D'UNE FILLE À L'AUTRE

Tout est grandiose lors des bals de finissants

CHRONIQUE / Si ça continue à ce rythme, ma fille va célébrer son premier bal à 4 ans. La fin de la garderie, ça se fête. Je commence déjà à mettre des sous de côté pour le photographe, la robe...

J’exagère à peine. Chaque transition est fêtée comme la plus grande des réussites. Les parents ne ménagent aucun effort pour célébrer leur petite progéniture... même s’ils viennent juste de terminer le primaire. Mon amie vient d’ailleurs d’organiser une grosse fête pour toute la classe de 6e année de son fils. Elle est tellement fière de son garçon, comme s’il venait de décrocher le prix Nobel de médecine.

D'UNE FILLE À L'AUTRE

Les sorties scolaires d'aujourd'hui: c’est pas toujours juste

CHRONIQUE / Lorsque j'étais au secondaire, j’avais une sortie scolaire qui m’enchantait chaque année. En février, nous allions toujours assister aux projections du festival Regard sur le court métrage, tout un après-midi. On prenait l’autobus et on se dirigeait à l’Auditorium Dufour pour regarder des films. C’était gratuit et on n’avait pas à quêter nos parents pour pouvoir y participer. Cette simple sortie m’a permis de développer une petite passion pour le 7e art et je me fais encore un devoir d’assister à quelques projections, 15 ans plus tard.

En juin, nous avions aussi, «dans mon temps», des sorties pour célébrer la fin de l’année scolaire. Rien d’extravagant, mais nous avions une liste de sorties possibles, pour tous les budgets des parents et pour tous les goûts des adolescents.

D'une fille à l'autre

Les chefs au pays des Bleuets

CHRONIQUE / Le Saguenay a été pas mal gâté en politiciens au cours des derniers jours. Non seulement les plus puissants leaders mondiaux ont foulé le sol de Bagotville il y a une semaine, voilà qu’on accueillait non pas un, ni deux chefs de parti jeudi et vendredi dernier, mais bien cinq. Je ne crois pas que le Saguenay avait déjà accueilli autant de chefs politiques en aussi peu de temps. Et on peut en penser ce qu’on en veut, la saucette de Donald Trump en sol saguenéen et la visite des chefs des cinq partis fédéraux au cours des deux derniers jours chez nous, c’est quand même palpitant. Du bonbon pour les journalistes.

Malheureusement pour moi, j’étais confinée à la mise en page du journal, ce qui fait en sorte que je n’ai pas pu suivre l’un des chefs en visite. Mais bon, il faut bien qu’il y ait des soldats qui restent garder le fort, corriger, titrer et mettre en page les textes de ceux qui sont assignés aux couvertures sur le terrain. Parenthèse close.

D'une fille à l'autre

L’Américain qui aime le Canada

CHRONIQUE / Évidemment, je ne parle pas de Donald Trump. Son amour pour notre pays est aussi probable qu’un commis disponible dans une quincaillerie par les temps qui courent. L’arrivée de la saison estivale fait son effet !

Je parle de Jaime Shepherd. Un procureur fédéral américain que j’ai rencontré pendant le sommet du G7.

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Des seins en liberté

CHRONIQUE / Je pense n’être jamais sortie en public sans soutien-gorge. Ce n’est pourtant pas l’envie qui manque.

Voyez-vous, je suis rendue à un âge où le confort l’a emporté sur l’apparence. Bon, je n’irai pas travailler en pantalon de jogging, mais j’endure de moins en moins les beaux talons hauts et les jolis soutiens-gorges de dentelle qui nous ramassent le kit jusqu’au cou. Si je vous parle de ça, c’est évidemment en lien avec le mouvement de solidarité qui est né dans quelques écoles de la province, après qu’une jeune fille du Pensionnat du Saint-Nom-de-Marie de Montréal ait été rappelée à l’ordre, car elle ne portait pas de soutien-gorge sous son chandail. Quel scandale.

D'une fille à l'autre

Oui aux exclusivités

CHRONIQUE / Le Cégep de Jonquière et la région seraient si «peu confiants» en leur qualité et capacité d’attraction au point de «quémander» l’exclusivité d’un programme d’enseignement pour attirer des étudiants.

C’est ce que le blogueur Alain Dufresne a laissé entendre dans son dernier papier, publié cette semaine dans Le Journal de Québec.

