Ce que femme veut

CHRONIQUE / J’ai toujours aimé la Saint-Valentin. Je suis une grande amoureuse et je m’assume pleinement. Petite, chaque année, je rêvais de recevoir un cadeau ou une carte d’un valentin secret. Depuis aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours eu le béguin pour quelqu’un. En maternelle, je me souviens très bien d’un petit garçon qui me faisait de l’oeil dans le cours de piscine. On s’assoyait à côté l’un de l’autre durant les explications du professeur, sur le grand banc de bois accoté au mur. Je ne pense pas que nous nous sommes échangés quelconque parole, mais je l’aimais en secret. Un premier amour qui aura duré une semaine.

Je me souviens aussi de Joey, en première année, que j’avais embrassée sur la joue en pleine classe, contre son gré. Bon, je n’avais que 6 ans, alors la notion de consentement m’était complètement inconnue.

En sixième année, Charles, un beau grand rouquin qui faisait du basket, avait coché la case «Oui» lorsque je lui avais donné un bout de papier sur lequel était inscrit «Veux tu sortir avec moi?».

Mon amoureux se prénomme aussi Charles. Ce n’est plus le même qu’en sixième année, mais il est bien averti que j’adore la Saint-Valentin. Étonnement, alors que mon beau Valentin a des trous de mémoire assez réguliers, il n’a jamais oublié une phrase que je lui avais glissée subtilement au creux de l’oreille, il y a deux ans. «Tu sais, je suis le genre de fille à aimer recevoir des fleurs», lui avais-je dit.

Ce sera notre troisième Saint-Valentin et, croyez-le ou non, j’ai déjà deux bouquets à mon actif. La première année, le prince Charles a même pris la peine de me faire livrer un bouquet de roses rouges directement au bureau. L’an dernier, alors qu’il prenait le chemin pour le Nord le matin de la Saint-Valentin, il s’était glissé hors du lit en catimini pour aller chez le fleuriste. Je m’étais donc réveillée seule, mais avec un magnifique bouquet de roses, cette fois multicolores, sur la table de la cuisine.

Mon Valentin n’est pourtant pas l’homme le plus romantique que la Terre ait porté. Mais il a la qualité de vouloir me surprendre. Et c’est d’ailleurs ce que les femmes veulent, à mon humble avis. Peut-être qu’elles ne sont pas toute comme moi, qui ne se tanne jamais d’un beau bouquet, mais la grande majorité d’entre elles désirent une attention, aussi petite soit-elle, de leur tendre moitié. Surtout le 14 février. C’est peut-être quétaine, me direz-vous, mais c’est le fun pareil.

J’ignore si mon Valentin m’offrira un troisième bouquet cette année. Je ne lui en voudrai pas s’il change de créneau. Mais je tiens juste à préciser que j’aime beaucoup les lys aussi.

Bonne Saint-Valentin, les amoureux!