Depuis cinq ans, la famille Perron apprend à gérer le diabète de type 1 de Léo. Le jeune est insulino-dépendant et une pompe injecte de l’insuline directement dans son organisme.

À Boston pour Léo et pour le diabète

Comme s’il n’avait déjà pas assez de pain sur la planche en se levant à l’heure des poules chaque jour pour prendre soin de ses bêtes, l’agriculteur Dominic Perron s’entraîne pour un marathon. Les coureurs avertis savent à quel point la préparation pour une course de 42 kilomètres peut être exigeante. Le jeu en vaut toutefois la chandelle pour le Baieriverain, puisque les fonds qu’il amasse en vue de l’événement iront à l’organisme Diabète Saguenay. Ce sont donc des enfants comme son fils Léo, 13 ans, qui en tireront profit.

Dominic Perron pratique la course à pied depuis 2013, un sport qu’il affectionne beaucoup. L’homme de 40 ans oeuvre aussi sur la ferme familiale, aujourd’hui administrée par une sixième génération de Perron. Il y a deux ans, le coureur s’est fixé pour objectif de participer au marathon de Boston, un événement prisé des athlètes, mais pour lequel il faut se qualifier en complétant un circuit de 42 kilomètres dans un délai précis, fixé selon le sexe et l’âge. Dans le cas de Dominic Perron, 40 ans, le seuil minimal était 3 h 15. 

« Le printemps dernier, j’ai fait le marathon des Érables, en Montérégie. J’y suis allé ‘‘safe’’ et j’ai fait un temps de 3 h 06. Je pouvais donc m’inscrire pour Boston. L’automne dernier, j’ai décidé de joindre l’utile à l’agréable en amassant des fonds pour Diabète Saguenay. L’occasion était belle pour donner de la visibilité à cet organisme, qui offre des camps d’été pour les jeunes diabétiques de tout l’Est du Québec », a expliqué Dominic Perron, au cours d’une entrevue téléphonique.

Le lien avec la cause passe par son fils Léo, atteint de diabète de type 1. Il a reçu ce diagnostic il y a cinq ans et est aujourd’hui insulinodépendant. C’est donc dire qu’une pompe lui injecte de l’insuline en continu. Lorsque Léo a été diagnostiqué, l’ensemble de la famille Perron a dû s’adapter à cette nouvelle réalité. À huit ans, l’enfant devait être bien encadré pour gérer sa consommation de glucides. Une veille devait être exercée par ses parents afin de surveiller ses glycémies (taux de sucre dans l’organisme).

« Il a reçu son diagnostic tout juste après la Saint-Valentin. Il avait tous les signes d’hyperglycémie. Il était très faible et avait perdu beaucoup de poids. Au début, ç’a été une adaptation et maintenant, Léo est très autonome dans sa gestion de sa condition. Il est aussi un garçon très résilient. Comme parents, tout ce qu’on a à faire, c’est l’encadrer et le soutenir du mieux qu’on peut et lui fournir de l’encouragement. Ce qui est important, c’est de prévenir et de s’assurer qu’on a assez d’insuline et de matériel pour ne pas en manquer », met en relief Dominic Perron. 

Vivre avec un enfant diabétique nécessite également que les parents aient une prise réaliste au sujet de ce qui peut survenir.

« C’est certain qu’à la longue, il y a des dangers à faire beaucoup d’hypo ou d’hyperglycémies. La santé des doigts, des pieds et des yeux est importante et il faut s’assurer d’un niveau de salubrité maximal », explique le père de trois enfants. 

Il existe en effet diverses complications du diabète, parmi lesquelles se trouve « le pied du diabétique ». Cette condition se définit par une ulcération ou une destruction du tissu du pied, infecté ou non, causée par une neuropathie périphérique. Elle toucherait environ 20 pour cent des patients atteints. Personne d’autre, chez les Perron, ne souffre de cette maladie auto-immune. 

Services appréciés 

Les activités offertes et les services dispensés par Diabète Saguenay sont grandement appréciés de la famille Perron. Léo adore participer au camp estival à Montmagny. C’est pour cette raison que Dominic Perron a informé la direction de l’organisme régional qu’il avait l’intention de courir pour son bénéfice. 

« Je pense que c’est la première fois que quelqu’un fait une campagne de financement pour eux. Mis à part un brunch annuel, qui leur permet d’amasser environ 10 000 $, ils n’ont pas beaucoup de sources de financement. C’est une cause qui n’est pas connue tant que ça et elle me tient à coeur », ajoute l’agriculteur.

Par souci de transparence, Dominic Perron a lancé une campagne sur le site internet Canadon. Il a invité les gens à contribuer à l’initiative. Au départ, l’objectif était de recueillir 1000 $. En début de semaine, il avait franchi la barre des 2000 $. L’argent continue d’entrer dans les coffres. « Je suis vraiment très surpris et heureux de constater la générosité des gens. Maintenant, il reste la marchandise à livrer ! », lance Dominic Perron, qui s’avoue nerveux à trois semaines de la course.

Dominic Perron, ici photographié au marathon des Érables au printemps dernier, a déjà amassé 2000$ pour la cause du diabète. Il fera le marathon de Boston en avril

«On pousse la machine un peu»

Dominic Perron note que le fait d’évoluer sur une ferme lui procure une bonne force musculaire et de l’endurance physique. La course est devenue partie prenante de sa vie, mais il admet que le programme d’entraînement du marathon s’avère très accaparant.

« En ce moment, j’accumule beaucoup de volume alors ce sont des sorties qui sont assez longues. On essaie de maintenir la forme malgré le fait que le corps est très sollicité. Je me lève chaque matin à 4 h 30 pour m’occuper de la ferme et je cours entre 50 et 60 kilomètres par semaine. C’est sûr que je ressens une certaine fatigue accumulée. On sent qu’on pousse la machine un peu. J’ai hâte d’avoir passé cette séquence de volume. À partir du 2 avril, je vais diminuer un peu et intégrer plus de natation », explique Dominic Perron.

En plus du stress lié à cette course longue distance, le père de Léo, Éloïse et Eliott confie qu’il s’est ajouté une pression supplémentaire avec la campagne de financement. Il veut remplir l’engagement qu’il a pris envers les donateurs de compléter le marathon.

« On part pour Boston toute la famille ensemble. J’ai tellement hâte de vivre mon marathon. Je vais décoller avec mon plan de match et pour la suite, je vais espérer que tout se déroule pour le mieux », a-t-il confié.

Inspirant

Beaucoup de gens abordent Dominic Perron pour lui parler de l’expérience qu’il s’apprête à vivre et lui dire qu’il est inspirant. L’épithète de héros que lui accolent certaines personnes étonne le principal intéressé.

« Tant mieux si ça peut laisser une trace ou une idée dans la tête de ceux qui auraient envie de se mettre à bouger. Moi, je pense que courir un 5 ou un 10 km, c’est déjà immense. L’important, c’est de trouver du temps pour faire de l’activité physique », note Dominic Perron.

Le 16 avril, l’agriculteur Baieriverain Dominic Perron courra le marathon de Boston au profit de l’organisme Diabète Saguenay. Son fils Léo, 13 ans, est atteint de la maladie.