Automobilistes, la route ne vous appartient pas

CHRONIQUE / « Tout usager de la route est tenu, surtout à l’égard de celui qui est plus vulnérable que lui, d’agir avec prudence et respect lorsqu’il circule sur un chemin public. »

Cette phrase, je l’ai prise sur le site Internet de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), sous l’onglet « partage de la route en automobile ». Vous voyez surement où je veux en venir. Oui, les fameux vélos.

Je ne suis pas une cycliste. J’ai bien essayé, un été, de me familiariser avec ce sport, ce mode de transport ou ce passe-temps, appelez ça comme vous voulez. Mais les automobilistes ont quelque peu freiné mes ardeurs et, surtout, mon plaisir. La hargne qu’entretiennent certains conducteurs à l’égard des cyclistes est surprenante, décourageante et complètement exagérée. Vous savez, chers automobilistes, vous n’avez pas le monopole de la route. Vous n’êtes même pas prioritaires. Comment vous le dire poliment... La route ne vous appartient pas. Point.

Je vous rappelle donc cette petite phrase bien simple.

« Tout usager de la route est tenu, surtout à l’égard de celui qui est plus vulnérable que lui, d’agir avec prudence et respect lorsqu’il circule sur un chemin public. »

Vulnérable. Prudence. Respect. Trois mots bien simples, qui ne rentrent pourtant pas dans la tête de bien trop de gens.

Voulez-vous bien me dire, chers automobilistes, qu’est-ce que vous avez contre les vélos au point de vous réjouir lorsqu’un accident survient ? Allez lire les commentaires d’internautes sur les médias sociaux lorsqu’un cycliste est victime d’un accident. Vous en aurez froid dans le dos.

Les cyclistes vous retardent de dix secondes de votre point d’arrivée ? Ils prennent trop de place sur la voie publique ? Certains me répondront qu’il existe des pistes cyclables pour eux. Oui et non. Premièrement,les pistes cyclables ne sont pas accessibles à la minute où vous sortez votre vélo de la cour. Deuxièment, les cyclistes aguerris ne peuvent tout simplement pas rouler sur les pistes cyclables, puisqu’il y a des limites de vitesse à respecter. Un ami me racontait avoir atteint plus de 70 kilomètres à l’heure à vélo, dernièrement. Jamais, il ne pourrait s’entraîner de la sorte sur une piste cyclable empruntée par les coureurs, les marcheurs, les enfants et même les quadriporteurs. C’est presque aussi vite qu’une moto ! Ça dépasse même certains automobilistes lambineux. Un proche qui roule à vélo depuis des décennies m’a d’ailleurs affirmé que les pistes cyclables sont le pire ennemi des cyclistes. Pourquoi ? Parce que tout le monde pense que les cyclistes ne peuvent rouler qu’à cet endroit, alors que c’est absolument faux. Allez lire le Code de la sécurité routière, juste pour voir.

Je me demande si cette haine est typiquement saguenéenne ou si elle est monnaie courante dans les autres régions du Québec. Personnellement, ma minime expérience m’a découragée, puisque je m’attendais à rouler paisiblement, pas à pratiquer un sport extrême.

Je vous entends déjà. Oui, il y a toujours deux côtés à une médaille. Ils ne sont pas tous blancs comme neige, les cyclistes. Mais vous serez certainement d’accord avec moi sur un point. On mise rarement sur la victoire du vélo lorsqu’il se mesure à une voiture.

Alors, en guise de conclusion, je vous laisse sur cette phrase. « Tout usager de la route est tenu, surtout à l’égard de celui qui est plus vulnérable que lui, d’agir avec prudence et respect lorsqu’il circule sur un chemin public. »

Peut-être qu’un jour, ça va rentrer dans nos têtes. Patricia Rainville