Grâce à son travail, Andréanne Potvin voyage partout dans le monde. La voici à Göteborg, en Suède, alors qu’elle donnait une conférence.
Grâce à son travail, Andréanne Potvin voyage partout dans le monde. La voici à Göteborg, en Suède, alors qu’elle donnait une conférence.

Se démarquer dans un monde d’hommes

CHRONIQUE / À sa sortie du secondaire, Andréanne Potvin ne savait pas trop en quoi poursuivre ses études, mais elle savait qu’elle avait des aptitudes et de l’intérêt pour les sciences.

En 2004, voyant qu’un nouveau programme technique en Technologie du génie métallurgique venait de voir le jour au Cégep de Chicoutimi, la curieuse adolescente native de Saguenay plongeait dans cette aventure, sans savoir ce qui l’attendait. « C’est la meilleure affaire j’ai fait dans ma vie, cette technique-là », lance-t-elle fièrement.

En juin 2006, elle faisait partie de la première cohorte composée de 22 finissants, dont trois filles, à recevoir son diplôme. Du haut de ses 22 ans, elle avait déjà relevé plusieurs défis, dont un stage de deux mois en Belgique dans une usine d’extrusion de pièces d’aluminium. Toujours dans le cadre de sa formation, elle avait aussi participé à l’installation d’un four à induction que venait d’acquérir le département de métallurgie.

Depuis juillet 2019, elle est directrice générale de la division d’affaires de Québec d’une compagnie québécoise qui développe, fabrique, commercialise et distribue des systèmes d’inspection de matériaux partout sur la planète. Bien que l’entreprise compte 500 employés, l’équipe d’Andréanne est composée de 30 personnes, dont deux filles. « C’est difficile de trouver des filles, remarque-t-elle. On gagnerait à avoir plus de femmes. » Le domaine de la métallurgie, bien qu’il soit un milieu d’hommes, est un milieu très respectueux qui considère que les femmes ont leur place.

Treize ans après avoir obtenu son diplôme, en plus d’avoir voyagé aux quatre coins du monde pour son travail, Andréanne apprécie son quotidien dans ce prestigieux bureau de Québec dont l’architecture a gagné des prix. Tous les jours, elle a accès à un environnement de travail stimulant, dont un gym et un entraîneur privé.

Passionnée par sa carrière, elle se présente comme étant une directrice dévouée qui ne compte pas ses heures, dépassant souvent 40 heures par semaine. « Il faut aimer les défis », constate la technicienne en métallurgie.

En 2005, Andréanne Potvin accordait une entrevue au Progrès afin de parler de la toute nouvelle formation en technologie du génie métallurgique, offerte par le Cégep de Chicoutimi, dont elle faisait partie.

Allier voyages et travail

Tout au long de son parcours professionnel, elle a eu l’opportunité de continuer d’apprendre et de suivre des formations. Elle s’est fait des contacts un peu partout dans le monde, lui permettant de visiter des pays, sans nécessairement suivre la route des touristes. « C’est un autre genre de voyage, plus connecté avec le milieu », souligne-t-elle.

L’Inde est le plus gros choc culturel qu’elle a eu à vivre, mais elle souligne avoir une bonne capacité d’adaptation et être une personne très peu stressée.

Parcours

Dès la fin de sa technique, la jeune finissante envoie son CV sur le site d’emplois Jobboom.

Rapidement contactée par une entreprise, elle quitte le Saguenay en 2007 pour déménager vers Québec et devient chargée d’application de produits pour une entreprise qui développe et distribue des systèmes d’inspection des matériaux.

Son mandat est de faire le lien entre le marché et les équipes de développement, pour assurer que les produits répondent bien aux besoins des clients qui se servent de ces systèmes pour, par exemple, inspecter des soudures, détecter des fissures dans les avions, vérifier la qualité de matériaux et d’infrastructures, etc.

Elle doit aussi assurer la mise en marché, identifier les problèmes, les transmettre à l’ingénierie et rédiger des documents techniques pour supporter les ventes. C’est là qu’elle a eu l’opportunité de voyager pour rencontrer les clients, donner des formations et expliquer le produit.

Domaine méconnu

« C’est un domaine méconnu. Même les gars qui choisissent d’étudier dans ce domaine ne savent pas qu’ils vont se retrouver dans un domaine aussi stimulant. On n’est pas au courant de tout ce qui se passe dans les entreprises de hautes technologies », mentionne la femme de 35 ans.

Évidemment, elle doit travailler en anglais tous les jours. « Ma sixième année en anglais intensif m’a beaucoup aidée », ajoute celle qui faisait partie de la première cohorte à l’époque où cette option a fait son entrée dans les écoles primaires. Avant d’entrer au cégep, l’étudiante avait aussi pris le temps de partir dans l’Ouest canadien, où elle a pu perfectionner son anglais.