Julie Houle et Claudia Ébacher sont toujours très énergiques!

Dans les coulisses de La Poule

Près d'un million de personnes la regardent chaque semaine. Certains, billets en main, ont l'espoir de voir les chiffres chanceux se matérialiser à l'écran. D'autres en ont fait leur plaisir coupable du mercredi soir. Une chose est sûre, après 24 années sur les ondes de TVA, La Poule aux oeufs d'or occupe toujours une place de choix dans le coeur des Québécois. La chroniqueuse et journaliste Catherine Doré a vécu l'expérience des participants...sans le lot qui vient avec!
Il est autour de 13 h. Un petit groupe est réuni autour d'une grande table dans un local de la tour TVA, à Montréal. Plusieurs semblent nerveux, les conversations sont rares. Dans moins de deux heures, ils réaliseront le rêve de plusieurs : participer à l'émission La Poule aux oeufs d'or
L'émission chouchou des Québécois en sera à une 25e saison au mois d'août. Les décors ont changé au fil des ans, les écrans tactiles ont remplacé les panneaux, mais le concept est toujours le même : deux participants s'affrontent lors de chaque jeu. Ils doivent d'abord tourner trois roulettes, puis trouver en premier trois oeufs sur un tableau interactif pour espérer pouvoir choisir entre l'oeuf ou l'enveloppe. Le tout ne dure que six petites minutes !
Aujourd'hui, on retrouve six participants autour de la table, et une accompagnatrice. Le couple, originaire de Sorel-Tracy, travaille en duo : elle achète les billets et lui les gratte. « Ça fait 24 ans qu'on écoute l'émission chaque semaine », lance-t-il, tout sourire. L'équipe de Loto-Québec a remis à chaque participant une petite « poule antistress » : il conservera la sienne fermement dans sa main jusqu'au début de l'émission...
En face d'eux, une femme avoue l'inavouable : elle écoute l'émission depuis quelques semaines seulement. « Je n'ai pas eu le choix ! C'était la première fois que j'achetais un billet. J'avais gagné 2 $, j'ai racheté un billet et j'ai gratté trois symboles "tirage". Je ne savais même pas ce que cela voulait dire ! , raconte-t-elle en riant. En plus, c'était samedi et Loto-Québec était fermée. Je suis allée au dépanneur, et là non plus on ne pouvait pas m'aider... Je peux vous dire que lundi matin à la première heure j'appelais à Loto-Québec ! »
À ses côtés, une autre participante a eu la surprise de gagner sa place grâce à la combinaison maison. « J'étais avec mon fils, et vous savez comme les numéros disparaissent vite. J'essayais de reculer l'émission avec la télécommande, mais ça ne marchait pas ! »
Elle n'a pas poussé de grands cris en réalisant qu'elle irait à l'émission. « Ce sont les gens autour de moi qui étaient plus énervés que moi. Le gars du dépanneur m'a regardé longtemps ! », rigole-t-elle.
Les préparatifs
Avant de passer à l'émission, les participants reçoivent des directives de Marie-Josée Laplante, des Services aux consommateurs, et de Jean Tremblay, responsable des tirages, tous deux employés de Loto-Québec. On leur explique le déroulement de l'émission et on leur fait un « quizz » avec les cartons qui peuvent survenir pendant le jeu. Coq d'or, double jaune, coq qui chante... tous les scénarios possibles sont présentés. 
Avant de passer aux choses sérieuses, Jean Tremblay rappelle aux participants de sourire (« la télé, ça ne pardonne pas »), de donner un bon coup pour les roulettes, mais surtout de s'amuser.
« Laissez-vous diriger. J'ai le meilleur animateur en ville (Guy Mongrain). Faites-lui confiance. Vous pouvez oublier des choses, c'est normal. Suivez son rythme. On n'est pas en direct, on sait où arrêter, où reprendre. Amusez-vous, ça passe très vite, croyez-moi ! »
Place à l'émission !
Les frais de ce reportage ont été payés par Loto-Québec.
Source: Loto-Québéc
Du hasard dans du hasard
Une loterie télévisée comme La Poule aux oeufs d'or demande des règles strictes et un contrôle serré. Un p'tit gars d'Alma, Jean Tremblay, est le chef d'orchestre de l'émission depuis ses débuts, il y a 24 ans.
Chef du service des tirages pour Loto-Québec, Jean Tremblay se décrit comme un cuisinier. « J'ai avec moi un livre de recettes, qui contient toutes les marches à suivre. Avec les années, il a beaucoup épaissi. S'il survient quelque chose pendant l'émission, j'ouvre mon livre et je suis la recette, c'est aussi simple que cela », explique M. Tremblay. 
