Campagne de séduction massive

CHRONIQUE / Je ne vous apprends rien en vous disant que la campagne électorale municipale bat son plein. Si plusieurs élus ont déjà été couronnés sans opposition la semaine dernière, d’autres tenteront de séduire la population d’ici le 5 novembre, jour de scrutin aux quatre coins du Québec.

Comme toute bonne citoyenne, je suis avec intérêt ce que les différents candidats ont à offrir, afin de savoir à qui j’accorderai ma confiance.

Je dois avouer que je suis une électrice assez méfiante. J’ai bien de la difficulté à faire confiance au premier venu, mais je suis du genre à laisser la chance au coureur.

Je suis aussi comme ça en amour.

Je compare d’ailleurs souvent la politique à une relation amoureuse. Et c’est encore plus flagrant lorsqu’on se retrouve en campagne électorale. Une campagne de séduction. Tous essaient de ravir le cœur de la population. Certains s’y prennent bien, d’autres moins.

Il y a des politiciens qui ont ça dans le sang, séduire une population. Il y en a d’autres pour qui ça prend un peu plus de temps. Ils doivent travailler plus fort pour ravir le cœur d’un électeur.

Comme en amour

C’est comme en amour. Il y en a pour qui ça marche toujours au premier coup. D’autres doivent user d’imagination, de stratagèmes et de promesses farfelues pour finir par avoir une réponse positive de la personne qu’ils convoitent. On est gentil, on promet la lune, on participe à des activités qui ne nous plaisent pas nécessairement, on fait semblant de s’intéresser à des sujets qui nous ennuient, on se met sur notre 31, on sourit. Les politiciens font la même chose lorsque vient le temps d’être élu.

Il y a les coups de foudre, aussi. Vous savez, lorsqu’on tombe éperdument amoureux d’une personne sans la connaître. En politique, il y en a aussi, des coups de foudre. Des vagues de changement, des candidats purement inconnus élus avec une forte majorité. On ne les connaissait ni d’Ève ni d’Adam et voilà qu’ils se retrouvent avec un siège autour de la table du conseil ou à l’Assemblée nationale.

Il y a aussi ceux qui tirent partout en même temps, qui courent plusieurs lièvres à la fois, comme on dit.

Ce genre de personnes, on les voit surtout en pleine campagne électorale. Vous savez, ces candidats qui sont partout. On s’imagine qu’ils ont des clones tellement ils participent à toutes les activités inimaginables. Le problème, c’est que, trop souvent, ils veulent tellement séduire le plus de monde possible qu’ils ne prennent pas le temps de le faire convenablement. Ils restent 10 minutes à un endroit avant de partir pour une autre activité. 

C’est certainement bien de rencontrer le plus de monde possible, mais encore faut-il prendre le temps de le faire. Sinon, les électeurs, tout comme les conquêtes, se sentiront comme un simple numéro. Et, ce n’est un secret pour personne, ceux qui courent plusieurs lièvres à la fois finissent souvent en solitaires.

Vices cachés

Il y a les vices cachés, aussi. Certains candidats, comme certaines conquêtes, sembleront tout simplement parfaits. Ils mèneront leur campagne de séduction de main de maître, mais une fois la relation engagée et la confiance accordée, ils révéleront un trait de caractère jusque-là inconnu. Et ils décevront. Trop tard. Une fois élus. Une fois marié.

Il y a évidemment les malchanceux. Ceux qui auraient pourtant tout pour séduire, mais qui restent en retrait, faute de charisme et de confiance. Comme ces éternels célibataires qui, même s’ils ont toutes les qualités nécessaires pour entreprendre une belle et longue relation, ne sont simplement pas capables de franchir le premier cap.

Et il y a évidemment les relations qui s’éternisent, malgré les mauvais moments, malgré l’amour qui s’étiole. Des relations qui deviennent au fil du temps une habitude, un confort malsain qui ne nous satisfait plus.

Les bonnes raisons

En amour comme en politique, il y a des menteurs, des infidèles, des profiteurs, mais il y a aussi ceux qui se lancent pour les bonnes raisons. Ceux qui feront tout pour que leur population soit heureuse et comblée.

Et comme l’a si bien dit Guy Nadon, il faudrait que les politiciens tombent plus souvent en amour avec leur population qu’avec le pouvoir. Mais ça, ce n’est pas donné à tout le monde. Autant en amour qu’en politique.