La rencontre du hasard de Rejeanne Belley et Sarah Lamontagne s’est résultée par la naissance d’un livre. Les voici lors du lancement de L’éclat.

Une enseignante jeannoise devient auteure et éditrice

CHRONIQUE / À sa retraite, Sarah Lamontagne projetait d’écrire un livre pour aider les jeunes à développer un intérêt pour la lecture.

Les plans de l’enseignante en français à la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets se sont précipités quand elle a fait la rencontre de Réjeanne Belley, en mars 2015.

« Je faisais de la motoneige avec mon conjoint, quand nous nous sommes arrêtés dans un chalet voir des membres de notre famille. Une voisine de chalet est venue se présenter à moi. Réjeanne Belley me précise avoir suivi un cours pour écrire sa vie, mais elle est incapable », se remémore Sarah.

En quelques minutes, la femme de 73 ans déboule son incroyable histoire, témoignant de sa résilience face aux gens qu’elle a perdus autour d’elle. « Depuis le temps que tu dis que tu veux écrire ! C’est ta chance », lance la nièce de Sarah, débordante d’enthousiasme.

« Je n’ai jamais écrit de livre. Et je voulais écrire pour aider les jeunes. Je ne suis pas prête », tente de se convaincre Sarah.

« Je suis certaine que tu vas me rappeler et que c’est toi qui vas écrire mon histoire », conclut Mme Belley.

Au printemps 2019, après quatre années de travail, le roman biographique inspiré de l’incroyable vie de Réjeanne Belley voyait officiellement le jour.

Impossible de laisser ce témoignage sous silence. « Il faut donner cet héritage aux lecteurs. Tout le monde se reconnaîtra à travers les épreuves de Mme Belley », réfléchit l’enseignante. Au bout de deux semaines, Sarah décide d’appeler la sympathique dame. « Je savais que vous alliez me rappeler », souligne joyeusement Mme Belley.

Quelques jours après avoir commencé cette aventure littéraire, Sarah se retrouve clouée au lit, dû à des problèmes respiratoires. Le projet d’écriture est sur la glace, puis reprend doucement son cours. La maman de deux grands enfants dans la vingtaine apprivoise son nouveau rôle d’auteure en faisant le deuil de sa carrière d’enseignante, dû à de fortes allergies.

« On avait convenu qu’à chaque chapitre, j’allais lui relire à voix haute son histoire, mais je me limitais au niveau des émotions parce que je voyais que ça ébranlait Mme Belley. » C’est ce que lui reproche aussi la maison d’édition à qui elle envoie un premier jet de son manuscrit. « Après ce refus, je me suis remise à l’écriture en proposant à Mme Belley de lire le manuscrit seule, une fois qu’il serait terminé », poursuit Sarah.

Souhaitant être libre d’écrire tout ce qu’elle veut, la critique reçue par la maison d’édition lui donne envie de pousser encore plus loin. « J’ai suivi une formation à distance pour créer ma propre maison d’édition. »

Pour baptiser son entreprise, à l’hiver 2019, Sarah repense à sa soeur, décédée à 29 ans, qui l’encourageait si souvent à écrire. C’est en pensant à elle que l’éditrice met un papillon sur le logo de sa maison d’édition. Et ce projet est un peu une folie, d’où le nom des éditions La Fo Lit.

C’est en 2019 que le roman biographique inspiré de Réjeanne Belley voit le jour après six rencontres avec l’inspirante femme. « Sans son témoignage, je n’aurais jamais commencé à écrire. C’est aussi grâce à l’écriture de ce livre si j’ai réussi à faire le deuil de mon métier que j’adorais et que j’ai pratiqué pendant 25 ans », conclut Sarah Lamontagne.

La suite

Dans l’obligation de laisser derrière elle sa carrière d’enseignante, Sarah consacre maintenant tout son temps à ses projets d’écriture. À son lancement, en avril 2019, plus de 250 personnes étaient présentes. En quelques mois, 500 exemplaires de son premier livre ont trouvé preneur. « On dirait qu’on est assis au cinéma, qu’on regarde un film et qu’on veut savoir la fin », lui confient les lecteurs de son roman. Sa présence au Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean, en septembre, l’a énergisée pour continuer sur cette lancée. Inspirée par la vie et l’inévitable mort qui emporte ceux qu’on aime, l’auteure prête aussi sa plume aux gens en fin de vie. « Vous voulez transmettre un souvenir à vos proches et les mots vous manquent. Je vous offre ma plume, gratuitement, pour composer votre dernier message qui exprime l’amour, la fierté, l’encouragement ou le pardon », écrit-elle sur la page Facebook de La Fo Lit. L’auteure s’affaire à mettre sur papier des histoires teintées d’humour afin de répondre au premier objectif qu’elle s’était fixé, soit inciter les garçons à lire.