Cartésienne, même à la fête de l’amour

CHRONIQUE / Si l’amnésie vous a malheureusement frappé et que vous avez oublié ce qui est prévu au calendrier le 14 février, soyez sans crainte. Facebook – plutôt les publications de ses utilisateurs – se chargera de vous rappeler que c’est la Saint-Valentin. Tant que ce n’est pas votre relevé de carte de crédit qui vous rappelle le prix de cette fête.

Parce qu’il est là, le danger. Aimer a, pour certains, un prix.

Et nous voilà, par ma faute, les deux pieds sur un terrain glissant, celui de la valeur de l’amour.

Rien n’est juste sur cette terre, pas même l’amour et ces démonstrations. Si vous avez les moyens, tout est possible, et tant mieux. Vivez votre Saint-Valentin comme s’il n’y avait pas de lendemain.

Si vous n’avez pas les moyens, eh bien, j’espère que vous l’aimez réellement.

Je n’ai pas, à mon souvenir, reçu un grand cadeau – de grande valeur, devrais-je plutôt dire – de la Saint-Valentin. Et c’est correct ainsi.

Pas eu de problème à gérer un trop gros diamant au bout de la main et jamais eu besoin de sortir la balayeuse centrale pour amasser les pétales de rose qui recouvraient le plancher de la cuisine.

Ne jetez pas la première pierre, ou le petit chocolat au goût de plastique, au pauvre mari. À sa défense, il m’a, au fil des années, offert des fleurs, par-ci par-là. Les attentions furent également au rendez-vous.

J’ai aussi longtemps conservé une peluche de moufette. C’est mon père qui m’avait offert, il y a certainement une vingtaine d’années, ce charmant mustélidé qui tenait une boîte de chocolat.

Force est d’admettre que les attentes sont peu élevées lorsque le plus fort souvenir de la Saint-Valentin est celui d’une bête puante. Mais bon !

Dans notre couple, les cadeaux, c’est pas notre fort. On fait le choix d’être stratégiques dans ce qu’on s’offre. Mon anniversaire, en septembre, son anniversaire et notre anniversaire de mariage, en octobre, résulteront en un seul cadeau. Et cette façon de faire nous convient.

Pourtant, lorsqu’on me questionne quant aux cadeaux offerts à Noël ou à nos anniversaires, j’ai cette crainte d’être jugée. Alors, je m’empresse, comme une jeune fautive, d’expliquer notre philosophie du cadeau. Pourtant, on devrait me féliciter d’être raisonnable et de me calmer la dépense, cette fois.

Après avoir fait l’apologie de la simplicité à travers ses lignes, je crois bien que la prochaine fête de l’amour se déroulera sans flafla, qu’avec l’amour. Après tout, c’est l’une de seules choses qu’on ne peut pas acheter...