La classe de Mme Annie a réalisé le projet, mais tous les élèves de l’école de La Pulperie ont partagé un peu de leur récolte de bonbons d’Halloween.

Des petits semeurs d’espoir à La Pulperie

Il n’est jamais trop tôt pour apprendre à faire du bien. Une classe d’élèves de sixième année de l’école de La Pulperie, à Chicoutimi, en sait désormais quelque chose. Il y a quelques mois, aiguillés par leur enseignante Annie Belley, les écoliers ont concocté des boîtes de douceurs destinées à des patients en chimiothérapie. Quelques friandises, mais surtout, des mots d’encouragement, des messages de soutien et des billets porteurs d’espoir.

Réunis autour d’une table dans leur salle de classe mercredi, alors que la cloche marquant la fin de l’année scolaire était sur le point de sonner, quatre élèves généreux ont expliqué avec beaucoup de sensibilité les tenants et aboutissants de l’initiative qui les a mobilisés en début d’année. Thomas Tremblay, Marilou Lévesque, Mila Desautels et Justine Girard, tous inscrits dans une concentration du programme sport-arts-études, ont expliqué que plusieurs membres de la classe ont été touchés par le cancer au cours des derniers mois. Certains d’entre eux, Mila par exemple, ont perdu un proche. D’autres ont dû composer avec la maladie. C’est notamment le cas de Justine, dont la grande soeur de 14 ans, Aurélie, est aux prises avec un cancer des ganglions. Quand leur professeure, elle aussi directement concernée par la maladie, a lancé l’idée d’inviter chaque enfant de l’école à partager une partie de sa récolte de bonbons d’Halloween dans le but de colliger des boîtes de douceurs, les écoliers sous sa supervision ont unanimement accepté de porter le projet. C’était une initiative toute simple, profondément humaine et débordante de bienveillance.

«Au fond, tout le monde fournissait un peu de ses bonbons et on les mettait dans des pots Mason. Mais l’important pour nous, ce n’était pas vraiment les bonbons. On a voulu “focusser” sur les petits mots qu’on mettait à l’intérieur», a expliqué Mila Desautels, 12 ans, qui excelle en ballet et en danse contemporaine.

Ces micros missives étaient composées par les élèves eux-mêmes, à partir de propositions émises par Annie Belley, qui procédait également à la correction des textes. Repliés plusieurs fois, les billets, scellés d’une gommette, contenaient des notes manuscrites signées par chaque élève. Ainsi, des adultes atteints de cancer et en cours de traitement ont pu lire des notes inspirantes comme : «Garde espoir et tu iras mieux», «Les rêves sont ta seule limite», «On peut trouver le bonheur même dans les moments les plus sombres» et «Quand tout est fichu, il y a encore le courage». Il y avait de quoi retrouver temporairement le sourire.

Investis
Les élèves participants, dont la plupart évoluent dans la classe d’Annie Belley depuis deux ans, se sont investis à fond dans ce projet communautaire empreint d’altruisme. Les quatre porte-parole du groupe, qui avaient plein de choses à raconter au sujet de cette expérience formatrice, ont confié que le fait de prendre la plume à l’endroit d’une personne gravement malade, de s’arrêter pour penser à elle et à ses proches et de colliger une boîte de douceurs à son intention les a remués.

«Moi, je n’ai pas été touchée par le cancer cette année, mais c’est comme si je l’avais été. Tout le monde devrait s’y mettre. C’est gratuit et ça fait du bien», a mentionné la pianiste, chanteuse et accordéoniste, Marilou Lévesque.

L’enseignante de sixième année à l’école de La Pulperie de Chicoutimi, Annie Belley, a initié un projet communautaire avec ses élèves. Marilou Lévesque, Thomas Tremblay, Mila Desautels, Justine Girard et leurs camarades de classe ont préparé des cruchons remplis de friandises et de mots d’encouragement destinés à des patients en chimiothérapie.

Altruistes
Oui, faire du bien ne coûte rien et c’est ce qu’Annie Belley a voulu inculquer à ses élèves. Par ricochet, elle souhaitait semer une graine et leur donner envie de s’impliquer dans des projets à caractère communautaire ou axés sur le bénévolat.

«Le communautaire fait partie de l’éducation, même si on n’a pas toujours le temps de s’investir dans des projets autant qu’on le souhaiterait. Je trouvais ça important de montrer qu’on peut faire des choses gratuitement, sans rien attendre en retour», a fait valoir l’enseignante, pour qui dire au revoir à ces enfants allumés, pour la plupart sous son aile depuis deux ans, n’allait pas se solder sans yeux mouillés.

Non, les enfants n’ont rien reçu en échange de leur geste, sauf peut-être le texto d’un patient qui voulait témoigner de sa gratitude et leur dire merci. Cette rétroaction, dans sa plus simple expression, a fait briller encore plus le regard bleu de Justine Girard, une championne de cheerleading qui s’est dite immensément fière d’avoir posé un geste de générosité aussi concret.

«Ça prouve qu’on est capable de le faire», a-t-elle mis en relief.

Réconfortants
Son camarade de classe, Thomas Tremblay, n’est pas juste doué en athlétisme. Il est aussi un garçon au grand coeur et un champion de la rédaction de billets motivants. C’est comme s’il avait pris un peu de sa propre détermination, celle qui lui permet de courir sur la piste et de propulser le disque, pour en mettre une quantité en pots.

«J’ai décidé de prendre mon propre argent pour acheter des gommettes, que j’utilisais pour fermer mes messages. Ce que j’ai le plus aimé dire aux gens c’est ‘‘lâche pas, je pense à toi, c’est vraiment bientôt fini’’. Juste leur dire qu’il y avait quelqu’un qui pensait à eux, je pense que ça les aidait beaucoup», a-t-il souligné.

Marilou Lévesque, elle, a puisé du réconfort en écrivant aux destinataires que «ça allait bien aller et de ne pas perdre espoir».