Pour présenter son élevage dans différents événements, Yan Bouchard a élevé une petite biche au biberon. Zoé et son ami le mouton vivent ensemble, à l'écart du troupeau de cerfs rouges.

Une nouvelle salle de débitage à Saint-Bruno

CHRONIQUE / Yan Bouchard, un jeune entrepreneur de 21 ans, vient d'ouvrir les portes de sa salle de débitage installée au 1061, 3e Rang à Saint-Bruno. Malgré les 20 000 $ investis dans son nouveau projet, il ne cumule aucune dette.
Étudiant en génie électrique, Yan a aussi un travail à temps partiel et un élevage de cerfs rouges lui permettant d'investir dans son entreprise Au bois du cerf. N'ayant pas peur de l'ouvrage, il a passé une partie de l'été à la Baie-James pour exercer son travail de technicien en électricité. Il a aussi le privilège d'habiter chez son père, Bertin Bouchard, qui lui laisse la possibilité d'exploiter le grand terrain familial. C'est à même la grange que le jeune entrepreneur a bâti sa boucherie.
Encadré par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), il a tout fait dans les règles de l'art afin que son entreprise soit dans les normes. Il a, entre autres, coulé un plancher neuf et fait des murs lisses pour faciliter le nettoyage. Évidemment, il a eu l'aide de son père frigoriste et de son frère Maxime. Il a aussi engagé un de ses amis qui est charpentier. Au bout de 20 jours, c'était mission accomplie !
Services
À la boucherie Au bois du cerf de Saint-Bruno, le propriétaire offre un service de chambre froide pour faire vieillir la viande de gibier. L'espace peut accueillir une vingtaine d'orignaux. Éric Côté, un boucher d'expérience, assurera les coupes et l'emballage de la viande. Yan Bouchard agira comme assistant. « Je compte aussi engager d'autres personnes, comme ma blonde, pour les moments plus achalandés. J'ai aussi des amis qui veulent travailler à temps partiel », précise le jeune entrepreneur.
Histoire
Tout a commencé en 2011, alors que l'adolescent de 15 ans demandait l'autorisation à ses parents pour démarrer un élevage de cerfs rouges sur une partie de leur grand terrain situé à Saint-Bruno, au Lac-Saint-Jean. Ses parents acceptèrent avec joie d'accompagner leur fils dans cette aventure entrepreneuriale. Entre les études, le travail, l'amour et les amis, ce projet aurait très bien pu s'essouffler. Or, le nombre de bêtes de l'élevage Au bois du cerf a pourtant doublé en six ans. « Je ne suis pas le seul entrepreneur dans ma famille. Mon père et mon parrain ont chacun leur entreprise », raconte Yan Bouchard. D'ici un an, il prévoit même acheter la maison familiale, là où sont installés ses animaux et sa salle de débitage.
Projets
L'élevage Au bois du cerf s'est dernièrement fait approcher par différents restaurateurs qui souhaitent offrir de la viande de cerf à leurs clients. « Le gibier d'ici coûte très cher, car on doit faire abattre nos bêtes à Québec », constate Yan Bouchard. Mais pas question de baisser les bras. Dès l'an prochain, il souhaite s'équiper et s'adapter pour éventuellement devenir distributeur de cerfs rouges. La naissance de sa salle de débitage est un pas de plus dans la bonne direction. « Si je veux vendre ma viande de cerf au détail, je devrai obtenir un permis de plus et ma boucherie devra être classée C1 », projette-t-il.
Zoé
Pour présenter son élevage dans différents événements, Yan Bouchard a élevé une petite biche au biberon il y a deux ans. « Je l'ai nourrie au biberon pendant trois mois. Pendant huit jours, elle buvait tout les quatre heures, nuit et jour », se remémore l'éleveur de cerfs. Zoé est devenue très sociable et très peu nerveuse, comparativement à ses semblables. Elle peut être en liberté sur le terrain, avec son ami le mouton qui lui tient compagnie. Elle vit séparément du reste du troupeau de cerfs, avec lequel elle n'a développé aucune affinité. « J'ai essayé de la mettre avec le reste du troupeau, mais les cerfs la rejetaient », conclut-il.