Les champs de canola de Saint-Coeur-de-Marie.

Au pays de Maria Chapdelaine

CHRONIQUE / Ça devait bien faire 10 ans que je n’étais pas allée à Dolbeau-Mistassini. Lorsque j’étais petite, mon père se faisait un plaisir, et peut-être un devoir, de faire le tour du Lac au moins une fois par été, en ma compagnie. Nous arrêtions souvent pique-niquer à la Chute à l’Ours, à Normandin, ou bien à l’ermitage Saint-Antoine de Lac-Bouchette. Lorsque j’étais chanceuse, nous allions au Zoo sauvage de Saint-Félicien.

C’est curieux, mais je me souviens surtout de la route qui séparait Saguenay de Saint-Félicien, du côté sud du majestueux lac Saint-Jean. Peut-être que je dormais lorsque nous étions rendus à redescendre par l’autre bord. L’autre bord, le nord, je ne sais pas si c’est moi, mais il me semble qu’il soit un peu boudé par les Saguenéens. Peut-être même par les Jeannois, mais ça, je ne veux pas parler en leur nom.

Prenez le temps de vous arrêter à Sainte-Jeanne-d’Arc. Le Vieux Moulin et le petit pont couvert rouge, bien caché au fond des champs, vous charmeront.

Donc, le week-end dernier, j’ai préparé mon petit bagage et je me suis dirigée vers Dolbeau-Mistassini. Google Maps me disait que ce serait un peu moins long par le nord. J’en étais bien contente, puisque comme je vous disais, ça devait faire une dizaine d’années que je n’avais pas roulé au-delà de Saint-Henri-de-Taillon, pour aller à la fameuse plage Belley.

Sainte-Monique, Péribonka, Sainte-Jeanne-d’Arc et Dolbeau-Mistassini, je ne leur avais pas rendu visite depuis belle lurette. Et je les ai trouvées pas mal belles, les municipalités de la MRC de Maria-Chapdelaine. Je ne sais pas si c’est l’âge, mais je deviens de plus en plus admirative de nos régions. Surtout celles bordées d’un cours d’eau, comme la nôtre.

La chute des Pères, à Dolbeau-Mistassini, est accessible facilement.

Comme me le faisait remarquer un collègue récemment, je suis une contemplative. Il faisait référence aux photos que je publie régulièrement, et peut-être trop fréquemment même, des paysages qui m’entourent. J’ai cette manie de m’extasier devant un champ de blé ou un coucher de soleil. Et je me dis que je ne peux pas garder ça pour moi, égoïstement. Alors, j’immortalise ces magnifiques visions. Et les publie sur nos réseaux sociaux. Tant pis pour ceux qui me trouvent fatigante.

Mais revenons à Dolbeau-Mistassini. Certains me trouvaient bien drôle de partir en road trip du côté nord du Lac. «Il n’y a rien à faire là», ont eu l’audace de me dire quelques-uns. Tellement faux.

Impossible de ne pas se croire au pays des Bleuets, du côté de Mistassini.

Je suis d’avis qu’il y a quelque chose à découvrir dans chacune des municipalités ou villages du Québec. Si on prend la peine de s’y aventurer. Et de regarder.

À Dolbeau-Mistassini, j’ai été bien charmée par les sentiers qui bordent les rivières Mistassini et Mistassibi. La chute des Pères est pratiquement accessible de la route principale. Il ne suffit que de se stationner à la halte routière située tout juste à côté du pont. Même pas besoin de marcher des kilomètres pour s’installer devant les chutes, confortablement assis sur les immenses rochers.

De jolis et charmants moutons font de l’oeil aux automobilistes, à la hauteur de Saint-Henri-de-Taillon.

Je suis allée faire un coucou aux Pères trappistes, des êtres toujours aussi charmants. Je suis même allée me virer à Sainte-Élisabeth-de-Proulx, un territoire jusqu’alors inexploré. Bon, c’est vrai qu’il n’y a peut-être pas grand-chose à y faire, mais les amoureux de la forêt, de la chasse et de la pêche doivent adorer leur petit coin de paradis.

Mais s’il y a un endroit qui m’a particulièrement charmée, c’est sans aucun doute la plage de Vauvert. Il faisait beau, le lac était chaud. L’horizon à perte de vue. Ma plage coup de coeur du Lac-Saint-Jean. C’est peut-être un peu plus loin que les traditionnelles plages Belley, Rigolet, du camping de Saint-Gédéon et de celui du Chambord, mais celle de Vauvert est, à mes yeux – ne vous choquez pas si vous n’êtes pas d’accord –, la plus majestueuse de notre coin de pays. Et, comble de bonheur, elle n’est pas bondée de baigneurs.

J’ai donc regagné mes terres saguenéennes bronzée, reposée, mais surtout amoureuse du pays de Maria Chapdelaine.

Sur ce, chers Dolmissois, je vous salue. À la prochaine, sans faute!