Damien Gauthier et sa fille Josée Gauthier vivent un projet entrepreneurial inspirant grâce à l’argousier qu’ils cultivent sur leur terre familiale au Lac-Saint-Jean.

Un projet père-fille inspiré par l’argousier

CHRONIQUE / Il y a une quinzaine d’années, Damien Gauthier plantait quelques arbustes d’argousiers sur sa terre au Lac-Saint-Jean.

Découvrant les vertus de ce fruit, notamment pour les soins de la peau, sa fille, Josée Gauthier, s’est mise à tenter quelques expériences, afin de le transformer en produits cosmétiques.

« En apprenant que l’huile d’argousier pouvait aider à guérir les traces laissées par l’acné, je l’ai testé sur ma peau qui portait ces marques depuis plus de 20 ans », raconte Mme Gauthier. Partant de son propre besoin, la femme, native de Dolbeau, a donc été la première à tester ses produits qui se sont avérés très efficaces.

En 2010, les cosmétiques Argola, faits à base d’huile d’argousier, voyaient officiellement le jour.

La majorité des fruits que la famille Gauthier récolte sont transformés en huile pour ensuite devenir du sérum antiride, du baume à lèvres, du nettoyant pour le visage, de l’exfoliant pour le visage, de la crème, de la lotion tonique et du beurre hydratant.

Tout comme son père et son grand-père qui cultivaient la terre, Mme Gauthier espère bien léguer la flamme entrepreneuriale à ses trois enfants âgés de 14 à 18 ans. Sa cadette, Ann-Gabrielle Gilbert, démontre déjà un intérêt et s’implique au niveau de l’étiquetage, des envois postaux et des prises de commandes. « Pour moi, ce projet est mon fonds de retraite. J’aimerais léguer cette entreprise à mes enfants, mais il n’y a pas de pression. Je peux encore m’en occuper longtemps », rassure la compréhensive mère.

Au travers de son travail comme chargée de projet au Collège d’Alma, Josée Gauthier bâtit tout doucement l’entreprise Argola, tel un passe-temps. L’entrepreneuriat est si fort en elle, qu’elle réussit même à le faire briller dans l’enseignement en y amenant des projets entrepreneuriaux afin d’en initier les cégépiens.

Comme tout va très vite, Josée Gauthier s’adapte sans cesse aux réalités du marché. Pour une meilleure logistique, ses produits sont uniquement accessibles dans sa boutique en ligne. Sa clientèle, qu’elle développe principalement sur le Web, est fidèle, parce qu’elle offre un service personnalisé. « Même si on ne se voit pas physiquement, je crée une relation avec le client en lui parlant par téléphone et en lui écrivant. »

Évidemment, tout ça n’aurait jamais vu le jour sans son complice paternel. « On a du fun, mon père et moi, à travailler ensemble. Ça nous donne le temps de discuter et de créer un beau lien », remarque-t-elle. Quand Josée et Damien Gauthier s’installent dans leur atelier de production, au Lac-Saint-Jean, sur le site familial, ils font leurs produits par lot, selon la demande. « Plus on vend, plus on produit. Je ne monte jamais de gros inventaires parce que je veux que mes produits soient le plus frais possible, tout en mettant le moins d’agents de conservation possible. »

Débuts

Les parents de Josée Gauthier, qui ont gagné leur vie comme enseignants au secondaire, ont longtemps été propriétaires de la Fromagerie Bergerie du Fjord. L’entreprise, dans laquelle leur fille s’est fortement impliquée, a fermé ses portes en 2015.

« Puis, un jour, mes parents sont revenus d’un colloque sur les cultures en émergence et ils ont eu envie de cultiver l’argousier, qu’on disait la culture de l’avenir », se rappelle Mme Gauthier. Au bout du compte, l’argousier n’est pas devenu aussi populaire qu’on le laissait croire en 2010.

« C’est difficile au niveau de la commercialisation », souligne-t-elle. Même si on peut en faire de la confiture, du jus, du gin et de la bière, les agriculteurs qui se lancent dans ce genre d’aventure n’ont pas toujours les ressources pour transformer et mettre en marché leur culture. « Ce n’est pas comme le producteur laitier qui vend systématiquement son lait », réfléchit-elle. L’argousier n’a malheureusement pas réussi à s’ancrer dans les habitudes alimentaires des Québécois.

Projets

Les cosmétiques Argola ayant charmé le Québec, l’entrepreneuse veut conquérir le Canada qui démontre déjà une belle ouverture. La tête pleine d’idées, Josée Gauthier aimerait éventuellement concevoir une capsule de vitamine. Tout comme avec les cosmétiques, elle devra respecter un paquet de lois, dont les exigences sont régies par Santé Canada. « Mais pour la capsule de vitamine, ce ne sont pas les mêmes lois que pour les produits en surface du corps. Quand on l’ingère, c’est plus strict», conclut-elle.

Pour en savoir plus : www.facebook.com/argolacosmetique.