais j’imagine que pour arriver à tout cela, de façon légale, il faut travailler fort, plus fort et encore un peu plus fort.

Je m’explique mal comment nous pouvons faire miroiter ces avantages sans présenter l’engagement qui en découle.

Ramenons cela dans le monde du travail plus traditionnel. Imaginez un collègue qui vous présente les avantages de son travail, mais jamais le reste.

« Alors, j’ai droit à six semaines de vacances par année de travail, j’ai accès à 10 jours de congé maladie et j’obtiens une prime pour l’utilisation de mon véhicule ».

Avouons qu’il manque de grosses pièces du puzzle, comme les heures de travail coupées et supplémentaires, et ce, semaine après semaine.

En ce moment, la seule chose que j’achèterais, ce serait une bonne dose de tranquillité.

Et visiblement, je ne crois pas que vous offrez cela... Annie-Claude Brisson