Une photographe inspirée par le confinement

CHRONIQUE / Photographe amateur depuis six ans, Johannie Tremblay avoue que ce loisir est vital pour son équilibre, et encore plus en ce temps de pandémie.

La jeune mère de trois enfants ne cache pas ses émotions quant au confinement, qu’elle trouve parfois difficile. Du haut de ses 28 ans, elle a l’habitude de vivre au quotidien avec ses petits âgés de 6 ans, 3 ans et 1 an. « Mais j’ai l’habitude de bouger avec eux, de voyager et de faire des sorties, explique-t-elle. Là, je suis prise dans la redondance de la routine. »

La femme de La Baie trouve aussi très pénible de ne plus avoir de vie sociale, alors que son conjoint continue de travailler. Derrière la lentille de son appareil photo, le confinement la force à sortir sa créativité, en se limitant à un seul lieu : sa maison. Sur sa page Facebook, elle partage régulièrement les photos inspirées de son quotidien. Du lavage de l’épicerie en passant par la visite de ses amis du haut de leur balcon, elle aiguise son oeil de photographe. « Je n’aurais jamais pensé faire ça sans le confinement. »

Cet autoportrait ton sur ton de Johannie Tremblay a été réalisé sous le thème coloré « Ça va bien aller », un soir de confinement.

Ce besoin de créer lui permet de rester occupée. « La photo est devenue comme une drogue. La nuit, je pense à des concepts que je pourrais faire. »

Dès qu’elle finit un projet, Johannie en entame un autre. « Je suis une passionnée de plantes. J’en ai au-dessus de 150 à la maison. Je passe le confinement principalement à m’occuper de mes enfants et de mes plantes », poursuit-elle.

C’est ainsi qu’un matin, en se levant et en arrosant ses plantes, elle a eu l’idée de faire un autoportrait d’elle en miniature et de recréer ce geste quotidien à l’aide d’un montage impliquant plusieurs photos.

Johannie Tremblay a immortalisé le confinement de quelques familles à travers leurs fenêtres, dont celle-ci, de Chicoutimi, composée de Sabrina Ménard, Thomas Coulombe, Romy Coulombe et Sonny Villeneuve Coulombe.

Cette passion pour la photo a débloqué avec l’arrivée de son premier enfant, en 2014, charmée par la beauté de ce petit être. Il est devenu son premier sujet pour la photo. « Depuis ma dernière grossesse, je consacre beaucoup plus de temps à la photo. »

Celle qui étire son congé de maternité, pour en profiter avec ses enfants, offre à ses amis de faire des séances photo. « Je fais aussi de la photo pour des compagnies québécoises qui veulent plus de visibilité sur le Web, mais je veux que ça reste un passe-temps, ajoute-t-elle. Je ne voudrais pas que ça devienne un travail. J’aurais peur de perdre ma passion. »

S’étant longtemps cherchée, Johannie sait maintenant que le travail de ses rêves devra lui permettre de développer son côté créatif.

Un matin, en se levant et en arrosant ses plantes, Johannie Tremblay a eu l’idée de faire un autoportrait d’elle en miniature et de recréer ce geste quotidien.

Formation

Pour améliorer son talent en photo, Johannie n’a pas suivi de formation spécifique. « J’ai pratiqué beaucoup et appris par essais et erreurs. »

En 2017, elle a néanmoins suivi une petite formation conceptuelle d’une heure avec Maryline Rivard, une photographe professionnelle. Puis, l’an passé, en joignant le Club de photo de Chicoutimi, elle a adhéré à un groupe Facebook composé d’une centaine de personnes qui se lancent des défis et s’entraident beaucoup. « Ça aide pour les projets et c’est plus motivant. Je me motive beaucoup avec mon amie Caroline Fournier, qui fait un peu la même chose que moi. On se pose des questions et on échange beaucoup de trucs. »

Par-dessus tout, Johannie Tremblay a lu beaucoup de livres, écouté des tutoriels sur Internet et posé des questions. « J’ai aussi fait plusieurs heures de Photoshop avec une amie graphiste afin de comprendre la base de ce logiciel », conclut la photographe.

L’aîné de Johannie a l’habitude de voir cette rue bondée d’enfants, alors que la brigadière fait traverser les écoliers. En ce soir ensoleillé de pandémie, il est seul dans une rue déserte.