Une visite de la Vieille prison de Trois-Rivière permet de découvrir les conditions de détention des prisonniers, un quotidien qui s’inspire du témoignage d’anciens détenus dont celui du guide Réjean.

Ces lieux qu'on aime: une heure de vacances en prison

CHRONIQUE / Un commerce, un coin de rue ou un parc méconnus, un endroit pour rencontrer ou relaxer : les villes regorgent de lieux qu’on aime, souvent loin des circuits plus traditionnels. Cet été, les chroniqueurs des six journaux de Groupe Capitales Médias vous amènent à la découverte de ces petits trésors, de Québec jusqu’en Outaouais, de la Mauricie à l’Estrie ou au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Rendez-vous chaque jeudi de l’été.

L’été annonce les vacances qui symbolisent la liberté. Le dernier endroit qui nous vient en tête pour en profiter, c’est «en dedans», derrière les barreaux.

C’est pourtant dans une cellule que Réjean s’est retrouvé en juin 1977 et qu’il nous donne rendez-vous, 42 ans plus tard.

L’ancien détenu est devenu guide à la Vieille prison de Trois-Rivières, une destination de prime abord pas très invitante qui mérite le détour et pas seulement un jour de pluie. Dépaysement assuré.

Cette chronique s’inscrit dans une série intitulée «Ces lieux qu’on aime». Je m’étonne moi-même de vous proposer une visite au cachot alors que mon premier réflexe, quand sonne la pause estivale, est d’aller m’évader dans les sentiers pédestres du parc national de la Mauricie, pour ne pas le nommer.

Mais voilà. Cela faisait longtemps que j’avais envie de remettre les pieds dans ce lieu où la vue des cellules peut déclencher la chair de poule même si on ressent une vague de chaleur à l’extérieur.

Classée monument historique, la Vieille prison est intégrée au Musée POP, anciennement connu sous le nom de Musée québécois de culture populaire, en plein centre-ville.

Classée monument historique, la Vieille prison est intégrée au Musée POP, anciennement connu sous le nom de Musée québécois de culture populaire, en plein centre-ville.

Je ne peux pas juger des compétences des autres guides qui n’ont pas tous le passé carcéral de Réjean, mais j’avoue qu’une tournée en sa compagnie ajoute une puissante dose de réalisme. Tant qu’à découvrir le quotidien de ceux qui y ont purgé leur peine, aussi bien le faire avec un gars qui n’a jamais oublié les odeurs infectes qui s’en dégageaient... et qui ne se gêne pas pour nous les décrire.

Cela ne s’appelle pas une visite-expérience pour rien. On ne fait pas que déambuler à l’intérieur des murs de pierre du bâtiment qui a ouvert ses portes en 1822 avant de fermer en 1986 pour insalubrité.

Le concept du témoignage vise à nous raconter l’histoire de la Vieille prison à travers les yeux d’une homme qui met les choses au clair avant que la porte de métal se referme bruyamment derrière nous. Réjean ne veut pas être photographié ou filmé durant la visite d’environ 75 minutes.

«Je ne suis pas recherché», précise le guide avec humour avant d’expliquer que ses petits-enfants ne sont pas au courant du vécu de leur papi. L’homme de bientôt 60 ans n’est pas encore prêt à leur raconter. Ça viendra, mais pas tout de suite et encore moins ici.

Réjean se contente de nous dire qu’il a été incarcéré à quelques semaines d’avoir 18 ans. «J’ai fait une connerie, une stupidité...»

Condamné à un mois et demi de détention, il a finalement été libéré des années plus tard. Là aussi, le guide ne donne pas de détails sur les raisons qui ont alourdi sa peine.

«Je dis toujours qu’on sait à quelle heure on entre en prison, mais qu’on ne sait jamais à quel âge on en sort.»

Nous étions une quinzaine de personnes, tous des adultes, à prendre le départ avec celui qui parle de la réalité carcérale avec un mélange d’émotions qui le remuent encore et de vérités crues.

