Notre chroniqueuse s'est lancé le défi de ne pas manger de viande pendant sept jours.

Carnivore abstinente

CHRONIQUE / -Je me suis lancé un défi cette semaine.
-Ah oui, lequel ?
-Je ne mangerai pas de viande pendant sept jours.
-Comment tu vas faire ça ?
-C'est pas compliqué, je n'en mangerai pas, c'est tout.
Ça, c'est une petite conversation que j'ai eue avec mon chum, en début de semaine dernière. Vous comprendrez que c'est un vrai de vrai carnivore, pour croire qu'il est tout simplement impossible de survivre sans viande. Franchement !
Alors voilà. Je me prélassais dans mon bain, en me demandant ce que j'allais acheter à l'épicerie pour mes repas de la semaine, lorsque j'ai eu cette brillante idée. Bannir la viande de mon alimentation, ne serait-ce que pour une toute petite semaine. Je l'ai fait et je vous dirais que ç'a été assez facile. Facile, car je savais pertinemment que je pourrais engloutir un burger d'ici quelques jours, puisque je ne suis pas une vraie végétarienne. 
« Tu ne me commenceras pas ça pour vrai, là ? », que m'a demandé mon chum, visiblement stressé, un peu plus tard au cours de la semaine, lorsque je lui ai dit que c'était assez facile de ne pas consommer d'animaux. 
Je l'ai rassuré.
De toute façon, je n'ai même pas réussi mon défi. Je croyais, avant de faire mes petites recherches, que j'avais le droit de manger du poisson, alors je me suis cuisiné un délicieux petit filet de saumon. Erreur, les végétariens ne mangent aucune chair animale. J'aurais dû m'en douter, mais je croyais vraiment que les produits de la mer étaient permis. 
Bon, si on exclut ce succulent filet de saumon, je n'ai pas mangé de viande durant sept jours. Pas de volaille ni de viande rouge. J'en ai mangé, des légumineuses, des noix et des oeufs, je vous en passe un papier. 
Et après cette petite incursion dans l'univers des végétariens, j'ai constaté que je pourrais très bien diminuer ma consommation de viande, mais qu'il serait très difficile pour moi de la bannir complètement. Je vous l'avoue, j'ai trouvé ma vie sans saveur et un peu plate cette semaine. 
Et c'est particulièrement compliqué d'être végétarien lorsqu'on est pressé. Un petit sandwich à l'épicerie, ça fait drôlement bien lorsqu'il faut se mettre quelque chose sous la dent rapidement. Et si je devais me priver de poulet, de boeuf, de poisson et même de porc pour le reste de ma vie, j'en serais très malheureuse. C'est d'ailleurs la privation qui me dérange dans toute cette histoire. Même si je respecte profondément ceux et celles qui ont fait le choix de bannir la gent animale de leur alimentation, personnellement, je ne me sens pas coupable de manger un morceau de viande par-ci par-là. Et je ne crois pas que je serais capable de m'en passer. 
C'est mon choix et je l'assume. Pour ce qui est des autres, je ne jugerai jamais un carnivore abstinent. 
Une de mes amies a complètement banni le porc de son alimentation, depuis qu'elle a adopté un cochon miniature. Évidemment. Cela va de soi, à mon avis. Comment pourrait-elle déguster un succulent filet de porc à la moutarde en caressant la tête de son animal de compagnie ? Ce serait le comble de l'ironie. Et ce serait une trahison pure et simple. 
C'est comme si je mangeais des pâtes au chat et que je passais ensuite la soirée à flatter mon minou...