C’est la première fois qu’une personne réussissait à convaincre l’auteure de cette chronique de tirer. Elle a essayé un pistolet Ruger, calibre 22, et un Smith & Wesson 9 mm.

Un club de tir qui aime socialiser

CHRONIQUE / Le 22 janvier, une quinzaine de membres s’étaient réunis au club de tir Le Faucon de Shipshaw. La plupart n’étaient pas là pour tirer, mais plutôt pour socialiser.

Tous les mardis matin, ce moment amical est devenu une habitude pour bien des retraités. Installés autour de la table, dans le club-house, les membres jasent avec une tasse de café à la main. « On parle plus de nos petits-enfants que d’armes », raconte Russell-Aurore Bouchard, en riant.

Directrice et responsable des communications, Mme Bouchard avoue que cette organisation est davantage un club social. « Quand on vieillit, on perd des amis et des proches, mais nous restons des êtres sociables. C’est ce que je retrouve ici », poursuit-elle. Ce plaisir de faire partie d’un groupe est agrémenté par le défi d’améliorer ses aptitudes et sa précision au tir sur cible.

Le club organise plusieurs activités, dont les populaires brunchs qui ont lieu tous les premiers mardis du mois. « Le 8 janvier, nous étions 33 », lance fièrement Benoît.

Ce nouveau membre a fait son arrivée au club il y a tout juste un an. « Ma blonde m’a convaincu de m’inscrire pour qu’on fasse une activité ensemble. Je n’avais jamais eu d’arme de ma vie. Je ne suis même pas un chasseur », raconte l’homme à la retraite. Il tire maintenant 500 balles sur cible, par semaine, et sa progression est impressionnante.

C’est plus de 750 membres qui gravitent dans cette organisation, fondée en 1982.

Devant cette popularité grandissante, le conseil d’administration songe à agrandir le bâtiment principal. « On s’est toujours conformés aux lois et on a fait appliquer les règlements, mais cette fois, pour notre projet d’agrandissement, c’est avec la Ville qu’il faut se conformer », ajoute Mme Bouchard.

Les nouveaux membres sont accueillis et encadrés par les anciens. « J’ai initié plusieurs personnes au tir. Je préfère enseigner aux femmes. Elles écoutent et sont meilleures plus rapidement contrairement aux hommes, qui pensent qu’ils ont ça naturel », me confie Michel, qui fait partie des membres fondateurs.

Ouvert aux nouveaux projets, depuis le mois de septembre 2018, le club de tir Le Faucon est fier d’accueillir le club biathlon SagLac dans ses installations. Les 19 jeunes de 11 à 19 ans sont au rendez-vous tous les samedis matin. Pour leur entraîneuse, Annie Girard, cette opportunité favorise la logistique de leur club en pleine croissance.

C’est plus de 750 membres qui gravitent autour du club de tir Le Faucon, fondé en 1982. Devant cette popularité grandissante, le conseil d’administration songe à agrandir le bâtiment principal.

Site

Le site du club de tir Le Faucon se divise en trois secteurs. Les chasseurs ont leur endroit pour pratiquer avec leurs armes d’épaule (carabine). Les propriétaires d’armes à autorisation restreinte – pistolet, revolver et arme d’assaut – ont aussi leur emplacement. Depuis quelques mois, le biathlon a aussi la chance d’avoir ses installations en permanence.

Toute séance de tir se déroule sous la supervision d’un officiel de tir, qui a le mandat de faire respecter les règlements. Le club compte une quarantaine de membres, qui ont le privilège de porter le titre d’officiel.

Armes restreintes

Les Québécois possédant des armes à autorisation restreinte doivent absolument être membres d’un club de tir. Ils doivent tirer au moins une fois par année et renouveler leur permis annuellement. Lors de leur passage au club, ils doivent écrire leur nom, le numéro de série de leur arme légale, l’heure d’arrivée et l’heure de sortie.

Leur pistolet ou revolver doit être enregistré au Bureau du contrôleur des armes à feu, qui est régi par la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

« N’entre pas qui veut dans ce processus abusif qui en décourage plus d’un », souligne Mme Bouchard.

« Il faut compter un processus d’un an et demi pour obtenir les quatre permis requis et un investissement de 500 $, avant même de penser à s’acheter une arme à autorisation restreinte », ajoute Michel.

Initiation

« À ce jour, j’avais toujours associé les armes à un besoin de tuer. C’est pourquoi je n’avais encore jamais voulu tirer. Comme les passionnés arrivent à me contaminer, lors de ma rencontre au club de tir Le Faucon, j’ai plutôt vu un désir de performer, d’améliorer ses aptitudes et sa concentration de façon sécuritaire.

C’est Benoit qui m’a convaincue d’essayer de tirer. « Tu ne peux pas parler de quelque chose que tu n’as pas essayé », m’a-t-il lancé, en riant.


«  À la suite de cette expérience, je suis déterminée à aller suivre mon permis de possession et d’acquisition d’arme à feu avec mon père, le 23 février, à Alma. On verra pour la suite, mais mon but est simplement de relever un nouveau défi et d’en apprendre plus, sans pour autant devenir une chasseuse.  »
Mélissa Viau