Patricia Rainville
La rencontre avec les parents du jeune Tristan, décédé d’un cancer à l’été 2017, est celle qui m’a le plus marquée au cours de la dernière année.
La rencontre avec les parents du jeune Tristan, décédé d’un cancer à l’été 2017, est celle qui m’a le plus marquée au cours de la dernière année.

À votre santé!

CHRONIQUE / Je suis devenue vieille à la minute où j’ai commencé à souhaiter de la santé lors des traditionnels voeux du Jour de l’an.

Lorsqu’on est dans la vingtaine, la santé n’est pas tellement notre premier réflexe quand vient le temps de partager nos voeux pour l’année qui commence. Et pourtant. C’est peut-être la chose la plus clichée au monde, mais lorsque la santé n’y est plus, il n’y a plus rien qui va.

Cette année, j’ai rencontré des centaines de personnes dans le cadre de mon travail. Certaines d’entre elles n’avaient pas la même chance que d’autres, souffrant d’une maladie, qu’elle soit physique ou psychologique. Certains s’en sortaient, d’autres devaient apprendre à accepter la situation.

Comme journaliste, j’ai raconté le quotidien d’une maman qui a dû arrêter de travailler durant un an pour s’occuper de ses deux belles poulettes, atteintes d’une maladie rare qui nécessitait une greffe de moelle osseuse. Les deux petites malades en même temps. De quoi rendre fou n’importe quel parent. Je les ai rencontrés à deux reprises. Une première fois avant la greffe et la seconde fois quelques mois plus tard. Les petites couraient, jouaient et riaient. Rien à voir avec ma première rencontre avec elles, plusieurs mois auparavant.

Le courage de ces familles me touche toujours autant. Quand la maladie frappe, plus rien autour n’a d’importance. On ne s’en rend jamais vraiment compte avant que ça n’arrive.

J’ai aussi rencontré un groupe de personnes atteintes du Parkinson et qui participaient, toutes les semaines, à des cours de boxe. Quelques messieurs ont accepté de me raconter leur quotidien et ce que la boxe leur apportait.

« Si on ne bouge pas, on rouille ! », m’avait dit l’un d’entre eux. J’avais trouvé ça inspirant, de voir ces personnes souffrantes faire tout ce qu’elles peuvent pour freiner un tant soit peu la maladie.

Mais l’entrevue qui m’a le plus marquée, cette année, c’est sans doute ma visite chez un papa et une maman éprouvés par le deuil de leur petit garçon et qui avait une nouvelle étoile dans leur vie. Un nouveau petit bébé, né deux ans après le décès de son grand frère, Tristan.

Le petit garçon est décédé d’un cancer à l’été 2017. La mort d’un enfant est sans doute la pire des épreuves qu’un parent peut traverser et la naissance d’un bébé est certainement la plus belle.

Les parents de Tristan m’avaient accueilli généreusement chez eux, pour me présenter leur nouvelle petite fille, Stella. « Une étoile envoyée par Tristan », m’avait dit la maman.

C’est assez rare qu’une entrevue côtoie à la fois une grande tristesse, mais une immense joie en même temps.

Je vous avoue que j’avais versé une petite larme, une fois seule, assise dans ma voiture, pour rentrer au journal. Et je m’étais surtout dit que la vie ne tient vraiment qu’à un fil.

Alors à vous, chers lecteurs, je vous souhaite toute la santé du monde en ce début d’année 2020. Parce que c’est tout ce qui importe.