La loterie, c'est un jeu de hasard. La Poule n'échappe pas à cette règle. Jean Tremblay explique qu'avant chaque saison, les cartons arrivent en paquet de l'imprimeur. L'équipe se charge d'avoir 24 cartons précis pour chaque émission (on ne voudrait pas deux gros lots le même soir !). Puis, comme pour un jeu de cartes, les cartons sont brassés. Ils passent ensuite un à un dans l'ensacheuse, qui donne cette belle enveloppe métallisée. Encore une fois, les enveloppes sont mélangées. L'équipe prend ensuite les enveloppes et les mets dans des boîtes. Les boîtes sont entreposées dans un coffre-fort à TVA. Deux personnes, une de Loto-Québec et une de la firme Deloitte, doivent être présentes en même temps pour pouvoir ouvrir la porte. Elles choisissent une boîte avant chaque émission. Un ordinateur décide ensuite quelle enveloppe va dans quel oeuf. La 3e dans le 21, la 8e dans le 2, etc.
« C'est du hasard dans du hasard », assure le responsable des tirages. 
L'équipe technique participe chaque semaine à un « Pool de poule », où ils misent un 2 $ sur l'endroit où sera caché le gros lot. « Si je savais où se trouvait le gros lot, vous pouvez être certain que l'on ne pourrait pas faire ce pool-là », précise-t-il.
La Poule aux oeufs d'or, c'est un succès unique qui fait l'envie de plusieurs stations télévisées à travers le monde.
« Les gens veulent connaître la recette de notre succès, confirme Jean Tremblay. C'est la seule loterie télévisée qui a duré aussi longtemps. Price is right, ce n'est pas une loterie, c'est différent. »
« Les revenus des ventes de billets vont à Loto-Québec, tandis que ceux des ventes publicitaires vont à TVA. C'est un "win-win" pour tout le monde », conclut l'Almatois.
L'animateur, Guy Mongrain, adore discuter avec l'auditoire avant l'émission...et même pendant!
Un plaisir pour Guy Mongrain
La Poule aux oeufs d'or, c'est une équipe technique réglée au quart de tour, une franche camaraderie, et surtout un animateur apprécié du public. Guy Mongrain anime La Poule depuis 24 ans. Il a été remplacé à quelques occasions, mais il demeure bien en poste après plus de 1000 émissions.
Facile d'approche, Guy Mongrain ne se fait pas prier pour discuter avec le public. Il n'y a pas d'animateur de foule à l'émission, M. Mongrain s'en charge, de même que le responsable des tirages, Jean Tremblay. Entre les deux, la complicité est évidente... et les taquineries fusent.
« Est-ce qu'on est obligé de garder le vieux monsieur qui est à côté des deux belles filles ? », lance Jean Tremblay, avant le début de la répétition officielle. 
Après l'émission, Guy Mongrain et ses coanimatrices, Claudia Ébacher et Julie Houle, restent pour se faire prendre en photo avec quiconque en fait la demande.
« C'est extraordinaire comme émission. On veut montrer que la télé peut être le fun. On veut que les gens en profitent, car ça passe vite », commente M. Mongrain. 
« Ce n'est pas de l'ouvrage pour moi ! Si le plateau était plate, je ne viendrais pas. »
Situations cocasses
En 24 saisons, il est arrivé plusieurs situations cocasses. Un ancien footballeur, heureux d'avoir remporté le gros lot, l'avait soulevé de terre en le prenant dans ses bras. Un autre avait perdu ses pantalons au moment de tourner les roulettes.
« Il y a déjà eu une dame qui avait eu 40 000 $ dans l'enveloppe et qui n'était pas contente. Je lui ai dit "ben là, ce n'est pas moi qui l'ai choisie !" », se souvient-il.
L'enveloppe contenant 40 000 $ est d'ailleurs un montant charnière : avant l'enregistrement, on invite les participants à réfléchir à ce qu'ils feront si ce montant est tiré. Et M. Mongrain, que ferait-il ?
« En tant qu'observateur, je dirais que ça dépend du montant du gros lot. Quand le gros lot est au début, le 40 000 $ a de la valeur. Mais quand il est à 900 000 $, comme il y a quelques semaines, le taux de tolérance au risque n'est plus le même », explique-t-il.
Le saviez-vous?
• Lors des jeux chance-oeufs (advenant un doublé sur les roulettes), les participants peuvent demander le lot en argent, plutôt que le chèque-cadeau ou la voiture. L'équipe de Loto-Québec demande aux participants leur préférence avant l'émission, au cas où...
• Un participant repart avec un minimum de 5000$...
• Loto-Québec chouchoute ses gagnants. Ceux-ci ont droit à une ou deux nuits au chic Hyatt Regency de Montréal, en plus de voir leurs repas et leurs frais de déplacement payés pour eux et leur accompagnateur...
• Jamais une émission n'a été annulée en raison d'une tempête. « C'est pour cette raison que l'on paie l'hôtel. On appelle la veille pour s'assurer que tout le monde est arrivé. Si on sait qu'une tempête est prévue, on va leur demander d'arriver une nuit plus tôt », explique Marie-Josée Laplante, des services aux consommateurs...
• L'émission est enregistrée en après-midi et diffusée le soir même à 19h30. Il y a un peu de montage, mais certaines séquences, comme l'ouverture des enveloppes ou les roulettes, doivent être conservées intégralement pour assurer l'intégrité du jeu...