Il se souvient de son arrivée, menottes aux poignets et aux pieds, du bruit de la porte de métal qui grince en ouvrant, des fouilles, des pleurs ou des regards intimidants de codétenus avec qui il faut partager l’étroitesse étouffante des lieux...

La prison a été construite pour y accueillir une quarantaine de détenus. Ils étaient 130 à l’été 1977 où on a l’impression, en écoutant Réjean, de sentir l’humidité crasseuse des lieux.

«Il n’y a jamais eu de toilettes dans les cellules. De 10h le soir à 7 h le matin, tu étais enfermé avec un seau à merde.»

Si les fèves au lard mangées la veille ne passaient pas, c’était l’enfer, confirme le guide qui ne fait pas toujours dans la dentelle lorsqu’il décrit les conditions de détention.

Généralement, la visite de la Vieille prison n’est pas accessible aux moins de 12 ans, mais sur le site du musée, il est mentionné que durant la saison estivale, une visite «adaptée» est proposée aux enfants de 8 à 11 ans.

Un avertissement est cependant émis voulant que la visite des cachots peut être «angoissante» pour certaines personnes et que les propos tenus durant la visite «ne sont pas pour les enfants»... À vous d’en juger. Il faut savoir que le plancher du sous-sol, où se situe «le trou», est fait de terre battue. Il n’y a pas de lumière et des chaînes sont encore fixées au mur. Réjean nous invite à s’y rendre pour constater l’état des lieux, mais lui, c’est non. Il reste derrière, songeur.

La Vieille prison est un centre d’interprétation sur la vie carcérale. Ce n’est pas la maison des horreurs quoique sept hommes y ont été exécutés par pendaison, la dernière ayant eu lieu en 1934.

Pourquoi Réjean a-t-il accepté ce travail qui implique de le replonger chaque fois dans de très mauvais souvenirs? Notre guide en liberté pourrait en profiter pour se balader à moto ou s’adonner à l’ornithologie, ses deux passions.

«Ça n’a pas été facile de revenir, mais je le fais pour eux autres», dit-il en pointant les plus jeunes du groupe, des gars et des filles âgés entre la fin de l’adolescence et le début de l’âge adulte.

Parler de son passé trouble, c’est sa façon de prévenir des conneries aux sérieuses conséquences.

«Je ne suis pas placé pour vous donner des conseils...», commence par leur dire Réjean avant de conclure la visite par cette mise en garde qu’il peut se permettre en toute connaissance de cause: «Faites votre jeunesse, faites votre possible, mais tenez-vous loin de la prison.»

Ces lieux qu'on aime

Ces lieux qu'on aime: le pont de la tour Eiffel

C’est un merveilleux coin du centre-ville de Gatineau qu’on appelle « le pôle culturel de la municipalité ».

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Ces lieux qu'on aime

Ces lieux qu'on aime: incursion au temps de la guerre froide

Au début des années 1960, la question n’était pas de savoir « si » un holocauste nucléaire allait décimer l’humanité. Mais « quand ».

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Ces lieux qu'on aime

Ces lieux qu'on aime: à vélo entre fleuve et champs sur la Côte-du-Sud

Pour certains, l’été et les vacances sont synonymes de festival d’été, de plages, de glissades d’eau ou de clubs de golf. Pour moi, un plaisir estival est de parcourir à vélo Saint-Michel de Bellechasse, Saint-Vallier, Berthier-sur-Mer et Saint-François-de-la Rivière-du-Sud.

Une sortie d’une soixantaine de kilomètres sur la rive sud du Saint-Laurent impossible à faire en gardant les yeux rivés sur sa roue ou sur celle de la personne qui nous précède.

Aucune ambition d’améliorer quelque peu son chrono lors de cette randonnée sur la route 132, les rues principales de villages parmi les plus beaux du Québec, le chemin Lemieux, la route de Saint-François, la route 228 et la Montée de la Station. Ce sont les yeux qui sont surtout sollicités pour ne rien échapper. 

Vous ne faites pas de vélo ou vous préférez les pistes cyclables où vous n’avez pas à vous préoccuper des automobiles? Pas de problème. Prenez la voiture et arrêtez-vous en chemin. 

