Jocelyn Maltais a été directeur de deux hôtels-boutiques, dont un qui était situé à Lijiang, dans la province du Yunnan.

D'un voyage d'affaires à 15 ans en Chine

Quand Jocelyn Maltais a accepté de produire un spectacle pour la Société du Jardin de Chine de Montréal, en 1994, il n’aurait jamais pensé que cette expérience le mènerait à passer une quinzaine d’années dans ce pays. De retour au Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis février, en raison du contexte sociopolitique qui y règne, il invite tout le monde à en apprendre davantage sur la Chine.

Après de nombreuses années à multiplier les projets d’affaires (voir autre texte), tout allait pour le mieux pour Jocelyn Maltais quand est survenue l’arrestation de la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei, Meng Wanzhou, au Canada.

À partir de ce moment, la crainte s’est installée et, le jour où une policière en uniforme est entrée dans sa classe pendant qu’il enseignait, il a décidé de quitter la Chine. Même s’il ne s’agissait que de la mère d’une étudiante, il n’avait pas le goût de vivre dans ce climat d’incertitude. Il est revenu au Canada en février dernier.

« La Chine me manque beaucoup. C’est une civilisation incroyable, un pays tellement diversifié sur les plans de la géographie, de la démographie, au niveau culturel, de la gastronomie », se remémore-t-il, garantissant qu’un jour, il y retournera, parce qu’il a toujours la passion.

Les nombreuses années qu’il a passées en Chine lui ont permis de découvrir le pays sous tous ses angles. Comme il a été tour à tour professeur, entrepreneur et directeur, notamment, il a pu habiter dans une dizaine de villes et en visiter une trentaine. Il a même pu découvrir d’autres pays comme le Vietnam, le Laos et la Thaïlande, parce que son visa l’obligeait à sortir du pays tous les 60 jours. « J’ai vécu beaucoup d’aventures », admet-il.

Quand il compare le Canada et la Chine, Jocelyn Maltais accuse nos politiciens de manquer de vision. Selon lui, ils sont trop réactifs et pas assez proactifs, ce qui a privé le pays de nombreuses opportunités.

Encore aujourd’hui, M. Maltais est en contact avec des amis chinois grâce au réseau social WeChat. Il assure que la Chine est un pays très sécuritaire où il n’y a aucune crainte d’être attaqué dans la rue, par exemple.

Mais attention, prévient-il. Même si le Chinois « moyen » est très gentil, la situation peut devenir plus compliquée quand on y fait des affaires. « Ils sont incroyables. Ça peut atteindre un certain capitalisme sauvage », dit-il, ajoutant qu’il y a le peuple chinois et le gouvernement chinois, tous deux très différents.

Manque de vision

Quand il compare le Canada et la Chine, Jocelyn Maltais accuse nos politiciens de manquer de vision. Selon lui, ils sont trop réactifs et pas assez proactifs, ce qui a privé le pays de nombreuses opportunités.

« Ils corrigent les problèmes quand ils arrivent au lieu de les prévenir », dénonce-t-il.

Selon lui, les Chinois veulent dominer le monde par l’intelligence artificielle, le Blockchain, etc.

Comme il a été tour à tour professeur, entrepreneur et directeur, notamment, Jocelyn Maltais a pu habiter dans une dizaine de villes et en visiter une trentaine.

« Ils ont compris que ceux qui vont dominer les technologies vont dominer le monde », dit-il, ajoutant que les gens devraient aimer le président américain Donald Trump, car « c’est le seul dirigeant qui se tient debout devant les Chinois. Personne avant lui ne s’était méfié ».

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PLUSIEURS OCCASIONS D'AFFAIRES

L’histoire chinoise de Jocelyn Maltais a commencé alors qu’il était producteur de spectacles, dans la région. Il a été approché par une amie pour participer à la venue d’une troupe folklorique de Chine, au Jardin botanique de Montréal, en 1994. Il a développé une véritable passion pour leur culture après avoir passé un mois avec les membres de la troupe. 

En septembre de la même année, il s’est inscrit à un certificat en études asiatiques à l’Université de Montréal et, pour une des premières fois, il a eu accès à Internet. Il pouvait donc jumeler deux passions : la Chine et le Web.

Ce certificat l’a aidé à obtenir un stage d’un an au Shanghai East China University of Science and Technology, où il était appelé à réaliser une étude de marché sur le déploiement d’Internet en Chine. 

«À cette époque, la Chine, c’était très nouveau pour les Occidentaux. Mon idée était révolutionnaire. J’ai été sélectionné par le directeur de l’université qui a insisté pour que j’y aille», a expliqué M. Maltais lors d’une entrevue avec Le Progrès.

À partir de ce moment, les occasions se sont enchaînées, explique le Saguenéen. Il souligne qu’il a multiplié les rencontres avec des hommes chinois influents, des entreprises, tout en remontant la filière des télécommunications et en apprenant l’anglais et le mandarin «sur le tas». 

C’est d’ailleurs ce qui l’a aidé à fonder la plateforme de e-commerce/start-up Montréal-Shanghai, et malgré un très bon accueil de son projet en Chine, il est «mort de sa belle mort» en raison d’un manque de budget du côté du Québec. Il avait réussi à obtenir un financement de 2 millions $ en Chine, mais pas ici.

Par la suite, de 2001 à 2004, il a occupé le poste de directeur général du Réseau photonique de Montréal où il était responsable de la création et du développement d’une association d’entreprises oeuvrant dans les composantes optiques-photoniques.

Après avoir organisé une mission commerciale en Chine, en 2004, regroupant une trentaine d’entreprises, il a décidé de retourner y vivre. Jusqu’à son retour au printemps dernier, il a successivement été le fondateur d’InSourcia Mobile Application Start-up, directeur des ventes internationales pour Every Glory Packaging Group Limited, directeur général de deux hôtels-boutiques et enseignant/recruteur.