D'une fille à l'autre

Récolter sans semer

J’ai grandi dans un rang, sur une ferme maraîchère. Je ramassais des fraises pour mon dessert. Sur la table, il y avait toujours de la salade, des légumes, des fruits. L’abondance de fraîcheur ! Même en hiver, on avait des produits de la ferme. Mon père récoltait les carottes sous la neige. Ben oui, ça se peut, et en plus, elles sont plus sucrées.

Mon terrain de jeu, c’était la terre, la forêt. Pas un seul voisin sur des kilomètres. On avait des pistes de ski de fond, des coulés pour s’amuser. On faisait des tours de tracteurs. On pouvait patiner sur les lacs artificiels qui servent à l’irrigation.

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Sombres gains

CHRONIQUE / Recommander un travailleur au noir comme donner une recette de tarte aux bleuets. On est rendu là.

J’ai toujours pensé qu’il y avait certaines choses dont on ne pouvait se vanter. Comme faire pipi dans son pantalon, tricher à un examen universitaire ou encourager le travail au noir.

Cette semaine, je suis tombée sur trois femmes qui ne se cachaient pas pour conseiller un homme pour faire des travaux résidentiels. Même qu’elles utilisent Facebook pour dénicher des travailleurs à rabais. «  Quelqu’un connaît une personne pour peinturer une maison?»  C’est comme ça que la dame a trouvé son peintre. Il y a des gens qui ont suggéré des entreprises, mais elle a sans surprise embauché un homme qui chargeait deux fois moins, en argent seulement. 

«  C’était un papa sur le chômage  », s’est rapidement défendue mon amie, comme si son geste était finalement de la charité. 

Quelques semaines plus tard, elle a trouvé un autre travailleur pour refaire un aménagement extérieur. Elle avait demandé une soumission à une entreprise. Le coût : 1700 $. L’homme qu’elle avait déniché via les réseaux sociaux lui a demandé 500 $, en argent, sans facture. Une folle dans une poche! 

C’est ledit travailleur qu’elle conseillait à une autre femme présente dans la discussion qui se tenait dans un milieu de travail. Je les connais bien, donc je me suis permis de questionner un peu leurs pratiques. 

Elles semblaient carrément surprises que je remette en doute leur façon de faire, comme si elles ne faisaient rien de mal. En effet, ce n’est pas elles qui travaillent au noir, mais bien la tierce personne. Mais l’embaucher, c’est un peu l’encourager, non?

Une troisième femme s’ajoute à la discussion. Une mère de famille qui était présente et dont le mari est un travailleur de la construction. «  Mon conjoint aussi fait du noir. C’est essentiel pour des familles de classes moyennes  », insiste celle qui détient une maison d’une valeur de 300 000 $. 

Si les travailleurs de la construction ont besoin du marché noir pour bien vivre, il y a un problème. Tout le monde veut faire de l’argent. Peut-on le dire ouvertement plutôt que de faire semblant d’en avoir besoin pour manger?

«  J’aimerais mieux que le gouvernement s’attaque aux paradis fiscaux qu’au marché noir  », me lance-t-elle, estimant que les gains seraient plus intéressants pour le Québec. 

Vérification faite, les pertes liées au marché noir de la construction sont deux fois plus élevées que celles découlant de l’évasion fiscale. Selon les derniers chiffres du ministère des Finances, on évalue les pertes à 1,5 milliard. Évidemment, ce sont de chiffres à prendre à la légère. C’est quand même une industrie cachée. 

Son mari est loin d’être le seul travailleur de la construction à faire du noir. Ce ne sont pas juste des gens «  pas de cartes  » qui en font. Ne l’oublions pas. 

Québec et les différentes organisations, dont la CCQ, investissent des millions de dollars par année pour combattre le marché noir. Ce sont essentiellement sur les chantiers de construction commerciaux et institutionnels que la surveillance se fait. Plus difficile d’aller dans les maisons privées. 

Même si je n’approuve aucunement leur décision, je comprends tout à fait ces trois consommatrices. Le marché noir semble plutôt un symptôme d’une industrie devenue inaccessible pour plusieurs. Un électricien, un peintre, un poseur de plancher, c’est cher. Même si le résidentiel n’est pas soumis au décret qui fixe les salaires, ce n’est pas tout le monde qui peut se payer ces travailleurs professionnels.

L’employeur doit payer des vacances, des assurances, des locaux. C’est sûr que ça revient plus cher de faire affaire avec une entreprise plutôt qu’un particulier qui cache ses revenus. L’employé coûte plus de 50 $ de l’heure pour le commerce. À 20 $ de l’heure au noir, c’est alléchant. En plus de bénéficier de l’assurance-emploi, le travailleur ne paye pas plus d’impôts, de taxes ou d’autres cotisations.

