À la moindre prononciation du mot «marcher», Ola penchait la tête et montrait des signes d’excitation. Elle pouvait même japper à la demande de sa maîtresse!
À la moindre prononciation du mot «marcher», Ola penchait la tête et montrait des signes d’excitation. Elle pouvait même japper à la demande de sa maîtresse!

Du réconfort sur quatre pattes

Léonie Arseneault souffre d’un mal invisible, d’un handicap qui n’atteint pas son physique, mais sa santé mentale. D’aussi loin qu’elle se souvienne, la femme de 36 ans a régulièrement fait des crises de panique et souffre d’anxiété. Elle a cependant trouvé une façon d’alléger sa souffrance et ce petit miracle sur quatre pattes se nomme Ola. La petite chienne chihuahua croisée poméranienne la suit partout et lui apporte un réconfort inespéré, mais surtout, elle n’a plus besoin de prendre sa médication.

Ce qu’il y a de particulier, c’est qu’Ola est certifiée chienne d’assistance. C’est donc dire que lorsqu’elle sort avec sa maîtresse, elle est en situation de travail et ne peut être dérangée.

Quand elle sort avec Ola, cette dernière doit être identifiée avec le logo de l’organisme, soit avec un foulard ou un harnais, et Léonie doit avoir en sa possession la carte qui certifie son rôle de chienne d’assistance.

Les chiens d’assistance psychiatrique, même s’ils sont moins connus que les chiens qui accompagnent les personnes malvoyantes ou en fauteuil roulant, par exemple, ont les mêmes droits. Ils peuvent donc aller dans les lieux publics et les règles qui excluent habituellement les animaux ne sont pas appliquées. En fait, le droit d’accompagnement par un chien d’assistance est reconnu par la Charte des droits et libertés de la personne.

La petite chienne de cinq ans – Léonie l’a depuis qu’elle est âgée de 10 mois – est certifiée depuis l’automne par l’organisme Psy’chien, une association française qui a maintenant des racines au Québec, après une formation de 18 mois. « Mais elle me fait beaucoup de bien depuis plus longtemps ! »

Ola est certifiée chienne d’assistance. C’est donc dire que lorsqu’elle sort avec sa maîtresse, elle est en situation de travail et ne peut être dérangée.

Quand elle sort avec Ola, cette dernière doit être identifiée avec le logo de l’organisme, soit avec un foulard ou un harnais, et Léonie doit avoir en sa possession la carte qui certifie son rôle de chienne d’assistance.

Ola a été formée pour reconnaître les signaux d’alarme de Léonie. Elle a suivi une formation et des points précis ont été travaillés avec un éducateur canin. Quand elle sent que la situation peut devenir critique pour sa maîtresse, toujours en lien avec ses crises de panique ou son anxiété, elle sait réagir pour lui venir en aide.

Comme c’est un chien qui avait déjà un bon tempérament et qui savait faire beaucoup de choses, elle n’a pas été difficile à former. Pendant l’entrevue, au moindre appel de sa maîtresse, Ola mettait ses pattes sur sa poitrine et venait se blottir dans son cou. « Elle vient me chercher de l’attention, me donne des coups de patte, des coups de tête, ou elle vient se coller contre moi tout simplement. C’est un signal d’alarme qu’elle me donne, et dans ce temps-là, je me pose des questions sur comment je me sens et je suis capable de redescendre le niveau par la suite », explique Léonie, alors qu’Ola était bien couchée sur elle.

Au quotidien, les bénéfices sont nombreux, se réjouit Léonie, et le premier est qu’elle ne prend plus de médication pour son anxiété.

Ola apporte beaucoup de bénéfices dans la vie de Léonie Arseneault.

« Elle me permet de sortir de façon plus régulière, plus longtemps, sans planifier toujours tous mes déplacements. Elle a baissé mon niveau d’anxiété de façon assez significative », explique celle qui travaille comme technicienne en santé animale à la Clinique vétérinaire Paradis.

