Le pape François a prononcé un discours lundi, au Vatican.

Cette Terre, notre soeur et mère

CHRONIQUE SPIRITUALITÉ / À la suite de son encyclique Laudato Si’ parue en 2015, le pape François a désigné le 1er septembre de chaque année Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création. La Terre, écrivait-il, est « notre maison commune ».

Cette riche lettre s’inspire largement du fameux Cantique des créatures de saint François d’Assise. Pas étonnant ! François est beaucoup plus que le « Saint aux oiseaux ». Son émerveillement devant l’oeuvre de la création l’a amené à reconnaître l’Auteur. Au tout début de son cantique, il l’exprime clairement en parlant du « frère Soleil » : « de toi, le Très-Haut, il nous offre le symbole ».

« Notre maison commune »
« Ce beau cantique, dit le pape François, nous rappelle que notre maison commune est aussi comme une soeur, avec laquelle nous partageons l’existence, et comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts. Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre soeur et notre mère la Terre, qui nous soutient et nous gouverne et produit divers fruits, avec les fleurs colorées et l’herbe. »

Parmi tous les éléments de la création que saint François qualifie de soeur ou de frère, la Terre est la seule à être gratifiée du nom de « mère » en raison du fait qu’elle « nous nourrit ».

En nous faisant le cadeau de son encyclique sur l’écologie, le pape François a choisi d’appeler la Terre « notre maison commune ». Le scientifique environnementaliste bien connu David Suzuki a été, dit-il, « tellement ému de lire cette encyclique qu’il l’a lue à trois reprises ». Il affirme même qu’il aurait aimé écrire ce texte, tellement qu’il rejoint sa vision.

Saint François a chaleureusement appelé la Terre « notre soeur et notre mère ». Nous sentons dans ces expressions toute l’affection qu’il porte aux éléments créés sortis du coeur de Dieu.

Le lien affectif, chargé de reconnaissance, appelle également au respect. Notre mère nous a donné la vie, et notre soeur nous aide à nous ouvrir à la dimension humaine par des relations harmonieuses.

On retrouve ces deux responsabilités dans l’encyclique du pape François : respect de toute la création et bonification des relations humaines.

Notre survivance
La Terre si malmenée et exploitée de nos jours ne pourra certainement pas assurer très longtemps notre survivance, tant que le seul objectif sera d’en retirer des profits économiques. Il faut alors changer nos comportements envers la Terre. Nous ne sommes pas propriétaires de la Terre ; elle nous accueille, nous permet de cohabiter et nous donne la nourriture, et la beauté qui nous éveille à l’admiration, à la pacification, à la contemplation et à la louange.

En donnant le qualificatif de « soeur et de frère » aux êtres vivants qui ont reçu le souffle divin, saint François reconnaît que tous les humains n’ont qu’un seul Père et que de ce fait, l’humanité entière est toujours appelée à une plus grande fraternité. On ne peut améliorer notre rapport avec l’environnement sans bonifier la qualité de nos relations humaines. Sans compter que les humains sont appelés non pas à dominer la création, mais à en favoriser son plein épanouissement.

Loué sois-tu, mon Seigneur, toi qui nous inspires des actions qui protègent notre maison commune, celle que tu as créée et que tu nous confies.

Père France Salesse,

capucin