Au revoir!

CHRONIQUE / Ceci n'est pas un exercice : vous lisez ma dernière chronique. Je quitte le merveilleux monde du journalisme pour, comme le veut le cliché, aller relever de nouveaux défis ailleurs. Je fais un changement drastique après neuf belles années. Je dois être un peu folle, il faut croire ! (s'il vous plaît, ne répondez pas tous en même temps !)
C'est quand même une belle bête, un journal. C'est formé de plein de gens avec des personnalités diverses, qui aiment discuter d'actualité. Vous devinez que cela fait parfois des flammèches. Parfois même des réactions du genre « toaster branché lancé dans un bain chaud ».
Pas le droit à l'erreur
Travailler dans un journal, c'est aussi devoir garder en tête que tout ce qui est écrit est et sera retenu contre vous. Disons que vous vous trompez sur une commande, vous vous retrouverez avec 1000 boîtes de trombones, plutôt que dix. Si vous êtes dans une usine, peut-être que vous avez mal fixé tel tuyau. Des erreurs importantes, mais que vous pouvez corriger. À part votre patron et vos collègues, personne ne va rire de votre malchance ! Maintenant, imaginez que vous faites une erreur dans un journal. Elle se retrouve sur papier, sur Internet (Facebook, ça vous dit quelque chose ?) et même... archivée à tous jamais dans les banques de données ! Quoi de mieux que de garder votre honte sur un serveur pour les 1000 prochaines années ?
J'ai déjà écrit qu'un bateau de marchandise provenant de la Suisse avait accosté à La Baie. Ça me fait encore grincer des dents d'y penser des années plus tard ! (Si vous prenez le temps de regarder une carte du monde, vous comprendrez que c'est pas mal impossible. Le bateau provenait plutôt de Suède...)
Une chance inouïe
C'est toutefois une chance inouïe de pouvoir interagir avec vous. Recevoir des courriels de gens qui disent aimer votre travail, ce n'est pas donné à tous. Surtout que les sujets de cette chronique sont légers et tombent souvent dans le personnel. 
Ça ajoute un stress. 
Je ne compte plus le nombre de discussions que nous avons eues, Patricia et moi, pour trouver des sujets : « Non pas ça, je vais encore passer pour une grincheuse ! » 
D'ailleurs, on me disait souvent : « j'aime beaucoup te lire, ça me permet de te connaître davantage ». Cette simple phrase m'a toujours fait plaisir. Même si je chronique depuis septembre seulement (quoique j'ai eu un blogue dans une vie antérieure à mon arrivée au Quotidien), j'ai l'impression que j'ai en effet dévoilé beaucoup sur moi, semaine après semaine. Même, je suis surprise que personne ne soit encore venu cogner à ma porte. Avec tous les indices que j'ai donnés depuis le temps, je sens que si on mettait toutes mes chroniques bout à bout, on tomberait directement sur mon adresse. Ou sur une recette de sucre à la crème. J'hésite encore. Faut dire aussi que mon nom de famille n'est pas non plus le plus commun. Ça limite les possibilités !
(Anecdote dans une très longue parenthèse. Il y a une éternité et trois quarts, je travaillais dans une quincaillerie où les employés ont leur nom sur une carte accrochée à leur veste. Un client me regarde au moment où je le faisais payer et me dit : « Catherine Doré, je te présente Catherine Doré », et il me pointe la fille qui l'accompagne. Elle m'a regardé les yeux ronds. J'ai figé. S'en est suivi une discussion décousue qui se résume en « Quoi ? Es-tu sûre ? » et elle qui a résumé magnifiquement le tout : « j'aurais aimé mieux ne pas savoir que tu existes ». Le choc de ne pas être unique. Je sais ce que vous ressentez maintenant, très chers Tremblay !)
C'est donc la fin
C'est donc la fin. Merci à vous tous de m'avoir lu chaque semaine et à tous ceux qui m'ont écrit ou qui m'ont arrêtée à l'épicerie pour me parler de mes écrits. Ce fut un plaisir et un honneur de torturer un sujet chaque semaine pour faire finir ma chronique comme je le voulais ! Ne vous inquiétez pas, je vous laisse entre bonnes mains avec Patricia ! Au revoir !