Atteinte de la fièvre du printemps

CHRONIQUE / Elle est arrivée, cette folie du printemps! Elle est bien implantée chez moi malgré les relents de l’hiver des derniers jours.

Nous le pensions derrière nous, jusqu’à mercredi, cet hiver qui aurait pu rendre maboul le plus zen des Québécois.

Avouons que cette année, le printemps a failli nous oublier. Il a su se faire attendre alors que nous n’avions rien pour patienter, pas même le Canadien en séries.

À l’instar de bien des animaux et des insectes, nous nous réveillons à temps pour le printemps.

Avouez qu’il est fantastique, ce vent de fraîcheur. Celui qui donne envie d’ouvrir la porte du garage et d’en sortir tout ce qui s’apparente à l’été. Tant mieux, il en faut de la vigueur pour nettoyer les plates-bandes, assurer le bon ordre dans les arbres et racler le gazon.

L’hiver nous malmène tellement que nous devenons, au printemps, allumés par l’idée de faire des tâches dédiées à l’entretien de notre terrain. Le grand ménage du printemps qui devient enivrant, c’est propre au registre la folie!

Je plaide coupable à cette folie printanière. J’ai cette envie de nettoyer la maison de fond en comble, je rêve à la literie qui sèche au vent et je pense déjà à mon potager.

Nous attendons, pendant des semaines, la fonte de la neige. Tellement impatients que l’idée de la brasser à la pelle nous effleure l’esprit. Les plus impatients y vont de leur propre technique afin d’effacer toute trace d’or blanc sur leur terrain. Ils sont prêts à tout pour y arriver; c’est du sérieux!

Arroser la neige

Étendre la neige sur le reste du terrain ou pousser la neige dans la rue, ça donne l’impression de cacher la poussière sous le tapis. Dans le pire des cas, ils sont même prêts à régler cela à grands coups d’eau.

Malgré tout ce qui s’écrit ou se dit, malgré nos efforts à se coller à un mode de vie plus sain et malgré tout ce qui se fait comme campagne de sensibilisation au profit de l’environnement, tenez-vous bien, il y a encore des personnes qui arrosent la neige!

Même combat que ceux qui arrosent, lavent ou peut-être même hydratent leur entrée de garage à maintes reprises pendant l’été.

Cette façon de faire s’est retrouvée, plus tôt cette semaine, au coeur d’une publication sur la page Spotted Chicoutimi.

« Les taxes sont assez chères, le monde peut-il en profiter? »

« Moi, chu pas un [sacre] écologiste sale. Je n’ai pas peur de me servir de l’eau. »

« J’aime bien mieux quelqu’un comme ça que quelqu’un qui a l’air d’un dépotoir. »

« L’eau est ici et elle n’ira pas comme par magie dans le Sahara ou en Égypte parce qu’on fait attention de pas la gaspiller.»

« Moi, je lave ma cour aussi longtemps que je veux. C’est moi qui paye. »

«Au prix que ça nous coûte cette [sacre] d’eau là... Je vais laver ce que je veux pis quand je le veux! Que tu t’en serves ou pas, ça va te coûter la même [sacre] d’affaire!»

Visiblement, il n’y a pas que le Canadien de Montréal qui nous pique au vif; le grand ménage du printemps également...