Appel en attente

CHRONIQUE / Je dis toujours que notre métier s’appuie sur de grands principes journalistiques et sur le simple fait qu’on se reverra demain.

C’est souvent ce que je mentionne, au terme d’une rencontre, aux élus, aux intervenants et aux représentants que je rencontre dans le cadre de mon travail.

Le monde est petit, c’est vrai, et encore plus dans notre métier.

On revoit régulièrement les mêmes personnes lors des diverses annonces, des conférences de presse et des conseils de ville et de MRC.

Pour vous dire, je pourrais survivre professionnellement avec le numéro de téléphone d’une quinzaine de personnes.

Je suis parfois probablement très, voire trop prudente. J’aime bien faire les choses, pour moi et pour l’intervenant qui se retrouve devant moi.

La vie étant ce qu’elle est, si j’ai le malheur, aux yeux de ces personnes, de ne pas être irréprochable dans mon travail, je recevrai un appel en moins de deux. Ou un courriel, mais peu importe le moyen utilisé, le ton du message sera le même.

Notre travail comprend de nombreux appels, autant de textos envoyés et quelques courriels rédigés. En gros, on fouille, on cherche à comprendre et on questionne. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que les intervenants préfèrent, de loin, parler de bonnes nouvelles plutôt que de mauvaises nouvelles. Je comprends cela, bien sûr.

Je préfère aussi vous parler de mes qualités plutôt que de mes défauts, c’est très humain comme réaction.

Dès que nos questions sont, comment dire, plus corrosives, le retour d’appel se fait attendre, la réponse au texto est parfois absente et le courriel se retrouve, comme par hasard, dans les pourriels.

Loin d’avoir la bosse des maths, je sais bien que 1+1=2.

Je me doute bien pour quelle raison la discussion que j’amorce ne trouve pas écho chez eux.

Bien simple, ça ne fait pas leur affaire.

Ça ne dure pas très longtemps, je les retrouve ensuite tout sourire à un événement. Je n’ai pas oublié les questions laissées en suspens et la conversation qui n’a jamais eu de retour.

J’ose à peine imaginer le quotidien de ces grands journalistes qui ont marqué et qui marquent la profession.

Les retours d’appel doivent être assez mollo.

C’est paradoxal, les gens nous disent régulièrement qu’on ne parle pas assez de ci ou de ça et qu’on devrait s’attarder à tel et tel sujet. En passant, c’est apprécié, nous sommes loin d’être fermés à ces suggestions.

En revanche, certains poussent le bouchon. C’est presque unidirectionnel, on doit parler d’eux ou de leurs sujets et selon leurs conditions.

Je ne voudrais pas être plus catholique que le Pape, mais gardons à l’esprit que « nul ne peut dicter aux médias d’information le contenu de l’information ».