Ça passe trop vite!

CHRONIQUE / Je vis, depuis quelques années, un certain déni par rapport à mon âge. S’il n’en tenait qu’à moi, je serais figée dans le temps, à 26-27 ans. C’était, à mes yeux, le meilleur des deux mondes, une vie professionnelle et pas trop de responsabilités !

Sans grande surprise, je ne contrôle pas grand-chose et les pages du calendrier continuent de tourner. J’en conviens, personne ne versera de larmes devant mon incapacité à accepter le fait que je vieillisse. Il y a plus grand drame que celui de passer de 31 à 32 ans.

Ce n’est pas le fait de vieillir qui me pose problème. Après tout, j’accepte cela relativement bien même si je chigne en repensant à ma taille prémariage du début de ma vingtaine. Et je n’ai aucun problème avec les quelques ridules qui se dessinent et toutes ces marques de la vie qui s’ajoutent.

Mon inconfort est simplement dans le fait que le temps passe rapidement. Pas du genre, une autre journée de complétée, mais plutôt les saisons et les années qui défilent à un rythme effréné.

Certains rêvent d’être riches, de vivre leurs passions alors que, de mon côté, je rêve de freiner le compteur. Stop à l’odomètre de ma vie !

Je vous rassure, du haut de mes 31 ans, je reste bien loin du syndrome de Peter Pan. Après tout, je l’aime bien, ma vie d’adulte. Et pour rien au monde, je ne retournerais à l’adolescence. Non merci pour toutes ces années ingrates !

Ma collègue me faisait constater à quel point la vingtaine a défilé en un instant qui a paru si court. Elle avançait même qu’on l’avait gaspillée, ce que je seconde.

C’est peut-être parce que je m’en veux d’en avoir profité aussi peu ou de m’être fait du souci pour les mauvaises raisons.

Les derniers jours m’ont permis de replonger dans le passé avec le plus grand des plaisirs alors que les rencontres entre amies se sont succédé.

Le hasard a fait que j’ai pu revoir des amies du secondaire et des amies du cégep en l’espace de quelques soirées.

La distance qui nous sépare fait que nous avons rarement l’occasion de nous revoir. Heureusement, cela ne change en rien cette amitié encore existante.

Les discussions sont nombreuses, les fous rires fort présents et les souvenirs intacts. Une soirée avec ces amies, c’est comme s’offrir une cure de jeunesse.

J’ai retrouvé, avec le plus grand des plaisirs, ces amies qui ont accompagné tant d’aventures. Vingt ans plus tard, elles ont les mêmes expressions, bougent de la même façon et rient autant. Il y a quelque chose de réconfortant à les retrouver ainsi.

Tout est parfait dans ces rencontres trop rares. Ce qui semblait être un terrible drame à l’époque est devenu, 20 ans plus tard, un agréable souvenir pour nous. C’est particulier, l’instant d’une soirée, je fais un retour dans le passé.

Mais je dois m’y faire alors que je devrai, dans quelques semaines, ajouter une année de plus à mon âge.