Célébrer la vie, toute la vie!

CHRONIQUE / Quelques jours avant la fête des Mères, quelqu’un me disait d’un ton plus que nonchalant à propos de ladite fête : «Ah oui! C’est en fin de semaine!»

Mon interlocuteur, qui, je vous le rappelle, provient d’une mère comme nous tous, m’a un peu, beaucoup, passionnément déstabilisé de par son attitude. Tout ce que j’ai trouvé à répondre, c’est de lui suggérer la fusion entre la fête des Mères et celle des Pères, qui aura lieu dans un mois.

Cette désinvolture face à la fête des Mères m’est revenue en tête. À quel point sommes-nous frappés par la routine pour ne pas avoir quelques heures, ou dans le pire des cas, une journée à consacrer à notre maman?

J’aimerais simplement vous rappeler qu’une femme porte son bébé en moyenne pendant 280 jours.

J’étends mon raisonnement à notre quotidien. À quel moment a eu lieu le déclic? Quand avons-nous cessé d’avoir du temps pour soi et pour les autres ?

J’en conviens, ces quelques phrases semblent pigées dans un Bouillon de poulet pour l’âme de journaliste qui n’en revient pas ou de tout autre bouquin de psychologie populaire.

Je vous en ai déjà parlé, j’appartiens aux clans de ceux qui sont d’avis que tout mérite d’être célébré.

Et j’applique cette maxime dès que possible! J’ai passé un agréable souper dominical en compagnie de ma chère maman afin de souligner la fête des Mères. Quelques homards auront même été sacrifiés pour la cause. Après tout, l’amour peut faire mal.

Et comme si ce n’est pas assez, ma mère se magasine une autre célébration alors qu’elle a franchi une étape importante de sa vie, hier, son soixantième anniversaire.

Le besoin de tout célébrer, je crois bien que j’ai appris cela de ma mère. Elle célèbre les anniversaires de tout un chacun. Pour la petite histoire, son fameux punch est attendu de célébration en célébration. Elle a rassemblé, par le passé, la famille à maintes reprises. Même quand je lui disais que ce n’était pas son tour ou son devoir, elle le faisait sans rien dire et sans rien attendre en retour.

Ma mère est tout le contraire de moi. Elle est douce, patiente et arrive à passer par dessus bien des choses. Elle est la bienveillance incarnée. Visiblement, elle a oublié de me léguer une mince parcelle de ses innombrables qualités. Et Dieu sait que cela n’aurait pas été de refus.

Alors que le printemps s’obstine à se coller au calendrier, nous attendrons les chaudes journées d’été pour célébrer les 60 ans de ma mère comme il se doit, et surtout, comme elle le mérite.

Et si jamais je n’ai pas le temps ou l’envie de tout orchestrer, je n’aurai qu’à penser qu’elle m’a enduré, en elle, pendant 280 jours. Et qu’elle m’endure, encore, depuis près de 32 ans.

Bonne fête Jass!