Sylvain, le dévoué bénévole

Dans la nuit du 14 au 15 décembre, j’ai offert mon temps à Opération Nez Rouge. Après cette mémorable première expérience, en tant que bénévole, j’espère que quelques amis me suivront pour répéter ce geste d’entraide.

En attendant les premiers appels, parmi les 45 bénévoles rassemblés autour du buffet mis à notre disposition, je remarque des retraités et des amis habitués de poser des gestes d’entraide. Il y a même des employés d’usine qui saisissent une opportunité extraordinaire de s’impliquer dans la communauté grâce à leur employeur.

Tout ce beau monde est prêt à partir sur la route pour répondre à la demande. C’est vers 22 h que les équipes, composées de trois à quatre personnes, commencent à se disperser sur le terrain.

Soudain, on nous annonce, à mon chum et moi, que notre troisième partenaire s’est désisté. Comme les équipes de Nez Rouge doivent obligatoirement être composées de trois personnes, ma première expérience risque de ne pas aller plus loin que le buffet !

« Je vais appeler du renfort », souligne le répartiteur. Il appelle Sylvain, un dévoué bénévole, toujours disponible. « Il finit de travailler à 22 h et sera ici vers 23 h », mentionne le répartiteur. On nous avise aussi que Sylvain n’utilise pas son véhicule pour aller chercher les clients, car son rôle préféré est de ramener les voitures des clients.

Sylvain, notre sauveur, arrive ! Cet homme se présente à nous timidement et nous partons sur la route. Entassés tous les trois dans la cabine simple de notre camion, nous dévalons les routes enneigées et brumeuses. Sylvain, qui possède une petite voiture, nous confie son rêve de posséder un jour un beau camion tout équipé. « Avec des marchepieds », précise-t-il.

À peine arrivé chez notre premier client, Sylvain empoigne les clefs de l’homme, qui possède un beau camion rouge, s’empresse de s’installer derrière le volant et démarre. C’est moi qui l’accompagne, côté passager, pour remplir le formulaire et communiquer avec le répartiteur.

Prudent et concentré, Sylvain préfère garder les yeux sur la route plutôt que de converser avec notre sympathique client, qui prend place sur la banquette arrière de son propre véhicule. Comme j’aime bien m’amuser, et que j’ai une facilité à faire rire, c’est une ambiance de fête qui plane dans le camion. En plus, les gens pompettes sont encore plus ricaneux. Je vois parfois Sylvain sourire à nos niaiseries et intervenir avec quelques questions, mais il reste concentré. La brume nous empêche de voir la route et comme il connaît bien le secteur, notre chauffeur d’expérience se méfie des imprévus, y compris de la présence de gros gibier.

Même s’il ne me le dit pas clairement, je vois que pour Sylvain, raccompagner les fêtards chez eux est un rôle très valorisant. Il est bénévole presque tous les jours pour Opération Nez Rouge, qui se déroule du 1er au 31 décembre, du jeudi au samedi, et ce, depuis plusieurs années.

Il entre dans les partys et se fait accueillir en héros. On l’apprécie, on le remercie et on le félicite d’être si dévoué pour sa communauté. Passionné par les voitures, il prend plaisir à ramener les bolides des clients.

Antidémarreur

La soirée se termine vers 4 h du matin alors que notre équipe accepte d’aller chercher un dernier client qui a un antidémarreur dans sa voiture. Serviable, Sylvain se propose d’emblée pour jouer le rôle du « souffleur ». À la suite de quelques échecs, il devient nerveux et me passe le relais. Ce n’est vraiment pas évident souffler dans cette machine ! Ça prend toute une technique. Je me reprends à quelques reprises avant de réussir à démarrer l’auto.

Le moment le plus stressant est survenu au moment où le bidule me demande de souffler une nouvelle une fois pendant que nous sommes sur la route. « Si tu rates ton coup, on risque de tomber en panne et devoir attendre 15 minutes avant de reprendre la route », me lance le client. Sous la pression, je m’élance et ça fonctionne !

« Ça m’est déjà arrivé en plein sur une autoroute. J’étais tombé en panne. Le service d’assistance de mon antidémarreur m’avait dit que c’était dû au froid et que j’aurais besoin d’un séchoir pour réchauffer la machine. Tout le monde a ça un séchoir dans son auto », conclut notre dernier client en riant.