À vélo ou en auto, on éprouve une succession de petits bonheurs à réaliser ce parcours qui conjugue fleuve, terre et patrimoine.

Le fleuve Saint-Laurent et ses îles. Le décor qui change au gré des marées. Les marinas. Les fermes prospères. Les champs qui se déclinent en différents tons de vert avant de passer au doré. Des villages fiers de leur passé et leurs maisons ancestrales joliment fleuries. Quelques commerces qui proposent des produits du terroir.

Des occasions de se remplir les yeux, les narines et le ventre.

Je ne suis pas seule à faire ce type de pèlerinage estival dans ce coin du Québec. À la crèmerie Glaces et Délices, à Saint-Michel de Bellechasse, j’ai croisé en juillet une femme venue de Montréal sur sa moto pour admirer une fois de plus le village où elle a été pensionnaire pendant trois ans au couvent des sœurs de Jésus-Marie, aujourd’hui le collège Dina-Bélanger.

Peggy Hayes, la jeune soixantaine, se rappelle le bonheur d’avoir profité enfant de la proximité du fleuve et d’une vue sur l’île d’Orléans au quotidien. La sévérité de certaines religieuses n’est qu’un lointain souvenir, mais non la beauté et la douceur du village de Saint-Michel. 

Ces lieux qu'on aime

Ces lieux qu'on aime: des chutes, des plages et des bleuets

En été, le Lac-Saint-Jean, c’est un grand territoire d’eau, de plages et de bleuets qui poussent au coeur de la grande forêt boréale. Avec son relief plat, il faut toutefois parcourir avec minutie cet immense territoire pour repérer tous les petits bijoux qui s’y trouvent. Et le secteur de la 9e Chute, à Albanel, fait partie de ces joyaux à découvrir.

Chronique

Ces lieux qu'on aime: porté par le vent de la plage Jacques-Cartier

CHRONIQUE / Un commerce, un coin de rue ou un parc méconnus, un endroit pour rencontrer ou relaxer : les villes regorgent de lieux qu’on aime, souvent loin des circuits plus traditionnels. Cet été, les chroniqueurs des six journaux de Groupe Capitales Médias vous amènent à la découverte de ces petits trésors, de Québec jusqu’en Outaouais, de la Mauricie à l’Estrie ou au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Rendez-vous chaque jeudi de l’été.

C’était l’heure bleue, celle d’avant la nuit. Une lune pleine a surgi sur les hauteurs de Lévis, irradiant les cimes et jetant sur le fleuve un pont d’or. Un troisième lien singulier, en oblique des deux autres. 

Je me suis arrêté. La lumière s’est arrêtée aussi. Quand je suis reparti, elle s’est mise à me suivre. 

Nous avons joué ainsi un moment, jusqu’à ce que la lune, en s’élevant, perde ses couleurs et emporte avec elle son pont d’or. 

Le bord de fleuve, de Cap-Rouge à Sillery, offre ainsi mille moments à saisir, chaque fois différents selon le temps qu’il fait, les saisons ou les heures. 

La portion de la plage Jacques-Cartier, à l’ouest des ponts, est à mon avis un des plaisirs les plus méconnus de cette ville. 

C’est un des plus beaux parcs de Québec, mais aussi un symbole de courage. C’est là qu’a commencé le retour au fleuve dans les années 1980. L’ex-mairesse Andrée Boucher l’avait «arrachée», littéralement, à des propriétaires de chalets privés.

Ceux-ci ont fait place depuis à 2,6 kilomètres de bonheur public.

Un sentier de terre battue courant entre le fleuve et la falaise verte, bordé de grandes aires gazonnées ombrées, d’une plage de terre rougeâtre, de rochers et d’herbes hautes. 

Un mobilier minimal : tables à pique-nique, bancs, lampadaires et pavillon de services tapi dans la falaise (toilettes, abreuvoir, machines distributrices). 

