Environ quatre fois par an, la LCBO, l’équivalent ontarien de la SAQ, propose une sélection de bières par thématique. On y retrouve, très souvent, de très belles cuvées. Il est possible de commander en ligne et de se faire livrer partout au Canada.

Comment se procurer de la bière du monde entier?

CHRONIQUE / Je vous l’avais promis la semaine dernière : voici quelques conseils pour vous procurer de la bière provenant de l’extérieur du Québec.

En dépanneur/Épicerie

Il n’est pas nécessaire de courir bien loin pour trouver des bières importées. Plusieurs d’entre vous auront sûrement remarqué le choix de bières du monde entier disponible chez votre détaillant préféré. Toutes les bières disponibles dans un établissement ayant un permis de vente d’alcool appelé « permis d’épicerie » doivent avoir un « pied-à-terre » sur le sol québécois. Très souvent, il s’agit de brasseries québécoises qui représentent des brasseries du monde entier. Soit par contrat de distribution, soit par association, les brasseries étrangères faisant partie du même groupe qu’une brasserie locale. Par exemple le groupe Labatt, propriété du numéro un mondial AB-Inbev, a comme mandat de représenter les marques du groupe au Québec. Il est donc facile de trouver de la Leffe, de la Hoegaarden et toute autre bière du portefeuille du géant brassicole chez de très nombreux détaillants. Même son de cloche du côté de Molson et Sleeman avec différentes marques. Même les microbrasseries régionales s’intéressent aux bières importées, permettant d’agrandir un porte-feuille de produits qui peuvent plaire aux épiciers, mais surtout aux restaurateurs. Par contre, les bières étrangères présentées ne sont pas très exotiques pour un amateur de bière averti.

En LCBO

Seule la SAQ a les coudées franches pour importer les bières de son choix sans nécessité d’avoir un « pied-à-terre » québécois. Par contre, comme expliqué la semaine dernière, ce n’est pas sa force. On y retrouve bien quelques bonnes bouteilles du côté des bières trappistes, mais pas de quoi intéresser l’amateur curieux. C’est du côté de la LCBO (équivalent ontarien de la SAQ) qu’il faut se tourner avec ses très nombreuses campagnes de pro-motion et d’importation de bières. Environ quatre fois par an, la LCBO propose une sélection de bières, par thématique. On y retrouve, très souvent, de très belles cuvées. Il est possible de commander en ligne et de se faire livrer partout au Canada, mais profitez-en pour visiter Ottawa, la capitale fédérale, et vous arrêter à la succursale de King Edward. On y retrouve une très belle sélection de vins ontariens également. Pour les plus pressés, la succursale de Hawkesbury propose un choix plus discret. Surveillez le site www.lcbo.com pour vous tenir informé.

On ne traverse pas de l’alcool si facilement entre les provinces. Chaque province a le mandat de gérer ses propres lois et règlements sur l’alcool. Depuis janvier 2014, il est possible d’acheter de l’alcool d’une autre province et de traverser les douanes provinciales. Ben oui, on ne pouvait pas le faire avant. Les quantités maximales de bières sont de 24,6 litres pour chaque transport et la consommation se doit d’être privée uniquement.

En importation privée

Comme le vin et les spiritueux, il est possible d’importer de la bière en passant par la SAQ. Elle vous sera vendue uniquement par caisse et le temps de traitement entre la commande et la réception des produits varie grandement. Si une agence représente la brasserie et vous propose un catalogue de produits, vous aurez également des droits d’agence à payer. Il est donc important de calculer le coût total par caisse et le diviser par bouteille. Les chiffres s’enflamment parfois très vite. Une bouteille vendue 3 euros en Belgique peut très facilement être vendue autour de 20-25 $ au Québec. Ce n’est donc pas le choix le plus économique. 

Attention également aux frais d’agence, considérant que le prix demandé par la SAQ est lié uniquement au produit importé, les agences ont pour habitude de charger un « frais d’agence » par caisse. C’est leur salaire pour la gestion du dossier. Ces coûts varient entre 7 et 20 $ par caisse.

Se déplacer sur place

Qu’à cela ne tienne, me direz-vous, allons la chercher sur place. Très bonne idée, vous aurez ainsi l’occasion de profiter d’un voyage brassicole fort plaisant. Mais on ne peut importer librement de l’alcool au Québec, la SAQ impose des limites et c’est à l’ASFC (Agence des services frontaliers du Canada) de s’assurer que vous respectez les limites.

Si vous avez passé 48 heures ou plus à l’extérieur du Canada, vous pouvez importer un maximum de 8,5 litres de bière avec exemption de droits et de taxes. Pour un voyage de moins de 48 heures, vous ne pouvez profiter d’exemptions de droits ou de taxes. Par contre, il est convenu que vous pouvez rapporter 9 litres de bière, mais vous serez taxés.

Comment l’ASFC calcule-t-elle la durée de votre voyage ? On ne tient pas compte du jour de départ, mais du jour d’arrivée. Donc un départ le vendredi avec un retour le dimanche est considéré comme un voyage de 48 heures puisque vous êtes sorti du pays le samedi et le dimanche. 

En ligne

L’achat de bières sur des sites de vente en ligne est risqué. Seule la SAQ a le droit de livrer de la bière en utilisant les services de Postes Canada par exemple. Acheter de la bière sur un site de vente en ligne européen et espérer que votre commande arrive à bon port, c’est jouer à la loterie à chaque commande. Parfois, ça fonctionne, parfois non.

Détaillants et bars

Le détaillant spécialisé possède un « permis d’épicerie », il lui est donc impossible d’avoir des bières importées par des agences ou la SAQ par exemple. Pourtant, l’ouverture de l’importation à ce type de commerce permettrait d’offrir une très grande sélection de bières du monde entier et garantir la pérennité des commerces spécialisés. Un dossier à suivre.

De plus en plus de bars et restaurants proposent une carte de bières importées, très souvent dans le circuit des importations privées. Une très belle occasion de goûter des bières du monde entier, mises en valeur par les talents culinaires du chef sur place.

Trouver des bières importées peut très vite devenir un passetemps que seuls les plus motivés accompliront sans relâche. Faites-vous des amis dans le monde de la bière, si vous êtes chanceux, ils reviendront d’un voyage à l’extérieur de la province, leurs valises pleines de bières à partager.