Calmez-vous le clavier

CHRONIQUE / C’est officiel ! J’en ai ras le bol. Je me retrouve face à une écoeurantite aiguë des réseaux sociaux.

Certains me diront de simplement abandonner l’univers des réseaux sociaux, mais je n’ai pas envie d’abdiquer.

J’ai plutôt le désir qu’on s’améliore collectivement, qu’on fasse preuve de davantage de retenue, de tolérance et d’empathie.

De mon côté, à partir de maintenant, ce sera tolérance zéro. Tolérance zéro des propos haineux, de la menace et du harcèlement. Ces grands principes que nous appliquons dans la vraie vie feront le saut dans l’univers virtuel, sans compromis.

Disons que la semaine dernière n’a pas été de tout repos. J’ai, dans le cadre de mon travail, croisé un citoyen qui visiblement n’appréciait guère les médias. Et il ne s’est pas fait prier pour nous le rappeler.

Il nous a, à travers l’escarmouche, avisés que son fiel se retrouverait sur les réseaux sociaux et plus précisément sur les pages des médias concernés.

Un collègue a avancé, comme piste de solution, le fait de simplement masquer les commentaires haineux.

Je refuse ! Je refuse de les laisser gagner avec leur haine.

Au fond, j’ai peur, peur qu’on s’habitue à la haine et à la méchanceté. Parfois, j’ai la forte impression que le processus est déjà amorcé, entre autres quand on nous dit que ça vient avec le travail.

S’en est suivie la soirée d’élections fédérales et tout ce que ça implique, dont les politicologues aussi amateurs que frustrés qui nous ont fait part de leurs savantes analyses et de leurs commentaires contenant un soupçon de haine.

Défaite dans la circonscription de Rivière-du-Nord, la championne olympique Sylvie Fréchette a, au cours des derniers jours, fait le point sur sa campagne avec Suzanne Colpron de La Presse.

Sans grande surprise, les réseaux sociaux sont ressortis et non pas comme un élément positif.

Les utilisateurs ne se sont pas contentés de commenter un statut ou d’en façonner un, ils ont ressenti le besoin de lui écrire en privé. Certains allant même jusqu’à avancer qu’avoir su, ils n’auraient pas été derrière elle aux Jeux olympiques de 1992.

Il ne faudrait pas croire que cela existe partout sauf ici. Loin de là, au lendemain des élections, les statuts du genre envers les candidats du Saguenay-Lac-Saint-Jean, ceux qu’on risque de croiser au supermarché, pullulaient.

Voici ce que j’ai retenu d’une conversation à ce sujet. « À partir du moment où une personne se sent menacée, nous faisons face à des menaces, autant dans la vraie vie que dans le monde virtuel », m’a rappelé le porte-parole de la Sûreté du Québec, le sergent Hugues Beaulieu. Annie-Claude Brisson