J’y ai déjà vu un food truck un jour d’été, mais mieux vaut ne pas y compter. On apporte son lunch (et sa bouteille de vin). Ce n’est pas permis, mais toléré si vous savez vous tenir. 

On vient à la plage en auto. Accès près du boulevard Pie-XII/chemin Saint-Louis. Il y a du stationnement. Accès aussi par la marina de Cap-Rouge, au pied de la côte du même nom. On suit le chemin asphalté sur 400 mètres bordés par des résidences privées. Le sentier de la plage commence ensuite.

On peut y venir aussi à vélo, mais soyez prévenus. Il faudra l’abandonner à l’entrée, la plage étant «velo non grata».

L’interdit tient au manque d’espace, dit la Ville, mais je n’y crois pas. L’espace est là. Sans doute craint-on pour la quiétude de la plage.

La baignade est interdite aussi. La qualité de l’eau le permettrait plusieurs jours par été, comme à la batture de Beauport, mais la Ville trouve plus simple de l’interdire, ce qui évite de payer pour le contrôle de qualité et la surveillance. Dommage. 

Ces lieux qu'on aime

Ces lieux qu'on aime: de la bière, de la bouffe, mais surtout des gens

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Ces lieux qu'on aime

Ces lieux qu'on aime: le paradis troué

CHRONIQUE / Un commerce, un coin de rue ou un parc méconnus, un endroit pour rencontrer ou relaxer : les villes regorgent de lieux qu’on aime, souvent loin des circuits plus traditionnels. Cet été, les chroniqueurs des six journaux de Groupe Capitales Médias vous amènent à la découverte de ces petits trésors, de Québec jusqu’en Outaouais, de la Mauricie à l’Estrie ou au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Rendez-vous chaque jeudi de l’été.

La première fois, je n’étais ni habillée ni chaussée pour l’occasion. Normal, je m’en allais bruncher. C’est ma sœur et son amoureux, en sortant du resto, qui ont proposé de nous initier. Finalement, malgré ma robe soleil, je me suis débrouillée de brillante façon.

Ces lieux qu'on aime

Ces lieux qu'on aime: sortie éco-romantico-touristique au Parc Aventures Cap Jaseux

CHRONIQUE / Un commerce, un coin de rue ou un parc méconnus, un endroit pour rencontrer ou relaxer : les villes regorgent de lieux qu’on aime, souvent loin des circuits plus traditionnels. Cet été, les chroniqueurs des six journaux de Groupe Capitales Médias vous amènent à la découverte de ces petits trésors, de Québec jusqu’en Outaouais, de la Mauricie à l’Estrie ou au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Rendez-vous chaque jeudi de l’été.

Le Parc Aventures Cap Jaseux, à Saint-Fulgence, campé sur les rives du fjord du Saguenay, propose le plus romantique des types d’hébergement en plein air. Il me semble que si j’avais à choisir une place pour vivre une tendre nuit avec la femme de ma vie couchée sous les étoiles (1), j’opterais pour un dôme vitré ou une sphère suspendue de ce parc saguenéen.

Chronique

Ces lieux qu'on aime: la cour arrière la plus cool à Québec

CHRONIQUE / Un commerce, un coin de rue ou un parc méconnus, un endroit pour rencontrer ou relaxer : les villes regorgent de lieux qu’on aime, souvent loin des circuits plus traditionnels. Cet été, les chroniqueurs des six journaux de Groupe Capitales Médias vous amènent à la découverte de ces petits trésors, de Québec jusqu’en Outaouais, de la Maurice à l’Estrie ou au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Rendez-vous chaque jeudi de l’été.

J’ai découvert l’endroit par hasard il y a quelques années, une journée de canicule, les enfants ont détalé dès qu’ils ont aperçu de l’eau. Et j’ai eu le réflexe que nous avons trop souvent.

«Sortez, ce ne doit pas être permis de se baigner là.»

C’était permis.

Nous nous promenions au Vieux-Port sur le bord du fleuve, je n’avais pas remarqué en contrebas de la terrasse du Café du monde cette espèce d’îlot de fraîcheur, que j’avais pris pour un simple aménagement urbain, ce genre d’aménagements qui ne sont là que pour faire joli.

