«Ayoye, ça fait ben mal ça, arrête…!»

CHRONIQUE / « Ayoye, ça fait ben mal ça, arrête… ! »

Cette phrase, mesdemoiselles ou mesdames, l’avez-vous déjà dite cette fois où vous avez eu, tentez, voire même juste espérez une relation sexuelle ? Ces douleurs gynécologiques, une calamité mettant certainement la vie sexuelle de jeunes ou moins jeunes femmes trop souvent et trop longtemps en veilleuse. Parce que rabrouer le sexe pour un mal à la tête, ça passe encore, mais pour un mal de vulve, de vestibule, de vagin, en voilà une tout autre réalité qu’encore aujourd’hui peu de gens reconnaissent par faute d’explications scientifiques médicales précises. Que faire alors de cette perturbation physique qui, soit dit en passant, s’avère tout à fait réelle ?

Qu’est-ce que c’est ?

Souffrir des organes génitaux, ça ne signifie pas seulement et uniquement avoir bobo quand vient le moment d’être pénétrée. Au-delà de la souffrance vaginale, il est possible que certaines dames ressentent plus qu’un inconfort au simple contact des organes génitaux avec les doigts de quiconque, exerçant pressions, effleurements, caresses minimes. C’est ce que l’on nommera la vulvodynie.

La vestibulite vulvaire se caractéristique par une sensation de démangeaison, brûlure, écorchure au vestibule, soit cette petite partie de l’anatomie faisant office d’entrée du vagin. « Un cactus », voilà comment cette patiente me comparait le doigt ou le pénis de son chéri cherchant à entrer en elle. Rien d’amusant jusqu’à maintenant. 

Vient enfin le vaginisme, souvent conséquent aux deux premières difficultés, se caractérisant par un spasme involontaire, répété et persistant, de la musculature du vagin. Ne s’introduit pas alors qui veut dans cet orifice fermé à double tour, excluant autant le sexe de l’homme, le speculum que le minuscule cure-oreille. L’obliger s’avèrerait une réelle torture pour sa propriétaire. 

Pourquoi ?

Le DSM-V reste constant sur ce point. Pour qu’il y ait diagnostic, il faut qu’il y ait davantage qu’une explication physiologique. La ménopause, la sécheresse vaginale, l’hypertonicité du plancher pelvien, les problèmes utérins, hormonaux, alouette, ne peuvent expliquer à eux seuls le mal du jour. C’est plus que ça…

Vous l’aurez compris, l’aspect psychologique entre alors grandement en ligne de compte. La peur, les problèmes conjugaux, l’anxiété de performance, une attitude négative à l’égard de la sexualité, des antécédents d’abus sexuels, les problèmes d’excitation, de désir, l’absence d’autoérotisation, des raisons pour que ça fasse mal, en voulez-vous ? Je vais vous en nommer ! Quand le corps parle, ne reste qu’à l’écouter… à chacune sa cause. 

Ça se soigne ?

Parce qu’éviter tous rapports sexuels consiste trop souvent à gérer ces maudites douleurs gynécologiques. Toutes femmes souffrantes doivent savoir qu’il y a de l’espoir. Oui, j’en ai vu en guérir, mais non sans se munir à la fois d’une volonté de fer, de patience, mais aussi d’une aide multidisciplinaire plus que nécessaire. Une affaire d’équipe !

L’aspect physique nécessite certes ce spécialiste qu’est le gynécologue, grand manitou des crèmes, pilules, consultations physiques, voire même chirurgicales, dans certains cas. 

Viennent ensuite les sexologues, lesquels permettent à la fois la désensibilisation, l’éducation face à la reprise de la sexualité, l’ajout de méthodes de gestion de la douleur, des rouages de la communication et bien sûr l’enseignement d’exercices de base en lien à l’autoérotisation, etc. 

Finalement, puisque l’adage « grouille ou rouille » s’avère applicable ici, la physiothérapeute se voit une alliée essentielle afin de rééduquer chacun des muscles périnéaux figés dans le temps et étant en cause avec les douleurs.

Parce que quand ça fait mal, ce n’est pas normal, rien ne sert d’endurer son calvaire. Omettre sa sexualité, ce n’est trop souvent que déplacer le problème. Pour toute aide, faites-moi signe !