Léonie a toujours eu des animaux. D’ailleurs, Ola n’est pas seule à la maison. Elle cohabite avec des lapins et un chat qui, lui aussi, aide sa maîtresse, mais sans formation !

Même si elle ne peut interagir avec les gens qu’elles rencontrent sur leur passage, il en est tout autrement à la maison. « C’est un vrai petit chien », explique Léonie, précisant que son conjoint et la famille ont aussi droit à beaucoup d’affection de la part d’Ola.

« Elle est bien accueillie par toute la famille. Je suis chanceuse d’être bien entourée comme ça », admet-elle.

Pendant l’entrevue, au moindre appel de sa maîtresse, Ola mettait ses pattes sur sa poitrine et venait se blottir dans son cou.

Gens curieux

Léonie avoue qu’elle se fait poser beaucoup de questions par les gens qu’elles croisent, mais selon elle, de façon générale, la petite chienne est bien accueillie. Il y a bel et bien quelques endroits où c’est plus difficile, où les gens sont plus réfractaires, mais ce sont des exceptions.

« J’ai beaucoup de questions, mais c’est normal, étant donné que c’est un petit format. Et ça me fait plaisir de répondre aux gens qui viennent de voir. Ce n’est pas quelque chose de connu dans la région. Mais une fois que j’ai expliqué, les gens comprennent et trouvent ça vraiment le fun. C’est à l’hôpital que j’ai eu le plus bel accueil ! »

Pendant l’entrevue, au moindre appel de sa maîtresse, Ola mettait ses pattes sur sa poitrine et venait se blottir dans son cou.

Léonie se considère quand même chanceuse puisque la petite chienne de neuf livres ignore les gens et est donc en mesure de garder son focus.

Chienne heureuse

Léonie assure qu’Ola est heureuse et réussit à avoir une vraie vie de chien. Elle ne manque de rien, a du plaisir et joue avec sa maîtresse.

« Je me fais souvent dire que c’est triste parce qu’elle travaille toujours, mais on travaille en équipe, mentionne Léonie, expliquant être elle aussi alerte aux signaux de sa chienne. Elle aussi a de mauvaises journées. C’est normal, c’est un être vivant. »

D’ailleurs, pendant l’entrevue, à la moindre prononciation du mot « marcher », Ola penchait la tête et montrait des signes d’excitation. Elle pouvait même japper à la demande de sa maîtresse !

« J’ai l’intime conviction qu’elle comprend plus qu’on pense. »

Évidemment, Ola n’est pas éternelle, et Léonie respectera ses capacités.

« J’y pense tous les jours... Sa certification est réévaluée aux trois ans. Quand elle ne pourra plus travailler, je vous assure qu’elle aura la plus belle retraite du monde ! »

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PSY'CHIEN: DEPUIS PEU AU QUÉBEC

L’organisme Psy’chien a vu le jour en France, mais est implanté au Québec depuis 2016, et c’est au cours des derniers mois qu’il a été enregistré au Registre des entreprises.

Julie Beaulieu, administratrice de la branche québécoise, confirme qu’une cinquantaine de bénéficiaires profitent des services dans la province. Selon elle, des gens témoignent chaque jour des avantages de l’organisme.

«La plupart ont réussi à diminuer leur médication et certains l’ont même complètement arrêtée», se réjouit Mme Beaulieu.

L’organisme est encore méconnu, mais l’administratrice reconnaît que la santé mentale est encore tabou. «Ça se démocratise, mais des personnes disent encore qu’avoir un chien est un caprice, exagéré ou pas nécessaire.»

Pour bien former le chien aux besoins de son maître, les éducateurs canins analysent la liste des symptômes et s’intéressent aux tâches associées.

«Il faut que ça devienne acquis chez le chien», explique Mme Beaulieu.

Pour Léonie Arseneault, l’organisme a fait toute une différence pour elle et continue encore de lui apporter de l’aide.

«C’est vraiment extraordinaire. Psy’chien m’a apporté un soutien vraiment plaisant. Ce sont des gens de coeur, qui nous écoutent, qui nous forment et qui sont toujours là pour nous, pour nous aider à être bien dans le quotidien.»