Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local

Accueillie par l’agent de sécurité

CHRONIQUE / Je me suis retrouvée aux urgences, plus tôt cette semaine. Pour rien de bien grave, je vous rassure. Ce n’est pas une habitude, alors que ma dernière visite remontait à quelques années. Imaginez l’effet de surprise en y débarquant en pleine pandémie.

Au moins, je ne fais pas partie des personnes les plus anxieuses quant à la COVID-19 et tout ce qu’elle implique. En revanche, je demeure prudente et respectueuse quant aux mesures de distanciation physique, au lavage des mains et au port du masque.

J’anticipais tout de même un peu ma visite. C’est que j’avais lu, la veille, une discussion enflammée sur les réseaux sociaux quant à l’obligation de passer un test de dépistage de COVID-19 lors d’une visite aux urgences. Voyez-vous, je n’avais pas tellement envie d’avoir un écouvillon dans la cavité nasale alors que je me retrouvais à l’hôpital pour, comme on le dit dans le jargon du hockey, une blessure au haut du corps. Je vous rassure : aucun test du genre ne m’a été imposé.

C’est saisissant de mettre le pied à l’urgence et de se faire demander par l’agent de sécurité ce qui nous y amène. Heureusement, j’y étais pour un petit tracas au bras. Je n’ose pas imaginer les gens qui s’y présentent pour des raisons qui ne se crient pas sur les toits. Il m’a ensuite questionnée quant à de possibles symptômes, tout en m’invitant à me badigeonner les mains d’une solution désinfectante. La routine de notre nouvelle vie en ère pandémique.

L’expérience semble efficace pour les patients, du moins, de ce que j’ai pu en vivre. Les possibilités de rencontres virtuelles avec des médecins de famille sont proposées lorsque possibles. Je comprends que, pour bien des gens, le fait de patienter pendant des heures avec de parfaits inconnus s’avère une situation anxiogène.

Le contact avec les infirmiers et les médecins est probablement la chose la plus normale en cette ère de pandémie. Dans leur cas, le port du masque et l’utilisation de gants ne tranchent pas trop de leur réalité. C’est, à la limite, normal.

Les feuilles de plastique transparent, les flèches au sol et les quelques patients qui portent un masque rendent, j’ai l’impression, l’attente davantage sinistre. Chaque nouvelle personne qui fait son entrée dans la salle d’attente cherche la chaise la plus isolée des autres. Particulier, comme nouveau réflexe. Tout le monde est éparpillé. Le papotage habituel entre patients est presque au point mort.

Je ne sais pas si c’est le hasard ou la peur de consulter qu’engendre le nouveau coronavirus, mais j’ai rapidement été prise en charge par le personnel soignant. En moins de trois heures, j’étais ressortie de l’hôpital. C’est un taxi dans lequel il n’y avait aucune apparence de mesures visant à limiter la propagation de la COVID-19 qui m’a ramené à la maison. Visiblement, le risque zéro n’existe pas...

Je touche du bois ; mes passages aux urgences sont habituellement espacés de plusieurs années. À cette fréquence, la pandémie de COVID-19 devrait être chose du passé lors de ma prochaine visite. Je l’espère.