Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local

Applications et motivation

CHRONIQUE / Je dois vous avouer que j’ai terminé l’année 2019 sur une note particulière. Le mari revenant du Grand Nord après Noël et pour seulement quelques jours, disons que j’ai mis de côté la tourtière, les célébrations ainsi que les traditions.

Probablement légèrement envieuse, j’ai roulé des yeux en prenant connaissance des bilans annuels et de la décennie de tout un chacun que Facebook me défilait au visage. J’ai eu la même réaction lors de vos souhaits et résolutions pour l’année à venir. Vous me direz que je n’avais qu’à détourner le regard, bien vrai. À ma défense, j’étais en rébellion de ne pouvoir me poser plus de 24h pendant la période des Fêtes.

N’attendez pas de moi que j’aie écrit sagement mes résolutions pleines de sens et de volonté. J’étais à cent lieues de ça. À un tel point que j’ai sous-traité ce traditionnel exercice du début de l’an. Aussi surprenant que ça puisse paraître, j’ai délégué la tâche de formuler des résolutions et de les maintenir à de vulgaires applications. Tant qu’à avoir le cellulaire soudé à la main à longueur de journée, aussi bien s’en servir.

Ainsi, depuis le premier jour, mon téléphone intelligent contient quelques applications de plus. En fait, c’est un total de 9 applications qui se sont ajoutées au passage de la nouvelle année.

Une pour dormir, une pour me calmer et une autre pour me faire bouger.

Une application devait, en théorie, m’aider à développer une habitude et à la maintenir. Visiblement, elle m’a offert toute l’assistance technique, mais pas la volonté. Pour vous dire, j’ai abandonné la tâche devant la complexité à calibrer l’appareil avec mes intentions.

Il y a aussi celle qui m’accompagne dans le défi de boire plus d’eau. Mais je ne suis vraiment pas certaine de son efficacité. Voyez-vous, elle me lance un rappel quelques fois par jour à l’aide d’un bruit. Le hic, c’est que le bruit qui est supposément celui de l’eau versée dans un verre appartient au registre du douteux. Ainsi, plutôt que de boire plusieurs fois par jour, je sursaute. Force est d’admettre qu’un pichet d’eau placé au réfrigérateur reste plus efficace que cette béquille technologique.

De toutes ces applications, c’est celle pour dormir qui m’est le plus utile. C’est tout simplement le rêve, je choisis le son des vagues, de la pluie ou du vent pour m’amener au sommeil. Assez ironique lorsque le début de l’année rime avec remise en forme, inscription au gym et régime.

Personne ne tombera des nues en apprenant que mes doigts ont encore la fâcheuse habitude de sélectionner les applications de Facebook, d’Instagram et de Pinterest plutôt que celles qui me font bouger.

Et dire que je tente de diminuer mon temps passé devant les nombreux écrans, avouons que c’est raté pour cet objectif!