Des maisons ont été ensevelies sous les rafales le week-end dernier, à Saint-Bruno.

Burnout météorologique

CHRONIQUE / On m’avait promis que j’aimerais l’hiver cette année. Tout le monde me disait que j’aurais du plaisir comme je n’en ai jamais eu.

C’est que j’ai changé ma voiture à l’automne. Je me suis offert une traction intégrale. 

«Tu vas voir, tu vas triper dans la neige», me promettait-on, chaque fois que je disais la marque de ma nouvelle voiture. 

Je dois bien admettre que je me sens plus en contrôle et que les routes enneigées me font moins craindre de prendre le clos. Mais de là à dire que j’apprécie notre hiver particulièrement rude cette année, non. 

D’ailleurs, je suis le genre de personne qui, règle générale, ne se plaint pas des intempéries hivernales. J’aime l’hiver et le froid ne me fait normalement pas trop pester. Et, habituellement, je souffre davantage de la chaleur que du froid. 

Mais cette année, on va s’entendre pour dire qu’on y goûte pas à peu près. Et, en plein mois de janvier, j’en ai déjà mon voyage. 

Même ma traction intégrale ne réussit pas à adoucir mon écoeurantite. Même mon super balai à neige télescopique me donne la migraine. 

En plus d’avoir chaussé ma voiture pour affronter nos hivers arides, je m’étais également bien chaussée pour continuer à courir dehors cet hiver. Je les adore, mes souliers de course à crampons, mais j’y suis allée une seule fois au cours du dernier mois, il faisait -38 avec le refroidissement éolien et ça m’a pris trois jours pour m’en remettre. Et que dire de l’état des trottoirs, qu’on doit littéralement enjamber ou éviter. Courir dans la rue en plein hiver, en longeant les trottoirs pour éviter les voitures, ne me plaît pas plus qu’il ne le faut. Ce ne sont pas tous les automobilistes qui ont la même courtoisie envers les joggeurs, surtout en hiver. 

J’avais aussi hâte d’essayer le ski avec mon chum cette année, j’avais hâte d’aller patiner et j’avais surtout hâte de lui faire découvrir la vallée des Fantômes sur les monts Valin. Mais le froid nous a fait trop peur et certaines stations de ski ont même dû fermer boutique durant la vague de froid arctique.

Je m’étais pourtant promis de ne jamais faire de chronique de chialage météorologique. Chialer contre dame Nature ne sert à rien. On n’a absolument aucun contrôle sur elle. Mais aujourd’hui, le temps était venu de briser cette promesse. Parce que même si ça ne sert à rien, ça fait parfois du bien de lui dire notre façon de penser, à madame météo. 

Avez-vous vu ces pauvres résidants de Saint-Bruno dont les maisons ont été ensevelies sous les rafales le week-end dernier? Je suis allée les voir lundi et ils pelletaient encore. Avez-vous vu ces citoyens de Matane-sur-Mer qui ont reçu en cadeau des blocs de glace sur leur terrain, gracieuseté du fleuve Saint-Laurent? 

Et dire qu’on est seulement à la mi-janvier. Le pire reste probablement à venir.

On dit que les sports extérieurs nous aident à apprécier nos hivers québécois. Cette année, je ne vois qu’une seule solution. L’hibernation.