Comme les fontaines.

J’ai cherché en vain les règlements, il devait bien y en avoir, il y a des règlements partout, jusqu’au mode d’emploi pour se laver les mains. Pas de règlements. Incroyable, mais vrai, il semble qu’on se fie au bon jugement des parents. Et ça fonctionne. Les marmots se rafraîchissent dans l’eau et les parents s’assurent qu’ils le fassent en sécurité, sans arroser le gentil monsieur assis pas loin.

Et la beauté du concept, c’est que les parents aussi peuvent se rafraîchir.

Il y a un bar.

Tenez-vous bien, il y a même une pataugeoire. Mais une pataugeoire pour adultes, les chaises et les tables y étant installées, de sorte que vous pouvez siroter les pieds dans l’eau une limonade ou un gin-tonic, que vous ayez le goût d’alcool ou non. Il y a l’embarras du choix pour boire, de la sangria à la barbotine, en passant par le scotch.

Et 70 sortes de bières.

L’endroit est tenu par le Festibière, qui l’a simplement baptisé La cour arrière du Festibière et qui s’occupe aussi de l’ambiance, souvent reggae et latino, des rythmes festifs et tropicaux. Il y a même quelques trucs à grignoter, la pizza saura assurément plaire à toute la famille.

Le gros danger est de ne plus vouloir partir.

Vos enfants non plus.

Les miens passent le plus clair de leur temps à monter et descendre ce que j’ai baptisé l’escalier-cascade, où l’eau qui déboule sur les blocs de bétons étagés procure une grisante illusion d’optique, comme si on faisait du surplace. Essayez-le, c’est un peu comme emprunter un escalier roulant à contresens.

Ça bat bien des jeux d’eau.

Même chose pour le mur d’eau que la marmaille peut s’amuser à traverser comme un rideau de théâtre. Un antidote aux coups de chaleur et… de magnifiques photos assurées, le bonheur des enfants étant à son comble. 

Et tout ça, c’est complètement gratuit.

Face au fleuve.

Dans les commentaires que j’ai lus, l’expression «on se croirait dans le Sud» revient souvent, tout comme «c’est une belle découverte», comme quoi, ironiquement, l’endroit qui est dans un des secteurs les plus fréquentés de la capitale demeure un secret relativement bien gardé. 

Maintenant que vous le savez, n’oubliez pas le maillot de vos enfants si vous passez par là. Vous ne le regretterez pas.

Un bémol revient aussi dans les commentaires, les verres en plastique jetables. Des internautes suggèrent une alternative en plastique réutilisable, le verre — cassable — n’étant pas vraiment une option.

Il y a toujours place à amélioration.

Mais côté formule, difficile de faire mieux, difficile de trouver un concept aussi «gagnant-gagnant» pour profiter des belles journées d’été, un compromis parfait entre les piscines municipales où on «relaxe» sur un plancher de béton et les terrasses classiques où les enfants s’ennuient, quand ils y sont admis.

C’est tellement différent de tout ce qu’on retrouve en ville qu’on a l’impression d’être ailleurs tout en étant en plein cœur de la carte postale.

Sentiment étrange.

J’aime ce sentiment, celui de me sentir touriste dans ma propre ville, où je suis née et où j’ai grandi. Cette ville que je pense connaître comme le fond de ma poche continue de me surprendre, j’y découvre régulièrement des coins dont j’ignorais l’existence, comme cet îlot tropical au bord du Saint-Laurent.

Comme le parc Cavalier-du-Moulin, que j’ai découvert il y a quelques années en empruntant les rues derrière le Château Frontenac. J’aboutis dans ces endroits en marchant sans but, en m’étonnant de trouver de nouveaux chemins, de nouveaux espaces. En flânant avec mes garçons.

Comme l’écrivait Pierre Sansot en 2008 dans Du bon usage de la lenteur, «flâner, ce n’est pas suspendre le temps, mais s’en accommoder sans qu’il nous bouscule.»

J’aime.