«  On fait du chômage quelques semaines par année. On doit donc travailler au noir pour augmenter nos revenus. On n’a pas le choix  », avait justifié un travailleur, qui avait accepté de me parler du marché parallèle dans le milieu résidentiel, pour le bien d’un reportage.

Il venait de bien décrire le Québec. Le bien collectif est loin de nos priorités. C’est nos poches en premier. Heureusement, il y a des travailleurs honnêtes qui payent des taxes et des cotisations. Sinon, le «  papa sur le chômage  » ne pourrait pas avoir de prestations d’assurance-emploi pendant les temps morts.

Et ces personnes qui se jouent du système n’ont aucun remord à envoyer leurs enfants à l’école ou à l’hôpital, des services payés par du travail déclaré et légal...

D'une fille à l'autre

La ruée vers l'or

CHRONIQUE / L’argent. Les taxes. Les impôts. Voilà trois sujets qui me passionnent autant qu’un rendez-vous chez le dentiste.

Je n’ai jamais eu de talent avec les chiffres. Et encore moins avec l’argent. Vous me parlez de REER et vos paroles se transforment en bourdonnement entre mes oreilles. Mon cerveau se met en mode comateux durant la période des impôts. Je me rends à un rendez-vous à la banque avec la même excitation qu’à celui chez le gynécologue. 

Bon, vous avez compris le principe. Je ne quitterai sans doute pas cette Terre avec une petite fortune en économies. À moins que je gagne le gros lot. Et, encore là, je risque de l’avoir dilapidé avant de rendre mon dernier souffle. 

Pourtant, je n’ai jamais payé une facture avec du retard. J’angoisse lorsque je vois le montant de ma carte de crédit atteindre un montant X que je me suis fixé pour limite à ne pas dépasser. Je paye mes dettes d’une façon responsable et aucun créancier ne me pourchasse. 

Mon problème, c’est que je suis incapable d’économiser. De piler, comme on dit. 

J’ai bien essayé, pourtant. Mais, «faire de l’argent» n’est pas un talent que j’ai reçu à la naissance. 

Lorsque je parle de «faire de l’argent», c’est accumuler les liasses de dollars dans votre compte chèque ou sous votre lit. C’est devenir propriétaire d’un bien sans devoir passer par la banque pour emprunter. C’est payer «cash» son char ou sa maison. 

J’ai constaté, au fil des ans, que pour faire de l’argent, il faut préalablement avoir de l’argent. Ou prendre des risques calculés. Ou s’enfermer à la maison en attendant que les piasses s’accumulent sans les dépenser au fur et à mesure. Ou vendre de la drogue. Ou travailler au noir.

Je suis donc assez mal partie. Je ne suis pas la fille héritière d’une fortune familiale, je n’aime pas prendre de grands risques boursiers, j’aime un peu trop la dépense, j’ai beaucoup trop peur d’aller en prison pour vendre de la drogue et je ne crois pas avoir les talents recherchés par ceux et celles qui embauchent des travailleurs au noir. 

Je me suis donc creusé les méninges pour dénicher un moyen de me faire un peu d’argent de poche en plus de mon salaire. C’est alors que je me suis tournée vers Kijiji.

Je me suis dit que je pourrais vendre des biens dont je ne servais plus pour renflouer mon compte en banque. 

Souliers de vélo, miroir, réfrigérateur, articles décoratifs; je me suis fait un beau 230$ en un mois. Ce qui donne environ 50$ par semaine. Ç’a payé mon essence, mais je ne me suis pas mis riche avec ça. Mais bon, ce n’est quand même pas si mal. Mais vous comprendrez que je n’ai pas plusieurs réfrigérateurs à vendre dans mon cabanon, alors la ruée vers l’or s’est achevée assez vite merci. 

Et, on va se le dire, vendre des trucs sur Internet n’est pas le passe-temps le plus palpitant qu’il soit. Les messages d’inconnus qui tentent d’économiser 5$, les visites de ces mêmes inconnus à la maison. Les barguineux, les lambineux; la vente via Internet a grugé mon énergie à un point tel que je me sauvais lorsqu’un potentiel acheteur se présentait à la maison, remettant la tâche de la vente à mon chum. 

Ce n’est pas drôle, je suis même poche pour vendre mes propres objets. Par chance, mon chum a été assez gentil pour ne pas me charger une commission sur la vente. Et je ne lui ai même pas donné de pourboire.

Il faut bien faire de l’argent où on peut.