Le projet de GNL Québec et la population de bélugas sont à éviter autour d’une table.

Apprendre à discuter

CHRONIQUE / Je ne vous apprends rien en affirmant qu’il ne faut pas parler d’argent, de politique ou de religion autour de la table.

Au quatrième jour de cette campagne électorale fédérale, avouez que cette loi non écrite prend tout son sens.

Malgré sa grande pertinence, permettez-moi de la modifier, de la bonifier.

Il ne faut pas parler d’argent, de politique, de religion, de Port de Saguenay, de GNL Québec ou du projet de Gazoduq autour de la table. Et j’ajoute même qu’il faut éviter de parler de la militante écologiste de 16 ans, Greta Thunberg.

Force est d’admettre que le temps est à l’orage dans l’espace public. De grands enjeux se dressent au-dessus de nos têtes. Et la discussion est de mise. Pourtant, ça semble laborieux d’échanger.

Le paradoxe est fort. Il n’y a jamais eu autant de grands projets, au même moment, dans l’air du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Même s’il y a loin de la coupe aux lèvres, cela ne les empêche pas de diviser l’opinion publique dans une époque où l’incapacité à s’informer, à dialoguer et à se respecter semble plus vraie que jamais.

Prenons le cas de Greta Thunberg. J’ose espérer que son entourage la tient loin des réseaux sociaux.

Parce qu’à 16 ans, c’est au coeur d’une crise d’adolescence qu’elle devrait se retrouver et non pas au coeur d’une crise climatique, pire qu’une crise médiatique.

Tristement, la tempête est animée de commentaires formulés, en grande partie, par des adultes.

Le problème ne réside pas dans le fait d’être en désaccord avec ce qu’elle pense, ce qu’elle dit et ce qu’elle fait. C’est plutôt la manière d’exprimer ledit désaccord qui est inacceptable. Avouons qu’il est facile d’être mesquin derrière le clavier de son ordinateur.

Je vous ramène à la table, celle où nous ne devons pas parler d’une ribambelle de sujets. Lors de la prochaine rencontre autour de la table, servez la même médecine à votre neveu de 16 ans que celle qui est servie à Greta Thunberg.

Croyez-moi, le froid polaire qui gagnera la cuisine ne sera pas une conséquence directe du changement climatique.

Face à ces projets qui tentent de poindre et aux discussions qu’ils engendrent, il faudra plus que jamais mettre de l’eau dans son vin. Et peut-être même d’éviter de prendre du vin à la grande table.

Le milieu scolaire nous apprend une kyrielle d’éléments qui nous serviront tout au long de notre vie, que ce soit d’apprendre à lire, à écrire et même à vivre.

J’aimerais tellement que les jeunes d’aujourd’hui apprennent à discuter, à argumenter et même à réfuter.

N’est-ce pas un atout plus qu’essentiel pour faire d’eux des citoyens éveillés et par le fait même avertis ?

Les cours de philosophie offerts lors du parcours collégial permettent d’y parvenir. Je suis d’avis que cela devrait se présenter beaucoup plus tôt dans le parcours scolaire des jeunes.

Nos discussions, les échanges formulés sur les réseaux sociaux et la société ne s’en porteraient que mieux. Avouez !